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The Dark Knight Rises

The Dark Knight Rises est une excellente suite et une très bonne fin de trilogie qui prend aux tripes. Seulement, elle n'arrive pas au niveau du précédent opus...
Publié le 21 Août 2013 par AqMEVoir la fiche de The Dark Knight Rises
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(Avec la participation de Geoffrey)

Batman est un personnage de comics aujourd'hui âgé de 73 ans. Créé par Bob Kane en 1939, ce justicier masqué sans pouvoir est rapidement devenu l'égérie de DC Comics, mais aussi l'un des super-héros les plus adulés et au même titre que Spider-Man, Superman, ou même Captain America, le justicier noir s'est vu adapté en séries et en films.
Après un passage plutôt old school et kitsch sur le petit écran, c'est Tim Burton, avec son univers loufoque et gothique qui va remettre le personnage au gout du jour. Plutôt réussis et assez fidèles aux comics, les deux films de Burton emportent l'adhésion avant que Joël Schumacher ne détruise le travail accompli, enfonçant la saga dans un abîme de bêtises aux couleurs criardes et aux scénarios débiles. Suite à cela, le chevalier disparaîtra des écrans, petits et grands.

Seulement, en 2005, Christopher Nolan met son grain de sel et décide de tout reprendre à zéro dans un film très réussi, logiquement intitulé Batman Begins, qui réconcilie les fans avec les adaptations de la chauve-souris. Le film annonce une trilogie qui sera plus sombre, plus réaliste et plus humaine que tout ce qui avait été fait jusque là.
Puis, trois ans plus arrive The Dark Knight et c'est la consécration. Le film se montre d'une grande noirceur, mais absolument magnifique, porté par des acteurs habités, Heath Ledger en tête, jouant un Joker psychotique effroyable.
Naturellement, après un tel coup d'éclat, la conclusion de la trilogie était attendue au tournant.


Mmmh, j'aime ton intro...

Le film se situe huit ans après la disparition du Batman, officiellement considéré comme le meurtrier d'Harvey Dent. Bruce Wayne est brisé, aussi bien physiquement que mentalement, mais un nouveau terroriste va le forcer à sortir de sa retraite : Bane, un monstre de muscles et de détermination...
S'éloignant volontairement du précédent opus, Nolan va proposer un nouveau méchant, mais avec d'autres ambitions, car si le Joker voulait juste être le maître de la ville et de la pègre, Bane souhaite vraiment réduire Gothm City en cendres. On pourrait donc croire que l'histoire est encore plus sombre que le Dark Knight, mais il n'en est rien. Préférant la facilité scénaristique, Nolan et son frère écrivent un scénario relativement simple à suivre, dans une logique meurtrière binaire et avec un grand méchant charismatique.
On peut aussi se poser la question de Batman dans ce film, car j'ai lu ça et là qu'il ne s'agissait pas de film de Batman, mais d'un film avec Batman, ce qui est faux. Se basant sur une psychologie plus humaine et donc plus fragile, Nolan va se focaliser sur les devoirs d'un homme brisé et sur sa rédemption, ainsi que sur les raisons de ses actes. Bane est aussi très présent, car pour affronter un super-héros charismatique, il faut un méchant charismatique et l'histoire de Bane est assez forte, tout comme le personnage en lui-même. Ainsi, si l'histoire de base n'est pas très profonde et revêt seulement de la mise en quarantaine d'une ville et de la peur que peut inspirer un terroriste à sa tête, la résurrection de Batman demeure bien menée et très intéressante.


Si vous l’avez vu, merci de vous adresser à Bane. Une récompense sera offerte....

Mais le film va peut-être se perdre dans deux choses. La grandiloquence du propos en rapport au scénario simpliste et la noirceur bien trop claire. Le premier point me semble assez intéressant. En effet, si dans le Dark Knight les paroles destructrices tout comme les phases cultes s'enchaînent, le scénario reste tellement complexe que tout cela se tient et donne une impression de claque dans la tronche. Avec ce troisième film, Nolan veut faire la même chose, avec des phrases qui claquent et des dialogues aux aspects intelligents, mais le scénario étant basique, cela fait trop « je me la pète grave » et ferait presque hors de propos.
Cela dit, le passage de Bane avec Batman dans la prison reste un grand moment.
L'autre point faible du film relève de son manque de noirceur. Si dans le précédent métrage la noirceur absolue était présente, dans ce film, on est plus sur quelque chose de gris, de malfaisant, mais pas dans une folie destructrice qui donnait au Dark Knight une aura plus que maléfique. Cela vient en partie du caractère du méchant, car le Joker, dans son aspect ainsi que dans ses actes étaient imprévisibles et presque peu intéressé par ce qu'il faisait et rendait le film très sombre. Bane serait presque un terroriste banal, à la carrure imposante mais à la psychologie simpliste, maîtrisant chacun de ses actes. Si, à la rigueur ses paroles et son attitude semblent montrer une pointe de mégalomanie, il ne peut pas être comparé au Joker et semble bien trop fade.

