Voir la fiche complète du film : Kick-Ass 2 (Jeff Wadlow - 2013)

Kick-Ass 2 – Critique

Kick-Ass 2
Un pur divertissement décomplexé et bordélique avec de très bonnes scènes d'action, mais qui souffre de la comparaison avec son excellent aîné.
Publié le 26 Août 2013 par AqME · Voir la fiche de Kick-Ass 2
Dans le genre décomplexé et fun, Kick-Ass s'est imposé comme une référence dans le genre. Tiré du comic book de Mark Millar et de John Romita Jr, le film était assez proche, alternant des phases très drôles à des passages très durs et parfois des scènes assez gores. Le film fut un franc succès et donna envie à beaucoup de monde de botter des culs. Mais l'intelligence scénaristique était de faire un film de super-héros, sans super-héros ni super-méchant. On suit juste les délires d'un jeune qui rêve de devenir un héros en tant que vigilante et qui va créer le buzz. Bien entendu, quand un film est original et que le succès est au rendez-vous, les suites pointent rapidement le bout de leur nez. C'est donc 3 ans plus tard que sort Kick-Ass 2, la suite directe du premier film. Alors que vaut-il ? Est-il aussi délirant et déjanté que le premier ? L'effet de surprise est-il toujours au rendez-vous ? Prêt à frapper sévère ?


Le Colonel Stars and Stripes n'a pas les dents en forme, mais il a du mordant !

Le scénario suit donc directement le premier film. On y voit la jeune Mindy alias Hit Girl qui entraine Dave alias Kick-Ass à recevoir des balles dans un gilet pare-balles. Malheureusement pour la jeune fille, Marcus, le meilleur ami de son père qui la garde veut qu'elle arrête de mettre sa vie en danger et qu'elle s'intègre à sa nouvelle école. De son côté, Dave rejoint la Justice Forever en tant que Kick-Ass. Il s'agit d'un regroupement de justiciers masqués qui veulent combattre le crime sous la houlette de l'étrange Capitaine Stars and Stripes. En parallèle, Chris D'Amico, le fils du premier méchant se retrouve avec toute une fortune à sa portée et se construit un nouveau personnage, le Motherfucker et va regrouper des criminels pour faire une armée du mal contrant Kick-Ass et sa ligue. D'un point de vue liaison avec le premier, c'est plutôt bien fichu. Les personnages évoluent selon une logique correcte, notamment du point de vue du méchant.

Mais le plus gros défaut viendra certainement de Hit Girl, qui est vraiment secondaire dans cet opus, se concentrant davantage sur sa vie de jeune adolescente. Et c'est assez bizarre de voir une fille au caractère si affirmé dans le premier, se laisser avoir et abattre comme ça dans cet opus. Ce qui demeure le plus agaçant, c'est cette volonté de faire toujours quelque chose de complètement décomplexé dans les scènes d'action et dans la relation entre certains personnages alors que des éléments vraiment dramatiques se sont déroulés juste avant. Au bout d'un moment, la crédibilité en prend un coup et certains moments sont parfois trop absurdes. Vous allez me dire, mais une gamine de 11 ans qui saute de partout et qui frite des gangsters armés jusqu'aux dents n'est pas crédible, certes, mais elle est entraînée par son père depuis qu'elle a 5 ans. Quand par exemple, une attaque survient sur une autoroute et qu'il y a des coups de feu et des morts qui tombent de la fourgonnette, les voitures qui sont derrière sont censées s'arrêter non ? Et il y a quelques scènes comme ça, qui sont vraiment burnées, et sympathiques au demeurant, mais qui contiennent toujours un petit quelque chose qui gâche la partie.


L'autre point qui m'a gonflé légèrement, c'est que le film enfonce des portes ouvertes. On critique facilement ce qui est le plus facile, comme l'apparence ou la mode du moment et on espère faire rire les jeunes entre 16 et 24 ans, ce qui marche visiblement, mais derrière, on propose tout de même un culte de l'apparence avec l'habit de porte de Chloe Grace Moretz. Alors on se fout de la gueule de Justin Bieber, ce qui plaît aux pseudos bad guys qui écoutent du rap ou du métal (j'en fais partie, ne vous fâchez pas !), puis on se fout de la gueule des jeunes bimbos insupportables en les faisant vomir ou chier par terre, mais il n'y a pas plus de messages intéressants derrière. Une fois la vanne balancée, il n'y a pas de réflexion derrière et c'est bien dommage. Alors être cool et bad ass c'est bien, mais tout cela demeure un peu trop gratuit. Histoire de faire encore plus cool, dans l'air du temps, on balance une insulte toutes les deux phrases ou des textes qui font vraiment classes avec les mots bite, cul ou chatte. Cela ne me dérange pas d'habitude, bien au contraire, mais au bout d'un moment c'est légèrement pénible.

