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Van Helsing – Critique

Van Helsing
Un énorme blockbuster qui sonne un peu creux mais visuellement époustouflant.
Publié le 1 Janvier 2008 par Julien · Voir la fiche de Van Helsing

Stephen Sommers est un réalisateur plutôt doué. Il l'a prouvé avec une petite série B efficace, Un Cri dans l'Océan, et un blockbuster "classieux", La Momie. Et même si Le Retour de la Momie en fit déchanter plus d'un, voir le nom de Sommers lié à un projet comme Van Helsing avait de quoi faire saliver. Résultat des courses dans les lignes qui suivent...

XIXème siècle.Gabriel Van Helsing est un mercenaire à la solde du Vatican. Il traque les créatures maléfiques aux quatre coins de la planète et se charge de les envoyer dans l'autre monde. Après s'être occupé du Dr Jekyll, il part pour la Roumanie afin de s'occuper du cas de Dracula, de Frankenstein et d'un loup-garou...

Le scénario n'est pas des plus excitant sur le papier et ne l'est d'ailleurs pas plus à l'écran. L'histoire est finalement assez conventionnelle et ne ménage aucun effet de suspense ou retournement de situation réel. Les personnages ne sont pas très intéressants et leur psychologie très peu développée. Donc, ça commence fort. Qu'est-ce qu'il y a de "bon" dans Van Helsing alors ? Malheureusement, peu de choses... Je ne peux faire l'impasse sur ce qui constitue 90% (voire 95%) du métrage, à savoir les effets spéciaux d'Industrial Light & Magic. Et de ce côté, force est de reconnaître que les équipes d'ILM n'ont pas du chômer! Car, des SFX, en veux-tu, en voilà ! Et cela ne joue pas vraiment en faveur du film. En effet, Sommers joue la carte (facile) de la surenchère (un peu à la manière de Matrix Reloaded et de sa suite) et balance son film et ses personnages dans un véritable tourbillon de scènes d'action. Le gros problème c'est qu'à la fin, l'action, ça devient lassant. C'est beau, c'est plus ou moins bien fait par moment, mais cela fatigue. On aurait aimé que Sommers nous laisse souffler entre deux affrontements...

L'idée de réunir dans un seul et même long-métrage des figures aussi légendaires du cinéma fantastique que Dracula, Frankenstein et le Loup-Garou était assez sympathique. Malheureusement et malgré l'évidente bonne volonté de Sommers et son amour du genre, le concept prend l'eau à l'écran. Un pari aussi audacieux que difficile à tenir. Alors certes, les images sont belles, l'action omniprésente, la réalisation survoltée et le score d'Alan Silvestri plutôt convaincant. Mais où est l'émotion dans tout cela ? On assiste, passif, à tout un tas de séquences bétonnées mais à l'issue desquelles on sort plus abasourdi que touché. Et ce ne sont pas non plus les acteurs qui apporteront une quelconque fibre émotionnelle dans le film. Hugh Jackman fut très convaincant dans le rôle du charismatique Wolverine dans les deux volets d'X-Men. Dans le rôle de Gabriel Van Helsing (bah oui, Abraham c'est plus trop à la mode comme prénom), il fait un peu peine à voir. La charmante Kate Beckinsale (Underworld) s'en sort mieux mais pas de beaucoup. Et les gros monstres de service, annoncés sur les affiches promotionnelles qui égayèrent le métro parisien (que je fréquente assidûment), et qui me firent presque fantasmer sur le film pendant quelques temps ? Pour un lycanthrope plutôt réussi, on se retrouve à côté avec un Frankenstein qui ferait se retourner dans sa tombe le pauvre Boris Karloff, et un comte Dracula qui n'a rien à envier à celui du triste Dracula 2001. On attendait beaucoup de ces créatures et le fait est qu'ils sont malheureusement sous-exploités.

Van Helsing est donc un film à l'image de certaines productions récentes : "bigger and louder", comprenez par-là, "on-est-pas-radin-sur-les-SFX-et-on-leur-en-met-pleins-les-mirettes!". Certains apprécieront sans doute le déluge d'effets spéciaux, le rythme effréné des situations et l'action non-stop menée tambour battant du film, mais d'autres n'y verront rien d'autre qu'un blockbuster creux et pété de thunes de plus.

Julien
À propos de l’auteur : Julien

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