Voir la fiche complète du film : Sutures (Tammi Sutton - 2009)

Sutures – Critique

Sutures
Un torture porn sympathique, qui contentera les amateurs du genre pas trop regardant...
Publié le 19 Octobre 2012 par Geoffrey · Voir la fiche de Sutures

Pour la petite histoire, sachez que je travaille au Ministère de la Santé Publique belge et qu'une partie de mon boulot consiste à donner un coup de main aux personnes s'occupant de la campagne Beldonor, à savoir la campagne nationale en faveur du don d'organes.
Quel rapport avec Sutures me direz-vous ? J'y viens, bougres d'impatients.
Apprenez donc que le sous-titre qui s'affiche fièrement sur la jaquette n'est autre que "don d'organes obligatoire". Forcément, une accroche pareille ne pouvait pas manquer de titiller ma curiosité.


Je n'invente rien.

Sutures nous narre donc l'histoire de Sienna, la seule rescapée d'un weekend entre amis (pas de spoiler, le film débute ainsi). Son groupe d'amis a eu la malchance de croiser le chemin d'Alexander Tatum, un chirurgien militaire, un chasseur, traquant ses victimes avec le plus grand soin. Il n'était toutefois que le début des ennuis puisqu'il n'était que l'exécutant d'un homme d'affaire sociopathe et de son équipe de médecins sans scrupules...
Mouais, pourquoi pas. Pour justifier le torture porn on nous avait déjà fait le coup du trafic d'organes dans Train, mais au moins ici l'explication donnée tient la route. Certes, c'est un détail, mais la frontière entre "bon film" et "moyen film" se joue sur de petites choses comme nous allons le voir par la suite.

Réalisé en 2009, Sutures nous arrive pratiquement 2 ans après son exploitation en DVD sur le sol américain. Aux commandes du bestiau, Tammi Sutton, responsable de Killjoy 2 pour la Full Moon. Pas de quoi grimper au rideau, vous en conviendrez.


En parlant de grimper au rideau, j'en connais un qui va prendre cher...

Après une mystérieuse séquence d'introduction, l'histoire commence réellement sur un lit d'hôpital où Sienna se remémore, pour les besoins d'une enquête de police, les préparatifs du voyage, puis les circonstances qui l'ont conduite à se retrouver l'unique survivante du massacre. Et là, première surprise, le film débute comme un slasher basique : une bande de jeunes, une maison isolée, un peu de sexe, un tueur monolithique, un mort.
Le gore promit par la jaquette n'était-il donc qu'un attrape-nigaud ? Que nenni, mes bons amis, car après une bonne demi-heure, Sutures a le bon gout de virer brutalement vers le torture porn et expédie sa bande d'insupportables crétins entre les murs moisis d'un hôpital désaffecté.
Au programme : arrachage à vif d'implants mammaires, mutilations en tous genres et autres inoculations de virus expérimentaux.


Attention, chérie, ça va couper !

Notons au passage la qualité des effets sanglants, sans doute réalisés de manière old school, c'est à dire en bannissant les affreuses gerbes de sang en CGI tellement à la mode (ceux qui ont vu Survival of the Dead comprendrons la raison de mon courroux à l'encontre de cette technologie).

Derrière la caméra, Mme Sutton assure correctement le boulot et n'omet pas d'en mettre plein la vue au spectateur en manque de viande fraiche dès que l'occasion se présente. Par contre, les scénaristes soufflent le chaud et le froid.
En vérité, l'histoire se tient plus ou moins jusqu'à un twist final foireux qui, en plus de lorgner sur un grand classique des films de gangsters (je n'en dirai pas plus), se permet d'être incompréhensible et de brouiller le spectateur en tentant de rajouter inutilement un lien entre le flic incarné par Jason London et le(s) tueur(s). Ou alors je n'ai rien compris. Mais dans tous les cas, cette fin m'a laissé un gout amer. Dommage.

Je ne peux également passer sous silence un détail qui m'a amusé tout au long du film, à savoir le physique du grand méchant (incarné par un certain Carlos Lauchu) qui n'est autre qu'un look-alike de Schwarzenegger époque Conan.


Sors de ce corps, Arnold !

Bref, petite production inégale mais sympathique et boostée par quelques séquences gores de bon aloi, Sutures devrait contenter les amateurs de DTV horrifiques pas trop exigeant.

Geoffrey
À propos de l’auteur : Geoffrey

Comme d'autres (notamment Max et Dante_1984), je venais régulièrement sur Horreur.net en tant que lecteur, et après avoir envoyé quelques critiques à Laurent, le webmaster, j'ai pu intégrer le staff début 2006. Depuis, mes fonctions ont peu à peu pris de l'ampleur.

Autres critiques

Hôtel Transylvanie

Hôtel Transylvanie

Pour les 118 ans de sa fille, le comte Dracula réunit ses amis à son château pour une grande fête. Tout semble se dérouler comme prévu jusqu'à l'irruption d'un globe-trotter un peu perdu. La venue de cet importun risque de compliquer la situation... Après des productions assez plaisantes (Les rois de la glisse, Tempête de boulettes géantes...), mais loin de faire l'unanimité, les...
Dead Space Downfall

Dead Space Downfall

En matière de science-fiction horrifique, Alien et Event Horizon demeurent des références cinématographiques incontournables. Dans le domaine vidéoludique, la saga Dead Space a repensé (et repoussé) les limites du survival-horror aux frontières intersidérales. Un virage déjà amorcé à l’époque par Doom 3 qui privilégiait l’exploration et une atmosphère oppressante à la place d’...
Sinister

Sinister

Auteur d'un best-seller il y a dix ans de cela, Ellison Oswalt est depuis en quête d'un nouveau succès marquant. Endetté, il emménage avec sa femme et ses deux enfants dans une maison dans laquelle d'odieux meurtres ont été commis. A mesure qu'il commence ses investigations pour son nouveau roman à sensation, Ellison découvre dans le grenier de la demeure un vieux Super 8 et des...
Le rituel

Le rituel

Qu’il s’agisse de littérature ou de cinéma, se faire un nom dans le domaine horrifique n’est guère chose aisée. Des écrivains intemporels tels que Graham Masterton, Clive Barker, James Herbert ou Stephen King occupent une place essentielle dans la démocratisation et la réussite du genre. Parmi les «nouveaux» auteurs à l’excellente réputation, on peut évoquer...
Children of the Corn: Genesis

Children of the Corn: Genesis

Je sais ce que vous pensez, ou avez pensé, en voyant débarquer cette énième aventure des sales gosses adorateurs du maïs : Encore ?! Mais quand vont-ils s'arrêter ?! Comme je vous comprends, car cette interminable saga à la qualité discutable n'en finit plus de (re)venir hanter nos écrans. Huit films et un remake, c'est l'incroyable descendance engendrée par la nouvelle de Stephen king . Qui l'...