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Mountain Fever

Derrière ses atours faussement horrifiques, Mountain Fever ennuie plus qu’il interpelle. La faute à un récit sans intérêt, une progression laborieuse et de trop nombreuses maladresses (caractérisation, narration, mise en scène…) pour développer le propos « viral » guère assimilé de façon cohérente au sein de l’intrigue. Un rythme contemplatif qui traduit un manque flagrant d’enjeux.
Publié le 19 Janvier 2019 par Dante_1984Voir la fiche de Mountain Fever
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Virus

Au même titre que les invasions aliens sont prisées des productions de science-fiction, la crainte d’une pandémie mondiale fait les choux gras des films catastrophe. Qu’il s’agisse d’une maladie fulgurante ou d’un virus transformant la population en «zombie», le sujet permet d’extrapoler le devenir de la société et, plus intimement, le comportement de tout un chacun. Pour ce dernier aspect, il n’est donc pas nécessaire de se lancer dans un traitement grandiloquent. Le nombre restreint d’intervenants associé à un lieu unique offre un angle d’approche adapté à des projets au budget modeste, a fortiori lorsqu’il s’agit de productions françaises. En l’occurrence, franco-britannique.

Quand un citadin rencontre une hache, c'est le drame assuré

De prime abord, Mountain Fever pourrait se comparer à Cabin Fever. Et cela ne tient pas seulement à son titre. La thématique et le traitement sont similaires. On délaisse néanmoins le cadre forestier pour la montagne. Pour rappel, le tournage a été réalisé en Haute-Savoie, plus précisément dans la petite commune de Monnetier-Mornex. De même, le contexte pré-apocalyptique diverge sensiblement du film d’Eli Roth. Le ton délétère se rapproche davantage de The Divide, même s’il s’agissait pour celui-ci d’un conflit nucléaire. Bref, les intentions et les diverses influences que l’on peut distinguer çà et là sont assez prometteuses pour la suite.

Néanmoins, il ne suffit pas d’officier dans un registre particulier pour proposer un métrage abouti. Encore faut-il raconter une histoire et non se focaliser sur le constat d’une situation désespérée! En effet, la narration est globalement catastrophique, multipliant les incohérences. Celles-ci se retrouvent dans le récit, pourtant très linéaire et simpliste, et se traduisent dans le comportement des protagonistes. Leurs réactions versatiles et leurs actes sont contradictoires à l’extrême. On s’amuse constamment au jeu de «Je t’aime, moi non plus» avec les comparses qui tiennent la chandelle. Entre les scènes de ménage des uns et les objectifs mercantiles des autres, on se rend rapidement compte des limites du scénario.

Sacré oeil-de-boeuf !

L’intrigue évoque la futilité de l’argent dans un tel cas de figure avant de centrer la suite des événements sur un magot volé par la seule intervenante féminine. On peut également s’attarder sur la «performance» du protagoniste pour rallier la France depuis le Royaume-Uni en sachant que le continent européen est en proie à une pandémie sans précédent. Cela sans oublier les premiers instants où il semble surpris de l’irruption de la maladie pour, après coup, nous démontrer le contraire. Les conflits sociaux du quatuor s’enchaînent et ne possèdent aucun autre intérêt que de déconstruire ce qui a pu être présenté auparavant.

Et il ne faut pas compter sur les dialogues pour rattraper l’ensemble. Les échanges circonspects sont minés par des œillades de bovidés où les silences sont plus agaçants que pesants. Les questions restent sans réponse avec un esprit dédaigneux d’une rare sagacité. Au lieu de profiter des nombreuses baisses de régime de la narration pour développer le background des personnages, on demeure avec des caractères aussi froids que le climat savoyard. Les réparties sont binaires et proférées sans la moindre émotion. Autant de points déplorables qui ne sont guère la conséquence d’un modeste budget, mais d’une absence totale d’enjeux et de tensions.

Une idée scénaristiques trop tardive ?

Au final, Mountain Fever s’avance comme un métrage long et pénible. Si le cadre de la montagne n’est que trop rarement mis en avant, ne serait-ce que pour susciter l’isolement, on regrette surtout un récit qui n’a rien à raconter. Cela vaut autant pour sa progression atermoyante que pour l’avarice de ses échanges. Perclus d’incohérences et d’invraisemblances en tout genre, le film ne peut même pas prétendre à une atmosphère oppressante ou paranoïaque au regard de la propagation du virus. On en ignore presque tout si ce n’est son extrême contagion. Et pourtant, les protagonistes se protègent avec un masque à gaz ou antiviral de manière inconstante et versatile. Un peu comme leurs réactions qui achèvent nos envies de trouver la moindre considération à l’égard d’une production poussive et suffisante à certains égards.

A propos de l'auteur : Dante_1984
Portrait de Dante_1984

J'ai découvert le site en 2008 et j'ai été immédiatement séduit par l'opportunité de participer à la vie d'un site qui a pour objectif de faire vivre le cinéma de genre. J'ai commencé par ajouter des fiches. Puis, j'ai souhaité faire partager mes dernières découvertes en laissant des avis sur les films que je voyais.

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