Voir la fiche complète du film : Urban Legend 2 : Coup de Grâce (John Ottman - 2000)

Urban Legend 2 - Coup de grâce – Critique

Urban Legend 2 : Coup de Grâce
Malgré un concept toujours aussi intéressant, Urban Legend 2 – Coup de grâce se fourvoie dans un traitement opportuniste du slasher sans jamais rien y apporter. En dépit de bonnes intentions de départ, le potentiel de certaines thématiques n’est jamais exploité à leur juste valeur. Il en ressort une suite médiocre et paresseuse, inférieure à un premier opus qui accuse pourtant les poids des années.
Publié le 28 Décembre 2020 par Dante_1984 · Voir la fiche de Urban Legend 2 : Coup de Grâce

À la fin des années 1990, le slasher a connu un nouvel essor avec Scream. S’ensuivirent des itérations plus ou moins notables, dont les plus célèbres demeurent Souviens-toi l’été dernier et Urban Legend. Contrairement à ses homologues, cette franchise se veut vieillissante et, globalement, peu rigoureuse dans sa progression. Il en ressort une modeste production qui se contente d’effleurer son concept initial par l’entremise d’un cadre éculé et d’intervenants caricaturaux. Son succès commercial a débouché inévitablement vers une suite. Dans les intentions, cette dernière peut éventuellement atténuer les écueils de son prédécesseur, voire proposer une approche plus pertinente des légendes urbaines.

 

Turbulences à 30 000 pieds !

Les premiers instants tendent à confirmer cette impression. On songe, entre autres, à cette volonté de flouer les frontières entre réalité et fiction avec l’incursion dans une école de cinéma. Le fait d’incorporer des films dans le film sans transition aucune permet de prendre à contrepied le spectateur à défaut de le surprendre. L’idée est toujours intéressante à appréhender, mais elle n’est en rien novatrice. Bien que sommaire et guère exploité par la suite, il est à noter l’évocation de la violence véhiculée à travers les images ; que lesdites scènes soient réelles ou non. Il en découle une fascination morbide qui aurait pu déboucher sur une atmosphère malsaine.

Cependant, Urban Legend 2 – Coup de grâce s’enfonce très rapidement dans un traitement conventionnel, voire paresseux dans son évolution. Malgré un point de départ somme toute convaincant, le scénario en oublie son concept pour se fourvoyer dans les poncifs du slasher. Les circonstances des crimes font preuve d’illogismes, tandis que le modus operandi demeure trop classique. Certes, il y a bien cette séquence où l’une des victimes se réveille dans une baignoire de glace, un rein en moins. Cependant, les légendes urbaines ne servent même pas de toile de fond. Il est d’autant plus dommage de le constater que l’idée initiale est complémentaire à l’exposition de l’envers du décor d’un tournage.

 

Once upon a time...

Il n’y a donc aucune nuance ni subtilité. Le rythme est décousu au possible, tandis que les protagonistes multiplient les écueils à tous les niveaux. La caractérisation relève du cliché éhonté où la tête d’affiche se heurte à l’incrédulité de ses pairs, envers et contre le bon sens. L’accumulation de preuves et de disparitions n’y fait rien si bien que les passages suivants enchaînent les élucubrations et les échanges ridicules. Mention spéciale à Matthew Davis dont l’interprétation monolithique se vérifie à chaque plan ; qu’il s’agisse de séduction, de peur, de divergence ou de perplexité. De la masse, distingue-t-on à peine les timides débuts de Jennifer Morrison et d’Anson Mount.

Quant aux assassinats, on reste également dans une approche très mesurée où la plupart des séquences sont détournées par un second degré inattendu et ne sont pas forcément de circonstances. Entre une violence édulcorée et un manque d’inspiration flagrant pour mettre le tout en scène, il est difficile d’y accorder le moindre crédit. Le fait que le schéma du tueur suit un cheminement capricieux et aléatoire n’aide pas à maintenir une tension constante. À aucun moment, le spectateur ne parvient à éprouver la menace latente qui plane au-dessus du campus. D’ailleurs, le cadre est géré avec maladresse et ce n’est pas la visite d’une attraction horrifique qui inversera la donne.

 

Pour le cours d'escrime, prenez la troisième porte à droite

Au final, Urban Legend 2 – Coup de grâce porte bien son nom. En dépit d’un premier quart d’heure distrayant et bien amené, la seule et unique réalisation de John Ottman fait s’enchaîner les écueils à un rythme alarmant. Cette suite demeure l’exemple typique d’une itération opportuniste dont le potentiel est mal exploité, mal maîtrisé. La connotation propre aux légendes urbaines est clairement absente, tandis que l’exposition de films dans le film en reste au stade des prémices. Il faut également se contenter d’un dénouement précipité qui propose un coupable inattendu, particulièrement oublié durant toute l’histoire. Sans doute la démonstration d’une conclusion bouclée à la va-vite qui s’essaye à une mise en abîme cinématographique maladroite et inutile.

Dante_1984
À propos de l’auteur : Dante_1984

J'ai découvert le site en 2008 et j'ai été immédiatement séduit par l'opportunité de participer à la vie d'un site qui a pour objectif de faire vivre le cinéma de genre. J'ai commencé par ajouter des fiches.

Autres critiques

Absentia

Absentia

Quand j'ai vu le titre de ce film, je me suis dit: "Chouette! Un film d'horreur indépendant américain traitant d'un sujet peu ou pas abordé et qui pourrait éventuellement me satisfaire pleinement, moi qui suis un grand amateur de frissons et de peur freudienne avec un petit penchant psychanalyste et analytique". Bien entendu, je ne l'ai pas pensé en ces termes. En fait,...
Ghost Game

Ghost Game

Tiens, un film asiatique avec des fantômes. Un de plus... C'est que depuis le succès de Ring 1er du nom, on en bouffe jusqu'à plus soif ( The Grudge, Réincarnations, Dark Water , et j'en passe) et si les qualités sont souvent présentes, il devient franchement dur de s'exciter sur ces productions qui s'empilent à n'en plus finir. Toutefois le pitch de Ghost Game pouvait s'avérer excitant avec sa...
Cowboys & Envahisseurs

Cowboys & Envahisseurs

Après avoir initié la franchise Iron man au cinéma, Jon Favreau s'en retourne vers une autre adaptation de comics au pitch assez improbable. XIXe siècle, Arizona. Un amnésique se réveille aux abords d'une petite bourgade du far-west. L'accueil n'est pas des plus chaleureux, mais les divergences de points de vue sont rapidement oubliées lorsque des vaisseaux spatiaux surgissent et enlèvent des...
L'exorcisme de Hannah Grace

L'exorcisme de Hannah Grace

Que l’on parle d’exorcisme ou de possession, le sujet fait les beaux jours du cinéma de genre depuis les années1970. En marge de la saga de William Friedkin, les productions se sont essayées à de nombreuses itérations avec un résultat plus ou moins convaincant. Sous forme de found footage ( The Devil Inside , Le dernier exorcisme ...) ou de métrages classiques ( Possédée , L’...
Survival of the Dead

Survival of the Dead

**Attention, cette critique contient quelques spoilers.** Sur une île au large des côtes américaines, deux familles s'opposent suite à une invasion de zombies. L'une d'elles souhaite éduquer ces êtres tandis que l'autre milite pour leur élimination pure et simple. S'il y a bien un cinéaste que l'on rattache automatiquement à un personnage phare du film d'horreur, c...