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In the flesh – Critique

In the Flesh

Malgré sa modestie apparente et sa brièveté, In the flesh propose un regard original sur l’apocalypse Z en s’éloignant des carcans du genre. Une intrigue qui prône la différence tout en l’étant elle-même. Un constat aussi sobre qu’inattendu.

Publié le 25 Mars 2015 par Dante_1984 · Voir la fiche de In the Flesh

Alors que le mastodonte The walking dead monopolise l’attention avec ses légions de morts-vivants, le Royaume-Uni fait fi de ce succès presque indécent pour nous proposer sa vision de l’apocalypse Z. Conscient de ne pouvoir rivaliser avec son concurrent direct, In the flesh ne joue pas dans la surenchère ou sur le même terrain que son homologue américain. Difficile d’innover avec un thème aussi surexploité: critique sociale, autodérision, parodie... Les manières de l’aborder ne manquent pas et, reconnaissons-le, peinent à se renouveler. Ce passage furtif sur les écrans (à peine 9 épisodes pour deux saisons) saura-t-il attirer les amateurs de viandes putréfiées?

Les Britanniques ne sont pas les derniers à s’intéresser à ce phénomène. On se souvient de l’excellent Dead set, huis clos délectable avec ses propos virulents sur la télé-réalité. Toutefois, la création de Dominic Mitchell se rapproche davantage de Moi, zombie: Chroniques de la douleur. Avec un ton très mesuré sur la nature du mort-vivant (réversible dans le cas présent), l’histoire principale tend à intervertir les rôles et les rapports avec les humains. Contrairement à Fido qui prônait leur domestication, on tente de réintégrer chaque individu après une phase de rééducation (reconditionnement?).

Trouvez l'intrus.

De fait, In the flesh prend les atours d’un drame gravitant autour des relations sociales. Cela peut paraître pompeux et ennuyeux, mais il n’en est rien. Outre son format des plus brefs, la variété des situations associée à un éventail de protagonistes attachants renforce l’immersion et l’ambiance délétère qui s’en dégage. Ici, il n’est pas question d’exposer des ruines, des décombres ou les conséquences de la contamination (seuls les morts sont touchés, il ne s’agit donc pas d’un virus qui atteint les vivants, à moins d’être mordu). On se concentre sur l’isolement du milieu rural avec une préférence évidente pour les teintes monochromes, comme si la civilisation, hagarde, se reconstruisait ou se réveillait doucement du cauchemar.

Les poncifs du genre sont secondaires à un point tel que les zombies sont apparentés au déclencheur. Devant leur humanité renaissante, on en oublie presque qu’ils sont sortis de leur cercueil. Maquillages, lentilles de contact, traitements et discrétion recommandée font qu’ils s’apparentent à n’importe qui, enfin presque... Ce n’est pas pour autant que l’histoire ne se montre pas violente. Extrémiste dans les propos proférés par les villageois (qui évoquent l’antisémitisme et la ségrégation raciale), brutaux quand il s’agit de concrétiser leurs paroles, elle revêt différents aspects pour mieux retourner ses effets contre leurs auteurs.

Après la fin... la faim !

Une manière subtile d’offrir de menus rebondissements afin de confronter chaque personnage à ses errances, ses choix, avec des situations qui ne donnent pourtant pas dans l’urgence ou la survie, mais à la nature même de chacun. Le casting fait montre d’un travail honnête avec une interprétation crédible et nuancée. Difficile de porter un jugement sur chaque cas particulier étant donné que chacun possède des justifications propres à leur vécu. Il en découle des caractères dissemblables et fouillés en dépit de leur monstruosité ou leur humanité. Le traitement laisse donc de côté la facilité et un manichéisme inopportun pour surprendre.

Au final, In the flesh surprend. Loin du catastrophisme propre au genre, cette modeste série britannique préfère se pencher sur la condition du mort-vivant et ce qui le différencie des autres. Davantage proche du drame social que de l’horreur, l’histoire tend à dépeindre un contexte post-apocalyptique des plus réalistes avec une atmosphère morne au possible. Grâce à l’intelligence de son écriture et des acteurs impliqués, In the flesh évite le piège de copier les tenants et les aboutissants de ses concurrents plus ou moins directs pour offrir une alternative intéressante, voire singulière, au thème du zombie. On regrettera néanmoins que la série ne dispose pas de la conclusion qu’elle mérite; trop ouverte à une troisième saison qui ne viendra jamais.

 

Saison 2 : 8/10

Dante_1984
À propos de l’auteur : Dante_1984

J'ai découvert le site en 2008 et j'ai été immédiatement séduit par l'opportunité de participer à la vie d'un site qui a pour objectif de faire vivre le cinéma de genre. J'ai commencé par ajouter des fiches.

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