Par contre le gros point fort du métrage, c'est son casting. Outre les acteurs émérites jouant dans ce film, leur rôle ainsi que leur implication sont exemplaires. On retrouve Christian Bale dans le rôle du chevalier noir et celui de Bruce Wayne et il faut dire qu'il le tient à merveille, donnant un souffle humain et presque sombre au justicier. Celui qui a la lourde tâche de succéder à Heath Ledger en tant que grand méchant est le colosse Tom Hardy. Hyper convaincant dans son rôle, son imposante musculature et son masque énigmatique en font un méchant très charismatique, avec une histoire presque touchante. Le seul problème, c'est qu'il lui manque ce souffle de folie qu'avait le Joker, et finalement, malgré son masque et sa domination, il demeure presque faible à côté du Joker. Le film contient deux grosses surprises au casting, et ce ne sont pas Morgan Freeman et Michael Caine, en veux briscards, livrant une prestation sans faute, mais Anne Hathaway en Selina Kyle et Joseph Gordon-Levitt en Blake.

Pour la première, j'avais quelques doutes, car hormis des comédies sentimentales à deux balles, je ne l'avais pas vu dans des films d'action. Seulement, entre sa plastique, sa beauté et son jeu d'actrice très convaincant, elle livre une Catwoman très crédible et très réaliste, dont le nom ne sera jamais évoqué. Pour le second, déjà impeccable dans des films comme (500) jours ensemble ou encore Inception, il livre une prestation exemplaire, et demeure le vrai héros du film, celui qui croit, qui sait et qui bat sans relâche, rejetant le carcan imposé par son boulot. Je pense très sincèrement que Joseph Gordon-Levitt est vraiment un acteur talentueux qu'il va falloir suivre de très près. Bien évidemment, on ne manquera pas la prestation catastrophique de Marion Cotillard, pas du tout crédible en Miranda Tate, femme d'affaires souhaitant faire de l'énergie propre. Elle joue vraiment mal et ne s'investit que très peu. Enfin, Gary Oldman est lui aussi impeccable en commissaire Gordon, héros en quête de rédemption, croyant toujours au Batman.


Miaou!

En tant que blockbuster hollywoodien, le film tient bien la route et demeure même impressionnant par certains moments. La scène du stade est certainement l'une des plus réussies, instaurant une peur primaire et montrant la manipulation extrême de Bane. Seulement, le film manque véritablement de scènes chocs, de scènes qui marquent longtemps. Dans The Dark Knight, on avait des scènes magistrales, comme le stylo qui disparaît, l'explosion de l'hôpital, la course-poursuite avec le camion et le joker qui en sort avec un bazooka. Bref, il y avait de quoi se mettre sous la dent. Avec The Dark Knight Rises, on a des scènes spectaculaires, mais on n'a pas vraiment de scènes faisant vibrer le spectateur et la sensation de se retrouver devant un quelconque blockbuster américain est bien présente.
Cela étant dit, les combats sont spectaculaires, réalistes et il y a trois passages qui sont forts émotionnellement et visuellement. Le premier vient du tribunal, une fois les prisonniers libérés, avec un juge qui rappellera des souvenirs à beaucoup de monde. La deuxième scène est la rébellion des services de police face aux criminels, moment puissant, montrant la révolte dans la révolte. Enfin, la fin est vraiment excellente bien que vite expédié, donnant un nouvel élan à certains personnages et surement la volonté de faire des spin-off ou des suites. Les effets spéciaux sont très bons, et restent dignes de tous les blockbusters actuels.

Au final, The Dark Knight Rises est une excellente suite et une très bonne fin de trilogie qui prend aux tripes. Seulement, elle n'arrive pas au niveau du précédent opus et se révèle moins noire que ce qui était promis. Si le personnage de Batman a un traitement plus humain et basé plus sur la notion de peur et de rédemption, celui de Bane vise la destruction massive et l'absence de pitié. Si le film est bon, il en résulte tout de même une légère déception, ressemblant peut être un peu trop à divers blockbusters déjà connus, préférant un scénario simple et des images fortes. Espérant un côté encore plus sombre, le film se rattrape sur un casting très fort et un Joseph Gordon-Levitt magistral, véritable héros du métrage.
Un film qui conclut de façon habile la saga, donnant une fin sublime, mais qui succombe un peu trop aux facilités. Je conseille tout de même car on reste dans le haut du panier en matière de blockbusters.

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