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L'attaque du requin à trois têtes

Production opportuniste et dénuée de la moindre cohérence, L’attaque du requin à trois têtes se solde sans grand étonnement par un moment de cinéma bâclé et plus qu’improbable. Une imbécillité sur nageoire clairement dispensable.
Publié le 3 Septembre 2017 par Dante_1984Voir la fiche de L'attaque du requin à trois têtes
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Qu’y a-t-il de plus absurde qu’un requin à deux têtes? Un requin à trois têtes! Forcément! C’est sûrement sur ce genre blagues idiotes et pleines de non-sens qu’a dû naître l’idée de donner une suite à L’attaque du requin à deux têtes, survival animalier de sinistre mémoire. À la barre de ce naufrage cinématographique annoncé, on retrouve Christopher Ray, grand habitué de ce type de pellicule de seconde (troisième?) zone. En l’espace de trois ans, rien ne semble avoir changé dans la formule initiée par un premier opus oubliable à plus d’un titre. Au vu des ambitions et des moyens mis en œuvre, c’est sans surprise que le pire est à venir... Enfin, pas tout à fait.

L'instant bronzette tue !

Dans leur grande mansuétude, les scénaristes ont fait l’effort de proposer une suite (il)logique à l’«histoire» de son prédécesseur. Son final donne lieu à des recherches scientifiques sur le «vortex maritime» qui a engendré un écosystème dégénéré au cœur de la pollution environnante. En dépit de son caractère improbable, une idée somme toute sympathique au regard du produit. Ainsi, on a l’impression que les premiers instants de la bobine sont une sorte de huis clos sous-marin à la Peur Bleue. Les laboratoires recueillant plusieurs espèces endémiques. Or, cet aspect n’est jamais exploité, tout juste à peine évoqué.

Exit donc les bestioles dégénérées pour se concentrer sur un spécimen beaucoup plus imposant et dangereux: le fameux requin à trois têtes. Là encore, on peut s’insurger contre le design hautement abominable du squale ou son comportement erratique. Or, si ses exactions maritimes rivalisent d’idioties (sauts de baleine, chasse aux débris et autres ordures dans la mer...), on notera que les textures du requin sous l’eau s’avèrent plutôt correctes. Certes, l’on a droit aux mêmes images qui tournent en boucle, mais un petit effort a été fait de ce côté-là. Un élément qui contraste grandement avec ses attaques à l’air libre puisqu’on touche le fond lorsqu’il sort les têtes hors de l’eau.

Non, la mer n'est pas une poubelle

Chacune d’entre elles semble indépendante tout en formant un ensemble incohérent et désordonné quand il s’agit de casser la graine. On pourrait s’attendre à trois fois plus de dégâts avec un tel animal. En cela, il est vrai que le nombre de victimes est plus que généreux, mais les assauts où les trois têtes se régalent simultanément restent relativement rares. Exception faite sur l’un des navires. Les démembrements sont, en ce sens, très sommaires et éjectent le casting à la va-vite dans l’une des trois gueules. Soit dit en passant, aucun ne parvient à s’imposer. La faute à des échanges et des réparties autant ridicules qu’inutiles.

Le reste est tout aussi catastrophique que son aîné. À savoir, une bonne dose d’absurdités et d’imbécillités en tout genre pour tenter de tenir tant bien que mal plus de 80 minutes. Pour ce faire, on use de tous les artifices nécessaires à une progression alambiquée et détournée pour justifier la traque. Tout d’abord en pleine mer, un aspect classique et récurrent. Puis de conclure la croisière sur une île afin de régler son compte au requin. Un choix qui se passe de commentaires et lorgne sur l’ignoble Jurassic Shark. Seul point positif, le rythme assez énergique pour faire s’enchaîner les situations sans donner le temps au spectateur de s’ennuyer. Complètement bête et irréaliste au possible, mais dynamique.

Machete tue encore !

Au final, L’attaque du requin à 3 têtes est un survival animalier mauvais qui se révèle à peine meilleur que le premier volet. L’on remarquera quelques efforts sporadiques qui, malgré leur présence à l’écran, ne rattrapent en rien un «scénario poubelle» où les velléités d’un requin à trois têtes n’ont pour objectif que de contenter le chaland amateur de ce type d’exercice. Incapable de se hisser au-delà des relents pollués d’un genre maintes fois malmené, le film de Christopher Ray joue la carte du troisième degré sans pour autant faire de vagues. Il en résulte un produit négligeable, calibré pour se fondre dans la masse des DTV et autre téléfilm fauché. Aucune surprise, juste un énième étron du septième art.

A propos de l'auteur : Dante_1984

J'ai découvert le site en 2008 et j'ai été immédiatement séduit par l'opportunité de participer à la vie d'un site qui a pour objectif de faire vivre le cinéma de genre. J'ai commencé par ajouter des fiches. Puis, j'ai souhaité faire partager mes dernières découvertes en laissant des avis sur les films que je voyais.

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