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Vampire Lovers – Critique

Vampire Lovers
En Styrie, au début du XIX ème siècle, d'étranges morts se succèdent tandis qu'une jeune femme s'immisce dans la vie d'une fille de bonne famille. Bien qu'inventif dans sa forme et son traitement, Vampire Lovers peine à trouver le souffle nécessaire à ce que son histoire pouvait laisser présage
Publié le 20 Août 2010 par GORE MANIAC · Voir la fiche de Vampire Lovers

En Styrie, au début du XIXème siècle, d'étranges morts se succèdent tandis qu'une jeune femme s'immisce dans la vie de Laura, une fille de bonne famille.

Au début des années 70, après l'énorme succès de ses franchises phares, principalement les Dracula et Frankenstein, la Hammer se devait d'apporter un peu de sang frais à sa ligne éditrice. Ainsi, en explorant par exemple une autre attraction du mythe vampirique : son aura séductrice !

En 1970, sort donc Vampire Lovers. Le scénario est une adaptation de la nouvelle de Sheridan Le Fanu, Carmilla. Ecrite en 1871, cette oeuvre a jeté les bases du vampirisme littéraire et a beaucoup inspiré Bram Stoker pour son Dracula.
On peut aussi dénoter dans le scénario de Tudor Gates quelques références à la comtesse Bathory. Là où les précédents films vampiriques de la Hammer portaient essentiellement sur le charisme hypnotique de l'écrasant Christopher Lee, Vampire Lovers privilégie une autre forme de domination, celle plus latente et déviante encore de la psychologie.

Lors d'un bal d'anniversaire huppé, un général (Peter Cushing) accepte de loger dans son château la fille d'une comtesse venant d'arriver dans les environs. La fille du général, victime désormais de troublants cauchemars, se laisse séduire par la nouvelle venue (Ingrid Pitt).

Même s'il tente de changer quelque peu sa mise en forme de la terreur, la Hammer conserve un style visuel et narratif rapidement identifiable.
Ainsi, la campagne et les familles de nobles dignitaires posent les bases solides d'une oeuvre qui proposera d'emblée une certaine rupture. En effet, avant même le début du générique, Roy Ward Baker (Le Club des Monstres, La Légende des Sept vampires d'Or) pose sa griffe inimitable sur ce métrage en s'appuyant sur l'aspect érotique du vampire. Ici, le crucifix brûle en effet la poitrine de la créature, Baker rendant ambivalent le visage du vampire, plus que jamais aussi dangereux qu'attirant.

Le réalisateur le plus reconnu de la Hammer reste Terence Fisher. Toutefois, Baker est probablement le plus original et le plus irrévérencieux des metteurs en scène de la firme anglaise. Après des débuts à la télévision, Baker sera surtout réputé pour sa féminisation du personnage de Hyde, dans la variation la plus troublante de la nouvelle de Stevenson.
D'ailleurs, l'ambiguïté sexuelle est l'un des thèmes les plus marquants de Vampire Lovers, qui dévoile l'homosexualité féminine sans fards, les corps dénudés apportant une dimension érotique criante et singulière, même pour un produit Hammer.

On peut aussi déceler une touche de féminisme dans ce long-métrage. En effet, la présence de Peter Cushing au générique peut être perçue avant tout comme un énième sarcasme de Baker, la star mythique du studio étant fortement en retrait et faisant principalement office de passerelle entre deux périodes de la Hammer.
Entrevue dans Quand les Aigles Attaquent, l'actrice Ingrid Pitt prête sa plastique avantageuse au rôle de Carmilla. La scène de l'enterrement lui permet d'appuyer le côté troublant de ce personnage, son viril jeu de voix confirmant la vision particulière de la femme chez Baker (que Martine Beswick amplifiera dans Dr Jekyll et Sister Hyde). L'oeil las, le visage triste, Ingrid Pitt ne possède pourtant pas la beauté mélancolique des grandes actrices gothiques.

Cet aspect factice semble d'ailleurs être le maître-mot chez les personnages de ce métrage. Les victimes de Carmilla sont en effet bien désinvoltes et naïves, raillerie d'une éducation bourgeoise désuète.
Mais à la longue, cette ironie cachée mais continue finit par imprégner le film d'un faux rythme qui gâche quelque peu la vision d'ensemble, et surtout l'impact du film sur le spectateur.

Car, bien qu'inventif dans sa forme et son traitement, Vampire Lovers peine à trouver le souffle nécessaire à ce que son histoire pouvait laisser présager, n'explorant pas assez certains personnages secondaires (la comtesse accompagnant Carmilla, le général, le mystérieux vampire muet surveillant l'héroïne) et manquant de percussion dans les moments clés (cf l'épilogue, trop sage et expéditif), laissant une légère forme d'amertume, au final.

GORE MANIAC
À propos de l’auteur : GORE MANIAC

J'essaie de partager ma passion pour un cinéma méconnu, mais qui mérite incontestablement qu'on s'y arrête !

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