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2000 Maniacs – Critique

2000 Maniacs
Après le succès de BLOOD FEAST, H-G Lewis remet le couvert avec plus de moyens. Un survival un peu avare en gore malgré sa réputation de film-choc. A réserver aux nostalgiques et à tout ceux qui s'intéressent un tant soit peu aux débuts du cinéma "gore".
Publié le 1 Janvier 2008 par Julien · Voir la fiche de 2000 Maniacs

Herschell Gordon Lewis, un nom aussi indissociable du cinéma d'horreur que celui de Romero, Fulci ou Argento. On évoque souvent H-G Lewis lorsque l'on s'intéresse aux débuts du cinéma "gore". Deux titres de Lewis sortent alors immédiatement du lot : Blood Feast (1963) et 2000 Maniacs (1964). Deux films qui, à l'époque de leur sortie, provoquèrent les foudres des critiques mais furent plébiscités par un public avide de sensations fortes. Car H-G Lewis, dans ses films, jouent beaucoup avec le voyeurisme du spectateur, laissant travailler à la fois l'imagination morbide de son public en retardant les séquences de meurtres, et en comblant l'attente générale par de gros plans sur les membres ensanglantés ou les corps démembrés. L'impact des premiers films de H-G Lewis aujourd'hui s'est amoindri (il faut dire que depuis, on en a vue des vertes et des pas mûres avec les Zombie, BrainDead, Premutos et autres L'Enfer des Zombies!) et la nouvelle génération qui a découvert le cinéma d'horreur avec les Vendredi 13, les Freddy, les Scream et consorts, ne retiendront que la pauvreté des décors, l'amateurisme de la réalisation et la médiocrité du jeu des acteurs.

2000 Maniacs, pourquoi ce titre ? Tout simplement parce que 2000 correspond au nombre d'habitants d'une petite ville perdue nommée Pleasant Valley et dans laquelle 6 malheureux touristes vont avoir le malheur d'atterir et d'être invités à un étrange centenaire. La ville est en effervescence et s'affaire autour des nouveaux arrivants, quelque peu réticents à l'idée de participer à un centenaire dont ils ne savent pas grand chose. Ils découvrent rapidement que ce n'est pas à une fête qu'ils sont conviés, mais à un jeu de massacre dont ils vont faire les frais...

Le scénario de 2000 Maniacs emprunte quelques éléments du Brigadoon (1954) de Vincente Minnelli dans l'idée de la ville fêtant son centenaire et disparaissant ensuite. Du reste, l'histoire se résume aux mises à mort dignes du théâtre du Grand Guignol des touristes "aiguillés" vers Pleasant Valley par deux hurluberlus, légèrement attardés sur les bords, de la ville. H-G Lewis prend tout son temps pour amener des séquences de meurtres plutôt originales comme celle du "tonneau insolite" (avec des clous plantés vers l'intérieur), celle de la "Course de Chevaux" (un écartelement avec quatre chevaux partant dans quatre directions différentes) ou encore celle du "jeu de lancer" (avec une pauvre victime écrasée par un gros rocher).

La mise en scène de Lewis témoigne à la fois d'un manque évident de moyens (le budget est estimé à environ $65, 000) et d'un amateurisme à la fois touchant et frustrant. En effet, il est difficile de ne pas imaginer ne serait-ce qu'une minute ce qu'aurait pu être 2000 Maniacs avec les moyens actuels. Mais c'est aussi ce que l'on aurait pu se dire en voyant Massacre à la tronconneuse (1974) et, à la vision de son remake de 2003 (au demeurant un bon film d'horreur), on ne peut s'empêcher de reconsidérer la réelle nécessité de faire un remake (à noter cependant que cela peut être un bon moyen de faire (re)découvrir des chefs-d'oeuvres d'un cinéma qui n'a jamais vraiment eu bonne presse). Car un film est également le "reflet", en quelque sorte, d'une époque. Avec cette approche, on peut alors concevoir qu'un film comme 2000 Maniacs ou Massacre à la tronçonneuse ne pourrait se faire de la même façon aujourd'hui, quand le cinéma est devenu une industrie juteuse où l'on prend des décisions plus par soucis de rentabilité que de crédibilité artistique.

2000 Maniacs souffre malheureusement de longueurs, meublées par des dialogues inintéressants et plombés par une mise en scène assez "statique" (mais c'est également proportionnel aux moyens à disposition) et des cadrages parfois approximatifs. Et concernant le "gore", il se résume à un doigt coupé au couteau, un bras tranché à la hache, des membres apperçus brièvement et... c'est tout. Pour l'amateur de gore d'aujourd'hui, c'est plutôt maigre. Enfin, le jeu médiocre de certains acteurs (quoique le Maire et les deux nigauds de service semblent se donner à fond dans leurs rôles), pas vraiment flattés par un doublage en version française horrible, risque également d'en faire déchanter plus d'un. Reste que 2000 Maniacs est aujourd'hui un film d'horreur - que l'on rangera du côté des survivals - qu'il faut avoir vu au moins une fois (ce devrait être amplement suffisant) et qu'il faut absolument replacer dans le contexte de sa sortie en 1964 pour l'apprécier à sa juste valeur.

Enfin, les amateurs du compositeur Fabio Frizzi risquent d'être quelque peu surpris d'entendre, à plusieurs reprises, des extraits des partitions de L'Au-delà de Fulci sur les images du film de H-G Lewis. La partition originale de Lewis et Wellington a été (honteusement!) remplacée sur le support VHS que nous autres français avons eu entre les mains. Vous aurez donc droit à des musiques country (par les "Pleasant Boys" yeah!) et des extraits de la bande-son de L'Au-delà, ne collant pas vraiment avec les séquences qu'ils sont sensés illustrer.

Julien
À propos de l’auteur : Julien

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