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Ghost Shark – Critique

Ghost Shark

Un film de requin hanté (!) au concept de base insensé qui multiplie les séquences toutes plus affligeantes les unes que les autres. Cette chose impensable démontre que l’imagination est sans limites quand il s’agit d’exploiter la débilité humaine.

Publié le 23 Août 2018 par Dante_1984 · Voir la fiche de Ghost Shark

Si l’on peut regretter la médiocrité permanente qui suinte du survival animalier, il faut reconnaître que les producteurs ne se découragent pas pour donner vie aux concepts les plus idiots. En 2013, Asylum entamait la saga Sharknado. Auparavant, on avait également eu droit à Sharktopus. Outre la volonté d’infliger quelques aberrations génétiques aux squales, on remarque une certaine propension à vouloir les extirper de leur milieu naturel. Et là encore, les exemples fusent pour ne plus contenir la menace des requins aux seuls océans et mers du globe. En cela, Ghost Shark semble être une compilation nauséabonde de tout ce qui peut se faire de pire dans le genre.

On fait sauter le bouchon !

En l’occurrence, on n’a pas affaire à un requin comme les autres, mais à son spectre. Dès lors, on pourrait digresser sur des considérations métaphysiques où les animaux disposent d’une âme et profitent également d’une survivance après la mort. Derrière ce message plein d’espoir qui tient à la seule interprétation du spectateur, on a plutôt droit à un concept où le moindre synonyme péjoratif relève de l’euphémisme. S’agit-il d’un pari débile entre scénaristes et producteurs? La résultante d’une soirée trop arrosée? Ou plutôt une preuve des ravages de la drogue sur le cerveau? Les trois hypothèses sont pour le moins probables, pour ne pas dire évidentes.

Il n’est même pas question de faire l’amalgame entre film d’épouvante et survival animalier, comme la tentative pathétique de Sharknado avec le film catastrophe. Ici, on se contente de balancer une malédiction sur un squale pour qu’il investisse la moindre goutte d’eau du comté. De fait, on s’éloigne rapidement des plages et du rivage pour rester exposé au danger dans les situations les plus banales du quotidien. Au lieu de susciter un sentiment d’angoisse permanent au regard des capacités surnaturelles du requin, on nous inflige une succession de morts plus insolites et stupides les unes que les autres. Et sur ce point, Ghost Shark peut se targuer de proposer des séquences véritablement cocasses et inédites.

Ça déchire... ou pas

Imaginez une jeune donzelle happée dans un seau d’eau pendant qu’elle nettoie une voiture dans un car-wash. Tout comme l’irruption dans une piscine de taille raisonnable, cela n’est qu’un amuse-gueule, au propre, comme au figuré. Plus on progresse, plus la surenchère dans l’incongru devient absurde. La mort du gamin sur le tapis de glisse. Le plombier dévoré par sa tuyauterie. La bouche d’égout avaleuse d’enfants, les WC mal entretenus... Apogée de cette débandade dangereuse pour les cellules grises, le gobelet de café où le requin possède le corps d’un homme avant de l’écartelerdans le bureau du shérif! L’acronyme WTF est de circonstance du début à la fin.

Alors oui, cet aspect décérébré peut trouver une résonnance fun pour les amateurs de nanar. Cependant, ce type d’humour à sens unique n’est que partiellement exploité, rendant l’ensemble finalement très premier degré, n’en déplaise à quelques séquences très «cartooneques». Le seul prétexte d’un squale qui traverse tout et n’importe quoi justifie la raideur de la bestiole qui a toutes les peines du monde à claquer des mâchoires. Pour le reste, on a droit à une planche plus rigide que le cadavre de l’animal avec en prime une lueur phosphorescente tout droit sortie de Tchernobyl et un bruitage digne d’un fantôme sous un drap agitant des chaînes.

Vous avez demandé le service aquatique d'électricité ? Ne quittez pas !

Au final, Ghost Shark s’inscrit dans les OVNIS cinématographiques dont l’unique motivation est de faire douter le spectateur de sa santé mentale. De situations aberrantes en explications débiles, le film de Griff Furst fournit un exercice poussif d’une rare bêtise. Déjà responsable d’étrons tels que Killer Shark ou Les dents du bayou, le réalisateur monte d’un cran dans la nullité infamante. L’on se dit que cette chose relève davantage de l’objet conceptuel. Une sorte de condensé exhaustif de ce qu’il ne faut pas faire, et ce, quel que soit le budget ou le degré de compétences dont on bénéficie. Là où le délire peut être source de distraction et d’amusement, il n’est ici qu’un pâle reflet d’une moquerie éhontée de la production à l’égard du public. Ce sera à qui fera avaler la plus grosse connerie cinématographique de tous les temps...

Dante_1984
À propos de l’auteur : Dante_1984

J'ai découvert le site en 2008 et j'ai été immédiatement séduit par l'opportunité de participer à la vie d'un site qui a pour objectif de faire vivre le cinéma de genre. J'ai commencé par ajouter des fiches.

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