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Bête - Sasquatch Mountain, La – Critique

La Bête - Sasquatch Mountain
Le Bigfoot tente de voler la politesse aux monstres légendaires du Septième Art dans cette traque nanardesque emmenée par Lance Henriksen, plus à l'aise lorsqu'il s'en prenait aux Aliens...
Publié le 1 Janvier 2008 par GORE MANIAC · Voir la fiche de La Bête - Sasquatch Mountain
Des braqueurs de banques sont victimes d'un accident de voiture durant leur fuite. Ils kidnappent la conductrice de l'autre véhicule et s'enfuient dans les bois environnants, poursuivis par le sheriff et ses jeunes adjoints. Le Bigfoot, parent nord américain du Yéti, fait l'objet d'un certain culte et a, comme d'autres monstres légendaires, inspiré moultes personnes. Le cinéma n'a pas dérogé à cette règle, même si cette créature n'a jamais eu droit aux moyens des lycanthropes et autres gorilles géants du Septième Art. Il se contente surtout de films destinés aux secteurs de la vidéo et de la télévision. Sasquatch Mountain, connu sous de multiples titres en France, est donc un produit de commande destiné à être rentable, mais guère regardant sur l'intérêt anthropologique du bestiau. La plus célèbre vidéo prise sur cet ancêtre de l'Homme sert de point de départ à l'intrigue de ce téléfilm, qui officialise Lance Henriksen comme chasseur confirmé de cette créature simiesque.

En effet, le célèbre Bishop de la série Alien, courtisé par la télévision depuis le succès de la série Millennium, avait déjà coursé après le Bigfoot dans un autre long-métrage : Traque Sauvage (2003). Mais les années passent et Henriksen n'a plus le visage d'un jeune premier. A ses côtés, Cerina Vincent, dont la séance d'épilation était le seul moment attractif de Cabin Fever, est l'autre figure connue du générique, face à quelques habitués de séries télé (dont Michael Worth, échappé d'Agence Acapulco). Au bout d'un quart d'heure, le scénario ne nous cache plus rien de son but : coincer les méchants braqueurs et les gentils dans une forêt abritant un grand dadet poilu, en panne de rôle depuis la mise à la retraite de Chewbacca et des Ewoks. La bestiole est souvent filmé de manière floue, afin d'éviter les gros plans sur des maquillages sans réelle classe, le tout dans un visuel mauve assez désagréable, guère en corrélation avec l'atmosphère forestière. Les méchants finissent par avoir des états d'âmes, au rythme d'une bande originale au piano censée provoquer l'émotion chez le téléspectateur, mais ne masquant pas le vent cheminant entre les oreilles d'un scénariste probablement renvoyé d'Alerte à Malibu pour attitude je-m'en-foutiste. Le Bigfoot finira par amener les rescapés à s'enfermer dans un spacieux chalet, et leur jetera des pierres à la figure, probablement pour leur demander, dans son dialecte à lui, de se taire.

Car, le plus effrayant dans ce métrage (outre son existence), ce sont les dialogues. Entre les repentis méchants et les gentils CONciliants, les échanges abrutissants et sans épaisseur fourmillent de partout. On peut presque parfois penser qu'il s'agit d'une parodie et on aurait préféré à vrai dire, mais le fait que cette petite troupe ne finisse pas par sortir un Monopoly autour d'une soirée au coin du feu confirme tout le sérieux du scénariste et du metteur en scène. La scène la plus représentative de cet esprit d'équipe aberrant dans ce genre de situation est la sollicitude du chef des braqueurs pour le sheriff, vieillard fatigué, lorsque celui-ci est victime d'une crise cardiaque après avoir tenté de le tuer. Inutile de préciser que le final s'achèvera de manière optimiste, comme tout produit commercial américain qui se respecte. Néanmoins, tout n'est pas irrécupérable dans ce produit basique destiné à occuper une soirée entre amis. Malgré un doublage français guère convaincant ici, Henriksen assure tout de même cette chasse avec une certaine efficacité. Les temps morts sont absents et les décors naturels permettent de sortir des sentiers battus des sempiternels slashers situés dans les campus. Pas effrayant pour un sou, le héros poilu de ce métrage présente au moins le mérite de nous changer quelque peu des monstres habituels. En résumé, une oeuvre de commande qui, sans retenir l'attention au delà du pénible générique de fin metal (une autre habitude chez nos voisins d'outre-atlantique) assure son objectif initial : divertir, à défaut d'autre chose.

GORE MANIAC
À propos de l’auteur : GORE MANIAC

J'essaie de partager ma passion pour un cinéma méconnu, mais qui mérite incontestablement qu'on s'y arrête !

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