Voir la fiche complète du film : 47 Meters Down (Johannes Roberts - 2017)

47 meters down

Un survival animalier nuancé et immersif qui privilégie le réalisme au sensationnalisme. Bénéficiant d’une mise en scène soignée et d’un suspense permanent, 47 Meters Down est une indéniable réussite pour un genre qui, jusqu’alors, n’avait plus grand-chose à offrir.
Publié le 18 Juin 2017 par Dante_1984Voir la fiche de 47 Meters Down
7
Requin Sous-marin

Derrière un nom aussi barbare que la «sharksploitation» se dissimule un sujet bien malmené au fil des décennies, plus particulièrement à partir des années2010 et des bestioles hybrides, possédées ou mutantes qui investissent les DTV. On pensait le genre définitivement enterré dans les affres du bis et du nanar. Toutefois, en 2016, Instinct de survie parvenait pourtant à offrir un sursaut d’orgueil au survival animalier. S’il n’était pas exempt de défauts, le métrage de Jaume Collet-Serra était recommandable à plus d’un titre. Avec 47 Meters Down, la continuité semble de mise avec un huis clos maritime qui ne se situe pas sur un rocher à proximité du rivage, mais dans une cage à requins au fond de l’océan...

Qui observe qui ?

Il est vrai que le cinéma de genre nous a offert quelques incursions plus ou moins notables dans les abysses. Le film éponyme de James Cameron, bien sûr, mais aussi Sphere ou même Leviathan. Néanmoins, le concept interpelle sur plusieurs points. À commencer par la volonté d’un retour aux sources, loin des frasques maritimes de productions abrutissantes. Comme l’exercice l’indique, la survie occupe une place centrale en de telles circonstances. A fortiori quand il s’agit d’un environnement inadapté à la présence humaine. En ce cas, le terme «hostile» s’avance comme un euphémisme puisque le danger provient de tous horizons.

Autre aspect pour le moins notable et contraignant à mettre en scène: réussir à entretenir l’intérêt et la tension dans un lieu restreint non par l’espace, mais les possibilités qu’il offre. Malgré une entame qui occupe près d’un tiers de l’histoire, l’exposition des personnages (également peu nombreux) délaisse les clichés inhérents au genre. Certes, l’on force un peu le trait sur certains points, mais l’ensemble se tient et ne sombre pas dans le pathétique. Une optique nécessaire pour susciter l’empathie lorsque les choses déraillent ou, en l’occurrence, quand les cages sombrent dans les abysses. Et pour cela, 47 Meters Down ne ménage pas ses efforts pour générer le suspense, parfois de manière plus subtile qu’escomptée.

La lumière est au bout... de la crevasse

La progression réaliste et nuancée va multiplier les menaces à différents niveaux. Le matériel tout d’abord. La cage vétuste, sa position au fond de l’océan, la communication radio, mais aussi l’oxygène des deux jeunes femmes. La peur de privation d’air agit comme un fil rouge tout au long de l’intrigue. Elle fonctionne même comme un compte à rebours inéluctable dont on se demande bien qu’elle pourra être la finalité. L’obscurité est un élément peu explicite et pourtant omnipotent. Le silence des profondeurs, la sensation de néant, l’impossibilité d’anticiper d’éventuelles menaces animales... L’appréhension toute psychologique de sortir et d’évoluer dans un tel lieu se rapproche d’une exploration spatiale.

Et les requins? À certains égards, on pourrait presque croire qu’ils sont secondaires. Le fait de se concentrer sur les urgences prioritaires (éviter l’accident de décompression, reprendre contact avec la surface...) leur permet d’endormir notre vigilance. Pour autant, leur présence se rappelle à nous dans les moments les plus inattendus pour mieux surprendre les protagonistes et le spectateur. Les attaques demeurent aussi réalistes que leur apparence. La silhouette massive des squales, leur vitesse et leur voracité font illusion. Les effets spéciaux sont convaincants et entretiennent la vulnérabilité absolue pour ces touristes de l’extrême. Sentiment accentué par l’absence de véritables moyens de défense.

Non, les touristes ne sont pas des appâts à requins

Au final, 47 Meters Down se révèle une très bonne surprise. Sous ses airs de huis clos sous-marin, le film de Johannes Roberts dilue une angoisse primale dans ces eaux abyssales. Si les grands requins blancs restent la figure de proue du danger qui plane littéralement au-dessus des deux sœurs, le simple fait de se retrouver coincé au fond de l’océan est un exercice de survie stressant. En l’espace de 90 minutes, l’intrigue parvient à maintenir le spectateur en alerte, notamment grâce à des séquences aussi oppressantes que variées. Qui plus est, le dénouement s’autorise une petite pirouette narrative étonnante pour jouer avec nos nerfs jusqu’au terme de l’expérience. Il en ressort un habile survival animalier, dont l’originalité rime avec efficacité.

A propos de l'auteur : Dante_1984

J'ai découvert le site en 2008 et j'ai été immédiatement séduit par l'opportunité de participer à la vie d'un site qui a pour objectif de faire vivre le cinéma de genre. J'ai commencé par ajouter des fiches. Puis, j'ai souhaité faire partager mes dernières découvertes en laissant des avis sur les films que je voyais.

Autres critiques

Fairy in a cage
On connaît le cinéma japonais pour son originalité, sa folie et, parfois, sa violence graphique exacerbée au possible. Loin des fondamentaux occidentaux, on y découvre la plupart du temps une singulière mise en scène, une culture traditionaliste prégnante à travers une histoire farfelue et incongrue au possible. Dans certains cas, les films sont plus posés, mais il ressort toujours une volonté...
Hinamizawa: Le Village Maudit
En 1983, Keiichi emménage dans le petit village d'Hinamizawa. Au sein de son école et en compagnie de ses nouvelles amies, il apprend les étranges croyances locales et une malédiction qui semble se répéter tous les ans lors d'un festival. Bientôt, la fête approche et, avec elle, la mort risque de frapper à nouveau... Adapter un manga en jeu vidéo s'est déjà vu par le passé. Ghost in the shell,...
Lake Placid : The Final Chapter
Aux abords de Lake Placid, une classe, un shérif et son acolyte, ainsi que des braconniers sont amenés à se rencontrer sur les berges inhospitalières du lac où ils vont avoir maille à partir avec les crocodiles géants du coin. La saga Lake Placid a bien mal vieilli au fil de ces dernières années. Depuis le premier volet, la franchise n'a cessé de sombrer dans les affres de la médiocrité,...
Ghost Rider : L'esprit de Vengeance
Le retour du Rider avec sa grosse moto enflammée et sa tête de carbonisé pas frais, vous l'attendiez avec impatience, hein, bande petits coquins ? Comment ça, non ? Je vois ce que c'est, vous pensez encore à Mark Steven Johnson ... mais rassurez-vous, braves gens, le réalisateur du premier opus n'est plus de la partie. A la place, vous aurez droit aux deux barjots derrière les Hyper Tension ...
Waterworld
Dans un futur lointain, la Terre est recouverte d'eau de part et d'autre du globe. Chacun tente de survivre à sa manière tandis qu'un groupe de rebelles poursuit une jeune fille dont le tatouage indiquerait une île, véritable Eldorado. En 1995, doté d'un budget monumental, Waterworld se présente comme le Blockbuster de la décennie. Figure du moment à Hollywood, Kevin Costner était...