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Bloody Bird – Critique

Bloody Bird
Une troupe d'artistes de seconde zone tente de monter un spectacle musical. Tout près d'eux, un psychopathe parvient à s'échapper d'un asile d'aliénés. L'épilogue n'arrange rien, prouvant définitivement que ce film n'apportait rien de neuf au genre dès sa sortie.
Publié le 8 Février 2010 par GORE MANIAC · Voir la fiche de Bloody Bird
Une troupe d'artistes de seconde zone tente, tant bien que mal, de monter un spectacle musical mélangeant érotisme et frissons. Tout près d'eux, un psychopathe parvient à s'échapper d'un asile d'aliénés.

Réalisé en 1987, à une époque où les slashers vont bon train et que les comédies musicales retrouvent un second souffle sur le grand écran, le cinéaste italien Michele Soavi signe un mélange de ces deux genres, en imaginant un huis clos meurtrier dans un petit théâtre de banlieue.

Jusqu'à Bloody Bird, Soavi est un austère touche à tout, à la fois scénariste, acteur figurant et assistant réalisateur chez Argento (Ténèbres, Phenomena). D'Argento, il retire néanmoins quelques enseignements qui lui permettront de passer derrière la caméra pour diriger ce film astucieux sur un plan commercial. En effet, dès le générique, on sent que Soavi veut pouvoir bénéficier d'une diffusion internationale (cf. son pseudonyme, Michael Soavi).


Côté casting, peu de visages connus, hormis Barbara Cupisti, entrevue dans quelques seconds rôles (L'Eventreur de New York, Opera). La trame du film se résume en quelques lignes. Une troupe de comédiens ratés répétant un spectacle, un psychopathe échappé d'un asile qui prend la place du tueur masqué dans la pièce, et le tour est joué.

Les slashers font recette et il n'est pas simple de sortir des rangs. Les décors et le style visuel du tueur sont les seuls points pouvant sérieusement démarquer Bloody Bird de ses contemporains.
En effet, les différentes pièces de ce vieux théâtre offrent de multiples univers à Soavi, qui ne parvient pas toujours à les mettre en lumière, la faute à une mise en scène modeste. Toutefois, certaines scènes sont plutôt réussies et fleurent bon l'ambiance d'un bon vieux giallo des familles (la scène de la douche, le meurtre à la tronçonneuse, le meurtre à travers la porte).
Néanmoins, ces moments assez oppressants sont quelque peu ternis par un jeu de caméra médiocre et une bande-originale franchement criarde (associée à un doublage pour la version française assez moyen). Avec des débuts vintage sonnant très Fame, la partition musicale de Simon Boswell est plus agaçante qu'intriguante ou frémissante. On le regrette énormément car, par saccades, la BO apporte une atmosphère troublante qui aurait mérité de durer (cf. la longue scène dans les couloirs, avec l'héroïne).
Le look du tueur est l'autre point fort du métrage. Avec son masque de hibou, le criminel est loin d'être ridicule et apporte une dimension quasi surnaturelle à son possesseur. De plus, on peut penser à une référence au Dieu Pan, et à la suprématie de Mère Nature sur une humanité décadente et dégénérée, à l'instar des héros, qu'on ne plaindra finalement pas de leur sort. Soavi pouvait par contre éviter de donner un visage à son criminel, ce qui lui aurait permis d'augmenter encore son aura mystique.


Les autres personnages sont assez ternes, voire détestables. Seule l'héroïne, Alicia, attire un peu de pitié, son regard lunaire offrant une fragilité nécessaire à ce genre de composition. Barbara Cupisti aurait probablement mérité une carrière plus marquante, mais se retrouve bien mal entourée ici.

Cette impression de déjà vu, mais aussi cet aspect vieillot entache énormément ce long-métrage. L'épilogue n'arrange rien à l'affaire, n'évitant pas une surenchère naïve et inutile, prouvant définitivement que ce film n'apportait rien de neuf au genre dès sa sortie, ne faisant que suivre le mouvement en tentant de masquer son manque de créativité par un visuel faussement travaillé.

Sept ans plus tard, Michele Soavi s'assurera une certaine réputation dans le cinéma de genre avec le romantico-macabre Dellamorte Dellamore, se situant quand même davantage dans la trempe d'un Lamberto Bava ou d'un Lucio Fulci que dans celle des maîtres transalpins que sont Mario Bava et Dario Argento, ne disposant même pas du sens du malsain d'un Joe d'Amato, d'ailleurs producteur de ce Bloody Bird.

GORE MANIAC
À propos de l’auteur : GORE MANIAC

J'essaie de partager ma passion pour un cinéma méconnu, mais qui mérite incontestablement qu'on s'y arrête !

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