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Falling Skies – Critique

Falling Skies

Une série télévisée assez prévisible dans son déroulement et essaye de combler ses lacunes par une réalisation et des effets spéciaux de premier ordre. Un résultat mitigé étant donné un rythme brinquebalant et quelques errances scénaristiques. Divertissant, mais pas exceptionnel.

Publié le 22 Février 2015 par Dante_1984 · Voir la fiche de Falling Skies

La Terre a été envahie par les extraterrestres et l'humanité a été éradiquée à 90 %. Six mois plus tard, un groupe de résistants arpentent les États-Unis en résistant tant bien que mal.

Ce n'est un secret pour personne, Steven Spielberg et les extraterrestres, c'est une grande histoire d'amour qui a commencé voilà plus de 35 ans avec Rencontre du troisième type. On a eu droit à du mémorable, du bon et du très décevant (Qui a dit le dernier Indiana Jones ?). Aussi, quand il officie en tant que producteur sur Falling skies, cela n'a rien de bien surprenant lorsque les bonhommes verts (ou gris, c'est selon) débarquent sur notre petite planète pour botter nos fesses d'espèce dominante et nous remettre à notre place. De là, à penser que cette invasion est une bénédiction pour la Terre, il n'y a qu'un pas...


Les aliens débarquent et foutent le boxon.

Mais revenons à Falling skies. Les premières images nous montrent les dessins d'enfants et leurs témoignages en voix off. Les aliens nous ont rendu une visite de courtoisie, enfin presque. Ils ont décidé que nous étions de trop et éradiquent notre espèce. Jusque-là, rien de bien neuf à se mettre sous la dent. Il est vrai que le scénario en lui-même ne paye pas de mine. Une invasion extraterrestre, un anéantissement global et une poignée de survivants déterminés à ne pas se laisser faire. On l'a déjà vu dans d'autres séries télévisées ou films. Donc, ce n'est pas de ce côté que Falling skies se démarquera.

Ce qui frappe de prime abord, c'est la qualité de la réalisation et du visuel. Les batailles sont intenses, nerveuses et fluides. L'on ressent vraiment la tension et les enjeux lorsque les rampants surgissent ou le bruit mécanique des méchas à l'affût. Qui plus est, les environnements (ruelles désertes, villes désolées ou le lycée utilisé comme dernier rempart contre les aliens...) sont toujours bien exploités tant par les protagonistes que par la caméra. Des angles adéquats, une manière d'aborder la scène sous un point de vue différent. Étant donné qu'une majeure partie de l'intrigue se déroule dans le lycée, cela permet de ne pas lasser le spectateur et de découvrir les lieux progressivement et sous un jour nouveau.


L'araignée Gypsie monte à la gouttière...

À cela, il faut compter sur des effets spéciaux de première qualité. On a rarement vu un rendement aussi soigné et impeccable sur le petit écran. Les images de synthèse se fondent parfaitement dans le décor et, lorsque c'est nécessaire, les animatroniques prennent le relais le plus naturellement possible. Le design des aliens apporte une touche d'originalité (les rampants par exemple) tout en leur donnant un aspect vaguement familier. Un mélange des influences que ne renieraient pas les grands noms de la science-fiction. De ce côté, Falling skies assure le spectacle. L'immersion est au rendez-vous.

Malheureusement, il réside un problème de taille au sein de l'histoire : son rythme. En effet, les batailles et l'exode (qui aurait pu s'apparenter à du survivalisme à une échelle démesurée) sont entrecoupés de trop nombreuses longueurs qui enlisent la progression du récit dans des intrigues ou des interactions secondaires pas vraiment nécessaires. Le lycée, autrement dit le refuge, est un havre reposant bien que provisoire. De fait, l'action retombe et la vie communautaire semble oublier ce qui se passe à l'extérieur. Il ne s'agit pas d'une société autarcique puisqu'il faut effectuer des rondes régulières et rapporter des vivres, mais l'on s'en approche grandement.


C'est la tournée du roi des cafards !

Bien sûr, cela permet de tisser des liens entre les personnages, développer leur caractère, mais finalement, l'on se dit qu'il aurait mieux valu contraindre la deuxième division et les civils à s'exiler sans discontinuer, multiplier les abris de fortune et rendre leur périple un peu moins confortable pour voir s'exacerber les enjeux, les tensions. Au lieu de cela, c'est une résistance bien organisée, toujours prompte à se sacrifier pour le bien-être collectif. À ce titre, l'on remarque çà et là quelques relents patriotiques (les drapeaux américains, les vertus de l'armée et de la discipline...) et religieux (les prières, « Dieu nous aime »...) qui ne convainquent guère et ressemblent à des clichés bas de gamme. Certes, ce n'est pas aussi prégnant que dans certaines productions (World invasion : Battle Los Angeles) et il faut rester attentif pour déceler ce genre de détails, mais ils sont bien présents.

