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Ouvert 24/7

Un camionneur fait une halte bien méritée dans un petit café perdu en pleine campagne. Se perdant dans d'innombrables hommages (ou copies), Ouvert 24/7 n'est qu'un film amateur plat et sans personnalité.
Publié le 15 Mars 2011 par GORE MANIACVoir la fiche de Ouvert 24/7
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Un camionneur fait une halte bien méritée dans un petit café perdu en pleine campagne. Pour s'attirer les faveurs de la serveuse, il se met en tête de lui raconter une histoire épouvantable.

Le cinéma français regorge, paraît-il, de nouveaux talents en matière d'horreur. Le Chat qui Fume en possède d'ailleurs tout un catalogue. Après l'hommage au giallo avec Blackaria, c'est au tour du film à sketches qu'on s'oriente avec Ouvert 24/7.

Disposant d'une petite réputation suite à sa diffusion dans quelques festivals de genre, ce film tente de remettre au goût du jour un sous-genre quelque peu oublié depuis quelques années, même si Cradle of Fear avait relancé la machine, avec un succès relatif, au début des années 2000.
Périlleux exercice, le film à sketches doit toujours entretenir un lien et un certain équilibre entre les différentes histoires, afin de donner une véritable notion d'unité à l'ensemble.

La première histoire raconte l'enquête très personnelle menée par un policier. Castré par une tueuse en série cannibale, il tente par tous les moyens de la retrouver. Pendant ce temps, la tueuse et sa petite amie accumulent les meurtres. Souffrant d'une interprétation poussive (le duo de flics est vulgaire et insipide), cette histoire bénéficie néanmoins de quelques séquences gores réussies.
Le responsable des effets spéciaux, David Scherer, est l'atout majeur de ce métrage (le seul, pourrait on presque penser). Ayant déjà oeuvré pour la firme américaine Troma (Poultrygeist), il signe des FX de très bonne qualité, saisissants de réalisme là où un Blackaria se galvaudait éperdument.
Entre deux scènes lesbiennes plutôt softs (dommage, car les deux actrices sont assez mignonnes), l'histoire se termine en eau de boudin.

Une première impression d'inachevé qui ne cessera de s'amplifier au fil du métrage. Finalement, ce premier sketch s'avère être le meilleur, ou tout du moins le plus propice au frisson, même si le scénario semble surtout destiné à heurter avec des thèmes jugés sensibles (saphisme et cannibalisme), mais sans aller au delà de la simple surenchère gore finalement assez gratuite, la faute à des personnages peu travaillés.

La seconde histoire nous propose de suivre les pas d'une ogresse des temps modernes, dans sa quête de nourriture. Marie-Pierre Vincent sauve le sketch du vide absolu par une interprétation intéressante, en offrant un certain charisme, rudimentaire mais marquant, à son rôle, au sein d'une histoire parodiant les contes pour enfants.
Au départ léger, le second degré frise la débilité absolue par la suite. Du policier qui se croit dans un film d'horreur, abattant par erreur une vieille dame qu'il prend pour un zombie, au prince charmant qui n'aurait pas renié une carrière de clavier chez Richard Gotainer, tout y passe. Entre un hommage aux cartoons de Tex Avery et à l'humour décalé anglais à la Monty Python, Thierry Paya nous noie dans un immonde recyclage dénaturé. Le début de nausée augmentera encore avec la dernière partie.

Filmé en Moselle, le métrage passe à l'allemand sous-titré, avec une histoire qui verse davantage dans le drame rural que dans l'horreur.
Deux soeurs, victimes d'incestes, tuent leur père, un fermier obèse et brutal, et fuient en ville pour assister à un concert. Pour s'acheter les places, l'une d'elle devra combler les désirs d'un prêtre libidineux. Une manière de nous indiquer que l'humanité est pourrie ? Probablement, mais quel est l'intérêt de nous le démontrer avec une Heidi germanique n'ayant pas inventé l'eau tiède ?
Jouant de tous les poncifs, le réalisateur nous noie les oreilles avec des chants d'église et se lance dans un pathos qui finira par nous achever.

En épilogue, un clin d'oeil est rendu au père de la Troma, Lloyd Kaufman, qui nous prouve qu'il n'est en rien un acteur confirmé. Se payant un monologue sans queue ni tête, il est la preuve que le cinéma français n'est vraiment pas une terre d'horreur.

Se perdant dans d'innombrables hommages (ou copies), Ouvert 24/7 n'est qu'un film amateur plat et sans personnalité, que sauve uniquement du néant le talent du maquilleur David Scherer (cf l'excellente séquence du miroir dans le second sketch).

A propos de l'auteur : GORE MANIAC
Portrait de GORE MANIAC

J'essaie de partager ma passion pour un cinéma méconnu, mais qui mérite incontestablement qu'on s'y arrête !

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