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The Darkest Hour – Critique

The Darkest Hour

Le potentiel de The darkest hour est indéniable. Nanti de grande qualité esthétique, d'extraterrestres au look inventif et d'un cadre plaisant à exploiter, la dernière production en date de Timur Bekmambetov rappelle qu'Hollywood n'est jamais enclin à prendre de trop gros risques. Outre les personnages, le scénario ressasse les poncifs du genre sans le moindre scrupule. Les explications sur l'invasion sont très sommaires et la succession d'événements très convenue. Une déception dans le sens où le début laissait augurer un spectacle de qualité. Si suite il y a, elle devra être plus audacieuse et se départir des clichés pour emporter l'adhésion.

Publié le 26 Avril 2012 par Dante_1984 · Voir la fiche de The Darkest Hour

Partis en voyage d'affaires en Russie, Sean et Ben sont témoins d'un phénomène extraordinaire dans le ciel moscovite. En compagnie de Natalie, Anne et Skyler, ils arpentent la capitale russe dévastée dans l'espoir de trouver un moyen pour rentrer aux États-Unis.

Les invasions extraterrestres ont le vent en poupe depuis quelque temps. Certes, le concept est loin d'être novateur, mais c'est un fait. La guerre des mondes vu par Spielberg, World invasion : Battle Los Angeles, Cowboys & envahisseurs, Monsters ou District 9 pour ne citer que ceux-là. Tous tentaient avec plus ou moins de réussites une approche singulière du thème. Le mélange des genres, la propagande à peine camouflée, le road-movie introspectif ou la critique acerbe de notre société.


Le ciel nous tombe sur la tête !

Au vu de ce foisonnement, il paraît improbable d'innover tant ce sujet semble user jusqu'à la corde. Un constat similaire aux films de zombies. Néanmoins, quelques pépites qui se comptent sur les doigts d'une main se démarquent du lot. Autant le dire tout de suite, The darkest hour n'est pas de ceux-là (contrairement à District 9 ou Monsters). Certes, on décèlera des éléments bienvenus, mais l'ensemble est assez prévisible dans son déroulement. Après une mise en place d'une dizaine de minutes assez énervantes, l'invasion nous fait entrer dans le vif du sujet par une séquence assez surprenante. Dès lors, on comprendra qu'ils ne sont pas venus en paix.

Des aurores boréales aux teintes ocres se succèdent une pluie mordorée hypnotisantes. Phénomène extraordinaire qui interpelle, mais se révèle rapidement une menace pour l'humanité. On se penchera donc sur l'aspect des extraterrestres, du moins ce qui les caractérise étant donné qu'ils sont invisibles. Un champ énergétique leur sert de bouclier et seuls les appareils électriques trahissent leur présence. Les bases sont posées pour créer un danger omnipotent. Les rues ont beau être désertes, ils peuvent être là, à quelques mètres. D'ailleurs, on a plus l'impression d'avoir à faire à des entités non intelligentes (à l'instar de robots ou de machines perfectionnées) plutôt qu'à des êtres vivants.


Ça approche, c'est méchant et ça tue les chiens.

Cette singularité se retrouve également dans la manière de tuer (ou d'absorber ?) les hommes. Un simple contact et la malheureuse victime se voit déchiquetée dans un crissement métallique. « Tu es poussière et tu redeviendras poussière ». Force est de reconnaître que l'adage se vérifie parfaitement dans le cas présent. On pourrait ajouter que les moyens pour affronter, du moins maîtriser un temps, les boucliers des champs énergétiques sortent de l'ordinaire. Notamment grâce au fameux fusil à micro-ondes, même si l'explication de base demeure floue et alambiquée. L'ampoule autour du cou est également un indicateur intéressant pour s'assurer qu'il n'y a aucun alien dans les parages.

Qui plus est, l'idée de situer l'action à Moscou et non dans une énième mégalopole américaine est des plus réjouissantes. Un choix qui sort de l'ordinaire où le voyage d'affaires se transforme en un cauchemar éveillé. Les touristes arpentent des rues désertes (recouvert de poussières humaines). Les paysages désolés sont assez saisissants, surtout les panoramas aériens où la capitale russe est mise à mal de fort belle manière. Procession de voitures abandonnées, immeubles détruits et/ou effondrés, la Place Rouge complètement vide, les intérieurs assez dépouillés (on songe à des refuges de la seconde guerre mondiale), l'endroit est assez peu usité dans le cinéma américain pour intriguer.


C'est mieux si on se tient la main.

À ce stade, The darkest hour propose des effets spéciaux réussis qui mettent en valeur des extraterrestres belliqueux et originaux. Ajoutons à cela un cadre rafraîchissant bienvenu et une entame particulièrement prenante (on oubliera seulement les dix premières minutes). Dès lors, on se dit que le film de Chris Gorak a tout pour plaire. C'était sans compter les sirènes d'Hollywood qui ont la fâcheuse tendance de plomber des envies et des idées par le conformisme. Cette couardise est dénoncée en premier lieu par les protagonistes. Si les acteurs sont convaincants, leurs personnages le sont beaucoup moins. Fils à papa ou jeune femme dévergondée loin de chez eux, des intervenants secondaires bruts de décoffrage (le savant à moitié fou, l'escouade de mercenaire serviable, mais pas très futé...) Les stéréotypes sont de circonstances pour un scénario qui montre rapidement ses limites.

En effet, l'histoire n'est rien de moins qu'une pâle copie de ce que l'on a déjà pu voir dans d'autres films post-apocalyptiques. On propulse les protagonistes dans un trip à mi-chemin entre troisième guerre mondiale et invasion d'aliens. On récupère de bonnes idées, mais des poncifs grossiers. La fâcheuse manie de se séparer, de trouver au moment opportun un nouvel élément pour progresser sont le lot quotidien de notre petite bande. Difficile de concilier un concept de départ avenant avec une formule prémâchée et prévisible de but en blanc. Ce constat est d'autant plus flagrant dans le dénouement. Héroïsme désintéressé et chance insolente se conjuguent pour sombrer dans un final qu'on aurait aimé plus abouti et moins bravache.


Le disjoncteur ! Où est le disjoncteur ?!

Outre son esthétique aguicheuse, la présence d'aliens invisible aurait pu permettre d'instaurer une atmosphère angoissante de tous les instants. Au lieu de cela, on nous propose de suivre le périple de jeunes Américains dans un Moscou dévasté. Le cadre ne manque pas d'intérêt, mais se trouver avec des caricatures de personnages se dirigeant d'un point A vers un point B rendent l'histoire assez répétitive et prévisible. Qui plus est, les lignes de dialogue (sans atteindre le degré de nullité des Transformers) se complaisent dans une constante médiocrité. « Que fais-tu ? » « Ce n'est pas possible ! » « Oh mon Dieu ! » « On ne doit pas se séparer ! » Sur cette dernière citation, ils s'empressent de faire le contraire en de multiples circonstances. Bref, The darkest hour est un blockbuster limité dont les (grotesques) défauts entachent une belle entame et des idées aux possibilités certaines, mais sous-développées.

Dante_1984
À propos de l’auteur : Dante_1984

J'ai découvert le site en 2008 et j'ai été immédiatement séduit par l'opportunité de participer à la vie d'un site qui a pour objectif de faire vivre le cinéma de genre. J'ai commencé par ajouter des fiches.

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