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District 9 – Critique

District 9

Un excellent film de science-fiction, intelligent et doté d'effets spéciaux hallucinants...

Publié le 18 Novembre 2009 par Geoffrey · Voir la fiche de District 9

Inconnu il y a encore peu de temps, Neill Blomkamp risque bien d’être considéré dès à présent comme le nouveau cinéaste de génie à suivre de près. Il faut dire que son premier long, District 9, adapté de son propre court-métrage Alive in Joburg a fait un carton planétaire et a réussi l’exploit d’emballer aussi bien les critiques que le public. Près de 200.000.000$ ont ainsi été récolté à travers la planète. C’est donc précédé d’une réputation extrêmement flatteuse que le film du protégé de Peter Jackson a débarqué dans nos contrées. Voyons maintenant si elle est méritée.


Paix et fraternité sur la Terre...Mon oeil oui!

Il y a vingt-huit ans, des extraterrestres entrèrent en contact avec la Terre… Ces visiteurs d’au-delà des étoiles étaient des réfugiés et furent installés dans le District 9, en Afrique du Sud, pendant que les nations du monde se querellaient pour savoir quoi en faire…


Michael Bay a essayé... Neil Blomkamp l'a fait

Inutile de faire durer un suspense éventé depuis longtemps : District 9 est une franche réussite. Une vraie claque doublée d’un des meilleurs films de SF de ces dernières années. Pour un coup d’essai, Neill Blonkamp peut se vanter d’avoir fait très fort. Peut-être restera-t-il à jamais l’homme d’un seul film, mais quel film ! Intelligent, bien réalisé et impressionnant visuellement, District 9 ne prend jamais ses spectateurs pour des imbéciles et leur en donne pleinement pour leur argent. Que demander de plus ?

Le fond de District 9 est clairement visible (ne pas s’arrêter aux différences physiques, bref ne pas être raciste) mais Neill Blomkamp le souligne discrètement via un incroyable renversement du point de vue et ne l'impose jamais avec lourdeur ; il "force" simplement le spectateur à voir plus loin sous l'aspect hideux des « crevettes » grâce au personnage central du film. En effet, ce petit fonctionnaire va se retrouver infecté par un liquide extra-terrestre et va commencer une lente et douloureuse métamorphose en alien. Paradoxalement, c'est à partir de cet instant qu'il va devenir de plus en plus humain (du moins au niveau mental). En effet, dans District 9, les hommes sont les véritables méchants et nous sont présentés dans tout ce qu’ils ont de plus mauvais (cruels, uniquement motivés par l’argent et indifférents aux malheurs des autres). Un constat triste et effrayant mais malheureusement réaliste et d’actualité.


Vous avez dit impressionnant?

Les acteurs sont tous formidables, avec une mention spéciale à Sharlto Copley qui campe le "héros" du film, Wikus van der Merwe (à vos souhaits!). Ce comédien devrait rapidement revenir en haut d'une affiche tant sa prestation dans District 9 est impressionnante. Toujours juste et dans le ton, que ce soit lorsqu'il incarne un fonctionnaire anonyme ou bien l'homme le plus traqué de la planète, Sharlto Copley nous offre une prestation de haute volée qui constitue l'un des gros points forts de District 9, au moins aussi important que les fantastiques effets spéciaux. Concernant ces derniers, il n'y a qu'un mot à dire: époustouflants! Un tel niveau de crédibilité est tout simplement extraordinaire. Jamais le spectateur n'a l'impression de regarder des CGI alors que le film en est tout de même gavé jusqu'à la moelle. Les "crevettes" sont photo-réalistes et très expressives. Et que dire du grand vaisseau ou de l'hallucinant combat final entre l'armée et le robot contrôlé par Wikus? Du grand art tout simplement, chapeau aux magiciens de WETA Digital!


Pauvre Wikus...

Bien sûr Disctrict 9 n'est pas exempt de défauts, imputables pour la plupart au genre même auquel le film appartient (faux documentaire avec caméra à l'épaule). Ca s'agite parfois beaucoup et certains plans sont un peu bordéliques mais dans l'ensemble cela reste extrêmement lisible et bien monté, même durant le combat final avec le robot (Michael Bay ferait bien de venir prendre des leçons pour Transformers 3!). Neill Blomkamp a fait de l'excellent boulot pour un premier long. Ce bonhomme est assurément à suivre.

Bref, District 9 est une perle de la SF, loin d'un simple film de guerre manichéen à la Independance Day, et mérite largement l'excellente réputation dont il est précédé. Sans être d'une originalité folle, le métrage de Blomkamp réussit l'exploit de dépoussiérer le genre et de faire souffler un vent de fraicheur sur la SF, en plus de faire réfléchir le spectateur sur la situation du monde tout en parvenant à le divertir. A consommer sans modération en attendant l'inévitable suite.
 

Geoffrey
À propos de l’auteur : Geoffrey

Comme d'autres (notamment Max et Dante_1984), je venais régulièrement sur Horreur.net en tant que lecteur, et après avoir envoyé quelques critiques à Laurent, le webmaster, j'ai pu intégrer le staff début 2006. Depuis, mes fonctions ont peu à peu pris de l'ampleur.

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