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Batman: Le Défi – Critique

Batman: Le Défi

L'univers de Batman vu par Burton : toujours aussi sombre et éblouissante. Du grand Burton...

Publié le 1 Janvier 2008 par Julien · Voir la fiche de Batman: Le Défi

Torturé par ses démons intérieurs, le milliardaire Bruce Wayne (Michael Keaton) ne parvient toujours pas à trouver la quiétude. Malgré qu’il ait tué le meurtrier de ses parents, le Joker, Wayne/Batman va devoir faire face à trois nouveaux ennemis : la troublante Catwoman (Michelle Pfeiffer) et le redoutable Pingouin (Danny Devito) associé à l’homme d’affaires corrompu Max Shreck (Christopher Walken)…

Deux ans après le premier Batman, Tim Burton frappe une nouvelle fois pour nous livrer sa version définitive du comics de Bob Kane. Autant le dire d’emblée, Batman Le Défi est sans conteste supérieur à son prédécesseur. Que ce soit au niveau des décors (superbes), du scénario (beaucoup plus intéressant, surtout au niveau de la psychologie des personnages), des acteurs (Michael Keaton, Michelle Pfeiffer, Danny DeVito, Christopher Walken… rien que ça !), tout est réunis dans ce film pour en faire une œuvre unique.

Tim Burton a accentué le côté sombre et torturé du personnage de Bruce Wayne/Batman, mais également celui des autres protagonistes de l’histoire. Ainsi, le nouveau « vilain », Oswald Cobblepott (alias Le Pingouin, maquillé par Stan Winston), est un personnage qui nous est montré beaucoup plus comme un martyr qu’un véritable « super-vilain ». Sa quête identitaire est touchante car elle pourrait très bien être assimilé à une personne proche de notre entourage ou à nous-mêmes. Burton dénonce les travers d’une société qui ne fait pas de cadeaux et qui – même si elle le nie – cultive toujours un certain « non-droit » à la différence. Ainsi, lorsque qu’Oswald voit le jour, son aspect terrifiant n’inspire que dégoût et rejet de la part de ses parents. Ces derniers l’enferment d’ailleurs, alors qu’il n’est qu’un bébé, dans une espèce de petite cage avec des barreaux. Burton a alors la très bonne idée de filmer l’action au travers des yeux du nourrisson qui voit ses parents derrière des barreaux (on comprend alors mieux son traumatisme). Lorsque les parents d’Oswald le promène dans un parc quelques jours plus tard, ils finissent par rejeter définitivement cette « créature » et précipitent le cosy par dessus un pont, dans une rivière. Cette scène, qui ouvre le film, est proprement terrifiante car elle nous renvoie en quelque sorte notre propre image. L’homme a beau crier sur tous les toits que nous sommes tous « égaux », rien ne sonne plus faux.

Tim Burton n’est pas un réalisateur très à l’aise avec les scènes d’actions (même s’il s’est relativement bien débrouillé sur La Planète des Singes). Il préfère se concentrer sur les personnages qu’il met en scène et ce n’est pas plus mal. Ainsi, les « affrontements » entre Batman, Le Pingouin et Catwoman sont plus verbaux que physique. Mais Burton ne délaisse pas pour autant l’action et il suffit de voir la scène où les clowns du Pingouin débarquent dans Gotham City pour s’en convaincre. Il ne néglige pas non plus Batman et ses gadgets (la superbe Batmobile, la sombre Batcave).

Le film doit beaucoup aux prestations de Danny DeVito, de Michael Keaton, de Christopher Walken et de Michelle Pfeiffer. Tous dans le ton juste, ils interprètent avec brio leurs rôles respectifs. Une mention spéciale quand même à Danny DeVito, à la fois émouvant et tragique dans le rôle de ce « freak » qui manipule la population de Gotham (avec l’aide de Max Shreck qui finira par l’abandonner lorsque celui-ci sera en mauvaise posture) en essayant de se présenter à la mairie de la ville avec de « bonnes » intentions (il présente Batman comme une menace alors que ce dernier est là pour combattre le crime) et tout un tas de promesses. Un rôle en or pour un comédien vraiment talentueux qui semble à l’aise dans de nombreux registres (Jumeaux, Hoffa, Get Shorty, Mars Attacks !, Man On The Moon).

Au final, Batman Le Défi apparaît comme le meilleur film de la série. Un film qui tient une place de choix dans la filmographie de son réalisateur qui, malheureusement, a perdu un peu de sa superbe avec ses derniers films (son remake de La Planète des Singes n’a pas vraiment convaincu, tout comme Big Fish).

Julien
À propos de l’auteur : Julien

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