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Evil Dead Burn – Critique

Evil Dead Burn

Sébastien Vaniček réussit un exercice délicat : respecter les codes d'Evil Dead tout en refusant de s'y enfermer.

Publié le 7 Juillet 2026 par Geoffrey · Voir la fiche de Evil Dead Burn

Après avoir retrouvé le chemin du succès via le remake de 2013, puis poursuivi l'expérience avec Evil Dead Rise, sans oublier le passage sur le petit écran via l'excellente série Ash Vs Evil Dead, la saga créée par Sam Raimi semblait s'offrir une seconde jeunesse. Restait à savoir si elle pouvait continuer à se renouveler sans se contenter de reproduire mécaniquement sa formule.

Avec Evil Dead Burn, Sébastien Vaniček apporte une réponse particulièrement convaincante : oui, c’est possible, à condition d'y injecter suffisamment de folie, de cruauté et d'audace. Car si on abordait ce nouvel épisode avec une certaine appréhension, on en ressort avec l'impression d'avoir assisté à l'un des films d'horreur les plus méchants de ces dernières années.

Révélé par les araignées de Vermines, le réalisateur français ne s'est manifestement pas laissé broyer par la machine hollywoodienne. Sam Raimi lui a offert les pages du Necronomicon et Vaniček s'en est emparé avec un enthousiasme presque inquiétant. Evil Dead Burn est exactement le film que l'on pouvait espérer de lui : brutal, viscéral, méchant, parfois excessif, mais constamment animé par une véritable vision de cinéma et par quelques gimmicks personnels (Vaniček apprécie apparemment beaucoup les baskets).

L'histoire suit cette fois Alice, interprétée par une impeccable Souheila Yacoub, une jeune femme dont le mari trouve la mort dans un accident de voiture. Elle rejoint donc la demeure de sa belle-famille pour lui rendre un dernier hommage, mais une présence démoniaque va bien entendu venir jeter le trouble parmi les habitants endeuillés avant de les transformer en deadites particulièrement déchaînés.

Comme souvent dans la saga, l'intrigue tient sur quelques lignes, mais elle sert ici de support à un spectacle horrifique d'une remarquable efficacité. Vaniček n’est pas là pour tourner autour du pot et cela se ressent dans chaque séquence. Le cinéaste repeint littéralement la maison à l’aide de litres d'hémoglobine, multiplie les trouvailles visuelles et invente mille manières de faire souffrir ses personnages avec une ligne directrice tournant autour du feu (d'où le Burn du titre). Rarement a-t-on vu des personnages en chi** à ce point dans le cinéma d'horreur mainstream.

Certaines scènes flirtent ouvertement avec les limites de ce qu'un studio peut encore montrer de nos jours et le film semble prendre un plaisir contagieux à repousser toujours plus loin le curseur du mauvais goût, notamment via un baiser plus que passionné (nous n'en dirons pas plus à ce sujet).

Pour couronner le tout, les mouvements de caméra, les plans-séquence et la façon dont la maison devient un véritable personnage témoignent d'une mise en scène inventive et constamment dynamique.

Mais la véritable réussite de Burn réside dans sa capacité à retrouver l'esprit profondément raimien de la franchise. Ce mélange si particulier de grotesque, d'humour noir et d'horreur viscérale est omniprésent. Le film provoque autant de grimaces de dégoût que d'éclats de rire nerveux. Il est glorieusement sale, volontairement excessif, et possède ce côté « sale gosse » qui faisait tout le charme des meilleurs épisodes, le tout au service d’un message qui, s’il est martelé avec la subtilité d’un tractopelle, n’en demeure pas moins pertinent.

Le film se permet ainsi d'aborder des thématiques plus contemporaines, en utilisant la possession démoniaque comme métaphore de l'emprise, des violences conjugales et des traumatismes familiaux. Cette dimension apporte une certaine épaisseur au récit, même si elle reste parfois un peu trop (voire beaucoup trop) démonstrative. C'est sans doute là que réside la principale faiblesse du long métrage, mais difficile de trop lui en vouloir tant l'énergie déployée derrière la caméra emporte l'adhésion.

Résultat, un Evil Dead spectaculaire, généreusement gore et furieusement méchant.

Geoffrey
À propos de l’auteur : Geoffrey

Comme d'autres (notamment Max et Dante_1984), je venais régulièrement sur Horreur.net en tant que lecteur, et après avoir envoyé quelques critiques à Laurent, le webmaster, j'ai pu intégrer le staff début 2006. Depuis, mes fonctions ont peu à peu pris de l'ampleur.

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