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Maximiliani Ultima Nox – Critique

Maximiliani Ultima Nox
Violence, gore, dialogues crus... Maximiliani Ultima Nox est un court-métrage chaudement recommandable qui bénéficie d'une réalisation intéressante et d'un casting à la hauteur.
Publié le 1 Janvier 2008 par Julien · Voir la fiche de Maximiliani Ultima Nox

Maximilien (Julien Masdoua) se promène nonchalament de nuit dans les rues sombres de sa ville. Il croise deux individus qui ne tardent pas à s'en prendre à lui et à le malmener violemment. L'un d'eux se présente à lui comme étant le "Baron Sodomus" (Luc Miglietta) et son camarade, José Marie (David Jimenez). Maximilien, qui est encore sous le choc, se demande se que ces deux singuliers personnages peuvent bien lui vouloir car il n'a pas d'argent sur lui. Le Baron et son acolyte sortent alors les crocs pour les planter dans le cou du pauvre Maximilien. Débarquent alors deux autres personnes (Rodolphe Gayrard et Denys Schaan) qui criblent de balles les deux vampires...

Maximiliani Ultima Nox est un court-métrage de 18 minutes tourné en 16mm et en noir et blanc par un jeune réalisateur qui, au vue de la qualité de ce court, est promis à une belle carrière. C'est en tout cas ce qu'on lui souhaite. Il ne s'agissait pourtant pas d'un coup d'essai puisque Thierry Lopez, véritable cinéphile passionné par le cinéma fantastique, avait tourné un premier court, avec une caméra super 8, en 1998 : Golzarath, l'attaque des morts-vivants, l'histoire d'un jeune couple aux prises avec une horde de zombies, dans une ambiance rendant clairement hommage au cinéma de Lucio Fulci. Par la suite, il essaya de monter un projet de court-métrage fantastico-médieval, Darvillania, pour une vie de désirs, qui, malheureusement, n'aboutira pas. Il s'associe alors avec un ancien camarade de classe, Fred (réalisateur d'un long-métrage : Houtch et Houtch) pour créer "Le Mont Dellamorte", à Montpellier afin de produire du cinéma indépendant. De cette "union", naîtront des courts-métrages comme Game Over (parodie d'un jeu vidéo), Vidéo Gore (Vidéo-gag version gore donc) et Amis pour la vie (un sitcom résolument trash). Par la suite, Thierry Lopez tourne Symphonia Horroris et Apparition (adaptation d'une nouvelle de Guy de Maupassant).

Après un an de gestation et de préparatio, Thierry Lopez livre Maximilani Ultima Nox. Pour les besoins de ce court, Thierry Lopez passe au 16 mm et force est de constater que le résultat est des plus sympathiques. Totalement auto-produit (ce qui présente certains avantages et inconvénients), Maximilani Ultima Nox part d'un postulat de base assez simpliste mais qui a le mérite de laisser le champ ouvert à toutes sortes d'expérimentations. La photo granuleuse, le noir et blanc, les jeux de clairs/obscurs, les gros riffs de guitares saturées en fond... Maximiliani Ultima Nox, malgré sa courte durée (sans doute son seul défaut!), s'impose immédiatement aux yeux du spectateur comme une expérience intense. A la violence de certaines séquences s'ajoutent des dialogues "orduriers" qui collent parfaitement à l'ambiance du court. Et puis, étant donné qu'il s'agit d'un court-métrage, Thierry Lopez pouvait bien se permettre de jouer sur plusieurs registres comme le gore, le fantastique, l'action...

Maximilani Ultima Nox a en plus la chance d'avoir un casting sympathique et l'on appréciera les prestations hautes en couleurs de Luc Miglietta (le "Baron Sodomus"), de David Jimenez (son comparse José Marie), de Julien Masdoua, très convaincant dans le rôle du pauvre Maximilien, ainsi que Rodolphe Gayrard et Denys Schaan. En plus de bénéficier d'un bon casting amateur et d'une réalisation soignée, Maximilani Ultima Nox n'hésite pas à verser dans un gore bien craspec qui, malgré le côté forcément amateur des effets, est tout à fait réjouissant pour l'amateur du genre. On a même droit à un gros clin d'oeil à L'Au-delà.

Donc, plus une seconde à perdre, ruez-vous sur le site de Thierry Lopez : http://maxultimanox.free.fr/index.htm pour commander le DVD de Maximiliani Ultima Nox, qui propose en plus une belle interactivité avec au menu : photos, filmographies, un documentaire de 43 minutes sur le tournage et deux courts-métrages (Apparition et Symphonia Horroris). Bref, on se paie pas votre tête avec un tel contenu qui est même bien plus riche que celui d'autres DVD vendus dans le commerce.

Un grand merci donc à Thierry Lopez, que l'on encourage vraiment dans sa démarche, qui est à saluer bien bas étant donné la conjoncture actuelle, et qui nous permet de placer finalement quelques espoirs dans le cinéma fantastique français.

Julien
À propos de l’auteur : Julien

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