Néanmoins, le film reste bien divertissant comme en attestent les scènes d'action qui sont franchement bien fichues. Les combats sont bien chorégraphiés et la réalisation reste correcte. Il faut dire que le type à fait Never Back Down, un film de combat aussi. Certaines scènes sont relativement jouissives comme lorsque Mother Russia défonce un régiment de flics à grands coups d'explosifs et de tondeuse à gazon ou encore lorsque Hit Girl déboîte du méchant alors qu'ils sont sur une fourgonnette sur l'autoroute. Le casting tient bien la route lui aussi. Aaron Taylor-Johnson est toujours aussi convaincant en ado alors que juste avant il était un dealer dans Savages d'Oliver Stone. Chloe Grace Moretz, future bombe atomique, tient encore bien la baraque en tant que Hit Girl. Par contre, elle reste un peu moins convaincante en jeune fille de lycée, la faute à un jeu un peu trop stéréotypé. Néanmoins, elle assure en tant que pseudo ninja et elle fait encore très mal !

Christopher Mintz-Plasse est lui aussi très bon dans son rôle de looser même s'il en fait des tonnes et que cela ne rime pas à grand-chose. Jim Carrey est toujours aussi excellent, dans un rôle à part, presque touchant, mais assez sombre. On notera la prestation de John Leguizamo qui tient bien la route lui aussi. Certaines surprises viendront égayer le métrage, comme des morts prématurés, mais certains personnages sont bien trop peu traités. Par exemple, du côté des méchants, Mother Russia est le personnage le plus développé (il faut dire que son physique aide) et les autres ne sont carrément pas du tout développés comme La Tumeur, Black Death ou encore Genghis Carnage.

Enfin, un dernier petit point négatif, c'est que toutes les relations entre les divers personnages vont très vite. Par exemple, Dave s'engueule avec son père, il décide illico de se barrer de chez lui. Il dit une phrase ambiguë à Hit Girl devant sa copine, elle le quitte. Tout cela est assez incohérent, la preuve que les relations entre personnages sont vite effleurées pour s’axer sur la lutte entre les deux armées, ce qui est dommage.


Niveau muscle Ok. Niveau bronzage, à revoir !

Au final, Kick-Ass 2 reste un pur divertissement décomplexé et bordélique avec de très bonnes scènes d'action. Malheureusement, il souffre de la comparaison avec son excellent aîné et on peut dire sans hésitation que ce second opus est bien inférieur. Certaines incohérences, des passages assez faciles pour plaire à la masse et des relations balayées d'un tout petit geste font que ce film reste en dessous du premier malgré quelques bonnes séquences. D'autant plus que ce film ne possède pas les magnifiques scènes visuelles que l'on retrouve dans le premier. N'est pas Matthew Vaughn qui veut !
AqME
À propos de l’auteur : AqME

Autres critiques

Red lights

Red lights

Il existe un inconvénient majeur lorsqu’un cinéaste se démarque par un premier métrage original et rondement mené : la volonté de le voir poursuivre son bonhomme de chemin avec le même talent. On se souvient de l’excellent Buried qui, non content de prendre une idée de départ assez basique, multipliait les contraintes pour en faire un film singulier dont l’atmosphère suffocante...
Captivity

Captivity

Captivity c'est un peu l'archétype du film bassement commercial qui tente de profiter d'une mode initiée ou relancée par le succès d'un autre film, en tentant de le copier du mieux qu'il peut. Les années 90 avaient connu la vague des Néo-slashers, les années 2000 seront marquées par les films de torture à la Saw . Car combien d'ersatz n'avons-nous pas vu débouler suite...
2001 Maniacs : Field of Screams

2001 Maniacs : Field of Screams

Tous les ans, les habitants de Pleasant Valley organisent un grand festival où les invités d'honneur font office de barbecue. Mais cette fois-ci, ils sont contraints de s'exiler sur les routes pour continuer le carnage... Remake sympathique et décomplexé, 2001 maniacs nous narrait l'histoire d'un village paumé répondant au doux nom de Pleasant Valley où ses habitants s'...
Le Château de la terreur

Le Château de la terreur

Au début des années 1950, les studios Universal se dépêtrent à peine de leur période de « monstres » ; momies, vampires et consorts. Les sagas respectives ont épuisé le filon si bien qu’un ultime recyclage a lieu avec les itérations des Deux Nigauds . Les producteurs recherchent alors de nouvelles pistes en matière de frissons cinématographiques. Bien qu’il ne s’...
Père Noël Origines

Père Noël Origines

En général, on idéalise l’image du père Noël sous la forme d’un vieux bonhomme bedonnant et affable à la barbe blanche bien fournie, du moins est-ce là le cliché qu’entretient l’imaginaire collectif. Toutefois, l’on se penche rarement sur les origines du mythe pour découvrir des intrigues peu reluisantes ou qui entacheraient cette icône dénaturée au fil du temps par le matérialisme. Juha...