Voir la fiche complète du film : Le Pacte des Loups (Christophe Gans - 2001)

Le Pacte des Loups – Critique

 Le Pacte des Loups

Un gros budget pour le cinéma français pour un film agréable à regarder. On en garde pas un souvenir impérissable...

Publié le 1 Janvier 2008 par Julien · Voir la fiche de Le Pacte des Loups

"C'est en l'an 1754 que la bête apparut sur nos terres..." C'est sur ces quelques mots prononcés par Jacque Perrin que le film de Christophe Gans s'ouvre. Le réalisateur de Crying Freeman se lance dans la fresque historique, teintée de romance et de kung-fu (!?!) avec un budget assez conséquent pour un film français : 200 millions de francs!

Quel est le sujet de ce fameux Pacte des Loups ? Délégué par le Roi, le chevalier Grégoire de Fronssac arrive en Gévaudan afin d'élucider une série de meurtres étranges. Il est accompagné de son vieil ami et indien, Mani. Arrivé sur les lieux, ils vont découvrir que la population locale est persuadée que tous les meurtres sont l'oeuvre d'une bête maléfique à l'appétit vorace. Fronssac est missionné par le Roi pour naturaliser la bête, une fois capturée et tuée. Il tombe amoureux de la ravissante Marianne et s'offre les faveurs d'une prostituée non moins ravissante, la mystérieuse Sylvia...

L'histoire s'inspire librement d'une légende bien de chez nous : celle de la bête du Gévaudan. Le Gévaudan est un plateau de la Lozère aujourd'hui qui connu entre le 30 juin 1764 et le 19 juin 1767, une vague de meurtres atroces, perpétués principalement sur des femmes et des enfants des deux sexes. On a dénombré pas moins de 157 victimes durant cette période. A l'époque, on attribua tous ces crimes à une bête monstrueuse.

Christophe Gans est assez féru de cinéma américain et de cinéma asiatique. Il n'a d'ailleurs pas hésité à effectuer un mélange de ces deux genres dans son film d'une manière assez habile. Ainsi, la romance entre le chevalier Grégoire de Fronssac est un cliché typiquement "hollywoodien" tandis que le personnage de Mani, adepte des arts-martiaux, semble tout droit sortit d'un film de Hong-Kong.

Malgré tout, le film souffre d'un scénario un peu trop étoffé. Gans nous plonge dans l'intrigue de son film assez rapidement (ce qui n'est pas si mal que ça après tout) mais à trop vouloir nous raconter son histoire, il finit par faire disparaître chez le spectateur tout sentiment "d'intéressement". L'histoire progresse mais d'une manière assez lente par moment, et l'on finit par moment à ne plus s'intéresser à celle-ci pour attendre bêtement les (rares) scènes d'action.

Ces fameuses séquences d'action sont malheureusement assez courtes et seul le personnage de Mani bénéficie d'un traitement relativement intéressant. Certes, on prend un certain plaisir à le voir savater des vilains mais le fait est que la plupart du temps, ces scènes de combats sont assez "gratuites" et n'inscrivent pas forcément dans la trame du film (voir la scène après la première battue, lorsque Mani se bat avec quelques bougres armés de longues griffes). On pourra également regarder d'un oeil douteux la réalisation de ces scènes. En effet, on a plus l'impression de voir un clip qu'autre chose. Les nombreux ralentis sont beaux mais totalement gratuits et parfois, nuisent à l'action en elle-même.
Le film aborde différents thèmes intéressants cependant. Comme l'écologie, l'inceste, et même le racisme (Mani, considéré comme un animal, incapable de se reproduire avec des "blancs"). Des thèmes qui sont hélas un peu trop survolé et que l'on ne découvre qu'au détour de quelques dialogues et personnages assez caricaturaux.

Malgré tout, la grande réussite du film réside dans l'aspect visuel du film. Les costumes et les décors sont de toute beauté. La musique est également bien présente et orchestrée de manière intelligente. A cela, s'ajoute une distribution assez prestigieuse composé d'acteurs français reconnus.

Le Pacte des Loups est donc un film qui aurait mérité un meilleur traitement, notamment au niveau du scénario et des personnages qu'on aurait aimés mon caricaturaux. Toutefois, le film réserve quelques surprises agréables malgré un final et un monstre peu convaincant.

 

Julien
À propos de l’auteur : Julien

Autres critiques

After Earth

After Earth

Le nom de M. Night Shyamalan est raccroché à des perles du septième art de genre telles que Sixième sens , Incassable ou Signes . Des films qui laissent une empreinte nostalgique dans l'esprit des cinéphiles. D'aucuns considèrent qu'il s'agit là de ses meilleurs projets et que, depuis, le réalisateur a bien du mal à réunir les foules sous sa bannière. Même si ces derniers métrages...
Saw 5

Saw 5

Que de critiques négatives sur cette pauvre série Saw ! Alors que tout le monde ou presque s'accordait à dire que le premier épisode était excellent, chaque nouvelle suite déclenche un déluge de railleries dans le petit monde des amateurs de l'horreur (et c'est pas près de s'arrêter avec les futurs opus 6 et 7). On leur reproche d'être uniquement commerciales, ce qui est entièrement vrai...
Dracula

Dracula

Lorsqu’on cite un nom ancré dans la culture au sens large du terme, il n’est nul besoin de présentation. En revanche, l’inconvénient est d’y trouver une approche nouvelle pour parler d’une histoire que tous connaissent de près ou de loin. Dracula est sans aucun doute le personnage qui aura eu le plus d’adaptations sur grand ou petit écran. Parfois pour le meilleur, mais aussi pour le pire, l’...
Scream 4

Scream 4

Attention, cette critique contient un élément révélant la fin du film, situé entre les deux balises rouges. Plusieurs années se sont écoulées depuis les meurtres commis par Ghostface à Woodsboro. Sidney Prescott est enfin parvenue à tourner la page et retourne dans sa ville natale pour le lancement de son premier roman, Out of Darkness. C’est à ce moment précis que le tueur au masque renaît de...
Doom

Doom

La saga Doom est connue de tous les fans de jeux vidéo pour avoir popularisé tout un genre : le FPS (First Person Shooter). Certes, il y avait bien Wolfenstein , mais Doom était tellement novateur et supérieur à son aîné de seulement un an qu'on lui donna son nom pour caractériser les jeux de tirs à la première personne, soit "Doom-like". Des couloirs labyrinthiques, des beuglements...