Pour ce qui est des personnages, le constat est similaire à l'histoire. Rien de très surprenant. Noah Wyle incarne un Tom Mason un peu trop surfait en tant que pilier de la deuxième division. En somme, un héros sans peur et sans reproche qui prend toujours les bonnes décisions et sait comment rallier à sa cause les foules. Ses fils sont assez conventionnels et grossièrement dépeints (le beau gosse accroc au foot, l'intello et le gamin qui veut grandir). Bizarrement, les personnages les plus intéressants sont les plus effacés. Le capitaine Weaver (Will Patton) est plus complexe qu'il n'y paraît, tout comme Pope (Colin Cunningham), une brute sans conscience qui multiplie les actes d'altruisme tout en jouant les rebelles hostiles à l'ordre.


Ils tiennent notre destin dans leurs mains.

Bref, Falling skies est une série distrayante, mais qui pâtit d'erreurs maladroites. La mise en scène est exemplaire, les effets spéciaux le sont tout autant, l'interprétation est convaincante même si la caractérisation demeure sommaire. Néanmoins, les fréquentes baisses de rythme, l'histoire assez prévisible dans son ensemble s'avèrent des défauts pour le moins handicapants. On dénotera même deux ou trois incohérences. Par exemple le temps de l'opération pour enlever le harnais (de plusieurs heures, il suffit ensuite de quelques minutes) ou l'amnésie de Rick post-opération alors que Ben n'en a aucune. Des réponses plus en aval ? L'on verra bien. A défaut d'être pleinement convaincante, une série assez conventionnel qui se laisse suivre sans un véritable engouement.


Les négociations avec "tête de hareng" risque de tourner court.

Saison 2 : Une deuxième saison similaire à la précédente. On y retrouve notre groupe de résistants qui poursuivent leur chemin et malgré leur exil forcé, cette fâcheuse tendance à ralentir l'action au profit de quelques séquences superflues est plus que jamais présente. On ne parlera pas de longueurs au sein des épisodes, mais d'épisodes à la limite de l'inutile. Les 800 kilomètres les séparant de leur destination sont parcourus en 40 minutes, et ce, sans que le convoi soit inquiété plus que cela. D'ailleurs, le récit tend vers la complaisance et peine à surprendre. Au programme : trahison, doute et héroïsme suicidaire pour le bien-être de la communauté. Malgré une mise en scène toujours aussi léchée, Falling skies sombre dans une naïveté confondante et se conclut sur une « révélation » plutôt facile pour poursuivre l'aventure. En espérant que la troisième saison rattrape les errances de celle-ci... (6/10)


Prêt pour écrire une nouvelle page de l'histoire ?

Saison 3 : Après une deuxième saison en demi-teinte qui trahissait un certain essoufflement, Falling skies récidive pour la troisième année consécutive. Dans un premier temps, on a du mal à resituer l'action, ainsi que les ficelles de l'intrigue. Un constat tellement présent que l'on pense avoir manqué un épisode ou deux entre les deux saisons. Toutefois, l'on notera que des efforts ont été faits pour améliorer le rythme. Les épisodes sont plus tendus qu'auparavant et dispose de séquences d'action assez soutenues et variées, bien que trop brèves à certains moments. Les effets spéciaux restent très potables, mais se révèlent à l'image des protagonistes : ils n'évoluent pas. Il s'agira là du principal reproche que l'on pourra faire : des personnages bien campés, mais trop statiques et prévisibles. En somme, une saison moins décevante que la précédente dotée d'un capital sympathie indéniable, mais qui ne surprend guère et se conclut sans un réel suspense. (6.5/10)

Saison 4 : Malgré un léger regain d’intérêt l’année précédente, Falling skies peine à renouveler son concept initial. Scénario inconstant et répétitif, évolution des protagonistes minimalistes et rythme brinquebalant deviennent le lot d’une série qui n’a que trop duré. En dépit d’effets spéciaux toujours aussi sympathiques, cette quatrième saison ne sait plus par quel bout prendre l’invasion extraterrestre. Entre des impressions de déjà-vu, des choix narratifs incompréhensibles et des rebondissements plus ridicules les uns que les autres, cette production signée Spielberg perd toute crédibilité face à une tentative de cohabitation, des manipulations et, summums de l’absurdité, un voyage vers la Lune dont on ne verra absolument rien (sans doute trop coûteux) ! Autrement dit, même quand on essaye d’ouvrir de nouveaux horizons pour l’avenir d’une série, on met en évidence ses limites et le manque d’imagination dont elle pâtit. Une saison 4 plus que dispensable. (4/10)

 

Saison 5 : 6/10

Dante_1984
À propos de l’auteur : Dante_1984

J'ai découvert le site en 2008 et j'ai été immédiatement séduit par l'opportunité de participer à la vie d'un site qui a pour objectif de faire vivre le cinéma de genre. J'ai commencé par ajouter des fiches.

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