Voir la fiche complète du film : Une Nuit en Enfer (Robert Rodriguez - 1996)

Une Nuit en Enfer – Critique

 Une Nuit en Enfer

Un "road-gore-movie" très dynamique et bénéficiant de la présence d'excellents acteurs.

Publié le 1 Janvier 2008 par Julien · Voir la fiche de Une Nuit en Enfer

Voici certainement l'une des meilleures séries B de ces dix dernières années. Sous la houlette du producteur Quentin Tarantino, le réalisateur de Desperado, d'El Mariachi et de The Faculty (on passera sur Spy Kids) réalisait en 1996, un road-gore-movie tout simplement génial.

Seth Gecko (George Clooney) et son frère Richard (Quentin Tarantino) sèment la zizanie dans tous les Etats qu'ils traversent. Après avoir fait évader son frère Seth dans un bain de sang, Richard et son frangin prennent en otage une employée de banque après avoir dérobé un gros paquet de billets. Leur objectif est de passer la frontière du Mexique et de s'installer là-bas. Ils ont rendez-vous au Titty Twister avec quelqu'un qui leur assurerait leur passage et leur installation au Mexique. Déséquilibré mental, Richard assassine sauvagement un gérant de station essence et un policier. Plus tard, dans un hôtel, c'est au tour de l'otage d'y passer. Pour passer la frontière, Seth remarque un superbe camping-car qu'il décide d'emprunter à ses propriétaires, un curé qui a perdu la foi (Harvey Keitel) et ses deux enfants, Kate (Juliette Lewis) et Scott (Ernest Liu). Lorsque tout ce beau monde débarque au Titty Twister, ils sont loin d'imaginer que la taverne est le repaire de vampires...

Ce scénario, digne d'une bonne série B, est signé Robert Kurzman et Quentin Tarantino, respectivement réalisateur d'effets spéciaux chez KNB Effects Group et réalisateur talentueux de Reservoir Dogs, Pulp Fiction, Jackie Brown et du récent Kill Bill. Un scénario simple, agréable à suivre et nous offrant une galerie de personnages sympathiques.

Au début du film, on croit avoir à faire à un simple road-movie. Tout ce passe durant le jour et l'on assiste avec plaisir aux aventures de deux bad guys, interprétés avec brio par un George Clooney brillant et un Quentin Tarantino bien barré du ciboulot. L'histoire progresse et lorsque les deux compères et leurs otages débarquent au fameux Titty Twister, on assiste à un renversement de situation qui, sans être foncièrement original, offre de nombreuses possibilités en matière d'action et de scènes gores.

Une Nuit en Enfer est le genre de film au cours duquel on ne se pose pas de questions. Le but du réalisateur n'est pas ici de dresser un portrait de l'Amérique et des ses bars mal famés, ni même le portrait de truands en cavale. Dans ce film, l'action est au coeur de l'intrigue. Et je ne pense pas que l'on va s'en plaindre. Le film est tout simplement jouissif à ce niveau-là. Si le premier quart d'heure du film est relativement calme, une fois la danse de la ravissante Santanico Pandemonium (Salma Hayek) terminée, on verse directement dans le gore bien craspec et la baston bien saignante. A ce titre, la scène où tout le monde s'en fout sur la gueule lorsque les premiers vampires font leur apparition est un sacré morceau de bravoure. Des têtes et des bras volent dans tous les sens tandis qu'un orchestre de vampires nous balance un bon vieux boogie rock des familles! L'action est prennante et l'on ne voit pas les minutes passées. Puis, Rodriguez nous laisse en compagnie d'une poignée de gaillards qui s'interrogent sur tout le foutoir dont ils viennent d'être les témoins. Parmi eux, outre Seth et Richard, et leurs otages, on retrouve Frost (Fred Williamson) et "Sex Machine" (le maquilleur Tom Savini), deux "lone guys" qui vont prêter main forte à nos amis pour affronter le bataillon de vampires qui les attends...

Rodriguez a livré avec ce film un hommage vibrant autant qu'ébouriffant au cinéma fantastique d'antan en se concentrant sur ce que le spectateur aime voir à l'écran : de l'action et du sang.

La réalisation est de très bonne facture et le rythme soutenu. Les effets spéciaux sont très bien faits (c'est du KNB !) et les décors du Titty Twister intéressants. La musique tient une place importante dans le film également (le réalisateur Robert Rodriguez est guitariste à ses heures). Au passage, je vous conseille d'écouter la bande-originale du film avec des titres de ZZ Top, Tito & Tarantula, Jimmie Vaughan...

A signaler également qu'un très bon making of du film a eu les honneurs d'une sortie en salles aux US : "Full Tilt Boogie" et à en juger par l'ambiance sur le plateau, on comprend un peu pourquoi le film est aussi délirant...
Encore une petite information : le film à connu deux suites de moins bonne facture, Le Prix du Sang et La fille du bourreau. Ce dernier s'apparente d'ailleurs plus à un western fantastique qu'à un road-movie horrifique.

Julien
À propos de l’auteur : Julien

Autres critiques

The Dead 2

The Dead 2

Attention, cette critique contient quelques spoilers. En Inde, un ingénieur américain tente de sauver sa fiancée dans un pays envahi par les morts-vivants. Venu installer des éoliennes dans les régions les plus pauvres d'Inde, Nicholas Burton (Joseph Millson) apprend que sa fiancée est enceinte. Quelques heures plus tard, d'étranges événements secouent le pays. Les morts reprennent vie et...
Chroniques de Tchernobyl

Chroniques de Tchernobyl

Si le nom d'Oren Peli ne vous dit rien, c'est que vous vivez dans une grotte ou alors vous ne vous intéressez sûrement pas au cinéma d'horreur et par la même occasion, vous n'en avez strictement rien à foutre de cette critique. Ce monsieur est le responsable de bons nombres de méfaits dans le cinéma d'horreur de ces dernières années, et c'est aussi le responsable d'une saga qui tire un peu trop...
Alice au pays des merveilles

Alice au pays des merveilles

Parfois, il n'est nul besoin de présenter une oeuvre. La simple évocation de son titre ou de son auteur suffit à faire divaguer notre imagination au gré d'images et de souvenirs inoubliables. Ce genre d'histoires est rarissime, pour ne pas dire unique. Alice au pays des merveilles est un récit intemporel qui a traversé les époques avec force et courage sans jamais lasser, sans jamais...
Black Christmas

Black Christmas

Le Black Christmas de Bob Clark est considéré par les spécialistes, contrairement à une croyance populaire répandue qui veut que ce soit le Halloween de Carpenter, comme le père fondateur du slasher (avec la Baie Sanglante ). Il faut dire que tous les futurs ingrédients de ce sous-genre mal-aimé s'y trouvaient déjà et ce, deux ans avant que le Michael Myers de Big John débarque sur les écrans...
Halloween

Halloween

S’il y a un remake qui était attendu au tournant à sa sortie, c’était bien celui du cultissime HALLOWEEN de John Carpenter. Comme pour bon nombre de remakes, on se demandait en toute légitimité ce qui pouvait bien justifier une telle entreprise, le film de John Carpenter n’ayant pas trop pris de rides et son statut de classique du genre n’étant plus à remettre en jeu. Mais...