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Attack the Block – Critique

Attack the Block
Attack the block confirme la tendance des films de science-fiction au potentiel prometteur qui se dégonfle comme un ballon de baudruche sitôt l'entame passée. En cause ici : des individus louches, sommaires, grossièrement dépeints comme des brutes au grand coeur. Une approche maladroite et puérile qui n'aide en rien à s'immerger dans une histoire peut-être prévisible, mais rondement menée. Malgré des aliens au look ravageur (dans tous les sens du terme) et l'action trépidante qui égrène le récit, Attack the block peine à convaincre. Il en ressort un teen-movie visuellement intéressant, mais creux et surtout brinquebalant quant aux messages véhiculés.
Publié le 30 Juillet 2012 par Dante_1984 · Voir la fiche de Attack the Block
Dans une cité malfamée de Londres, un groupe de délinquants juvéniles se voit contraint d'affronter une invasion d'extraterrestres belliqueux après qu'ils aient tué l'un d'entre eux. La nuit risque d'être longue et agitée. Le moins que l'on puisse dire, c'est que l’année 2011 aura été prolifique en productions « aliénantes » où les êtres venus d'ailleurs en voulaient à notre belle planète ou se taper l'incruste inopinément. Entre autres : World invasion : Battle Los Angeles, Cowboys & envahisseurs, Apollo 18, The darkest hour ou encore le pitoyable Transformers 3 pour n'en citer qu'une partie. La qualité des métrages suscités est inversement proportionnelle à la quantité. Certes, il y avait des intentions louables, mais c'est loin d'être suffisant pour faire un bon film. Qu'en est-il dans le cas présent ?


Eh oui ! Une invasion d'aliens, ça ne se voit pas tous les jours (ou toutes les nuits) !

Par une nuit sombre, des caïras traînent les rues en quête d'une proie facile (le contraire eût été étonnant). Agression, stupidité, langage châtié et violence gratuite amorcent donc l'histoire d'une manière assez détestable. Là où l'on peut saluer le risque de donner la vedette à de jeunes novices, ce choix intéressant est rapidement gâché par leur personnage. Des antihéros antipathiques et irritables au possible. C'est bien simple, nous sommes en présence de véritables caricatures ambulantes qui ne cessent d'alimenter leur vocabulaire fleuri d'onomatopées, d'insultes et de borborygmes inintelligibles. Certains diront que cela met dans l'ambiance. Pour ma part, je pense que ces clichés malvenus entretiennent une image négative de ces zones socialement défavorisées.

On a l'impression (au vu du film) que tous les habitants des cités sont des arriérés mentaux qui ne songent qu'à l'argent facile, aux filles et aux drogues. Une conception pour le moins basique et sommaire qui saupoudre maladroitement le récit. Et ce n'est pas la deuxième partie où les racailles de service tentent de se racheter une conduite qui changera la donne. En effet, le réalisateur sombre dans la complaisance et persiste dans une approche pour le moins douteuse en « victimisant » ses protagonistes. L'apitoiement sur soi-même est de circonstance : « On a rien fait et on est toujours persécuté par la police. » Il est certain qu'agresser une jeune femme ce n'est pas grand-chose, n'est-ce pas ? Enfin bref, nos valeureux guerriers font fi de leurs peurs pour foutre une raclée à ces envahisseurs venus de l'espace.


« Paul tu fous quoi ? Tes cousins, y sont pas commodes ! »

Bien que les acteurs soient assez doués pour faire illusion (on a l'impression d'être véritablement en face de délinquants), leur prestation se retrouve gâchée par une caractérisation à minima qui ne les aide guère dans leur bataille. Jodie Whittaker est également convaincante, même si son rôle est amoindri au vu de la place accordée aux jeunes hurluberlus. En revanche, Nick Frost est, au mieux, anecdotique. On doit l'apercevoir grand maximum quinze minutes et la déception est au rendez-vous. Pour tout dire, sa simple présence m'avait poussé à regarder le film et le voir en dealer empâté dans son appartement fait peine à contempler. Il n'est pas aussi comique qu'à son habitude et le peu de facéties qu'il engrange ne déride pas le visage.

En ce qui concerne les aliens, leur design est intéressant et plutôt original. Des créatures sombres qui se fondent dans l'obscurité avec un parfait camouflage, une démarche féline en dépit d'une silhouette massive et menaçante : les extraterrestres sont véloces et ne rigolent pas. Seule leur gueule qui dévoile des crocs fluorescents trahit leur présence. Quant aux attaques, elles se veulent rapides, incisives et sans conteste captivantes. Les effets spéciaux pour leur donner vie s'avèrent des plus agréables à l'oeil et l'utilisation de leur pelage noir (plus noir que noir) est bien exploitée. Par exemple, derrière une vitre aux reflets incertains (s'agit-il des lumières de la ville ou des aliens ?) ou dans un recoin plongé dans les ténèbres. Pas de doute, sur ce point Attack the block se sauve d'un ratage complet.


Sauve qui peut ! Les racailles sont dans la place !

Seulement voilà, on a décroché depuis bien longtemps. Non pas que le film soit ennuyeux, le rythme est assez soutenu dans son ensemble. On peut également saluer l'exploitation de l'environnement restreint en usant de toutes les possibilités imaginables. L'immeuble, la cage d'escalier, les appartements, le parking, le jardin public et même la remise à poubelle se trouvent agencés de telle manière à rendre l'action fluide et cohérente. Il s'agit sans conteste d'un autre atout, mais l'on a les plus grandes peines du monde à se départir des clichés développaient plus en aval.

Si l'on pouvait s'attendre à une comédie décomplexée bon enfant mettant en avant une invasion inopinée (en fait, elles le sont toujours) d'aliens, Attack the block se révèle finalement un film de science-fiction peut-être sympathique, sûrement jouissif sur le plan du divertissement pur, mais la caractérisation des protagonistes entache un travail d'amorce assez séduisant sur la forme. Le fond est, en revanche, sujet à caution. De par le simple fait de donner la vedette à des jeunes désoeuvrés (OK pour l'initiative) qui s'avère en fin de compte des têtes à claques de première classe, on ne s'implique pas comme on l'aurait souhaité. Que l'on arrive pas à s'identifier aux personnages est une chose, mais que l'on contemple des clichés grossiers en est une autre. Dommage, car le look des aliens est réussi et ma progression se fait sans temps mort. Encore une fois, l'on peut constater des points intéressants qui sont rapidement gâchés par des défauts majeurs.

Dante_1984
À propos de l’auteur : Dante_1984

J'ai découvert le site en 2008 et j'ai été immédiatement séduit par l'opportunité de participer à la vie d'un site qui a pour objectif de faire vivre le cinéma de genre. J'ai commencé par ajouter des fiches.

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