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Halloween – Critique

Halloween

Un remake qui vous met l'eau à la bouche avec une première partie intéressante mais qui perd de sa saveur une fois la partie "remake" entamée. L'ensemble est bien emballé mais ne fait pas beaucoup d'ombre au film culte de John Carpenter.

Publié le 1 Janvier 2008 par Julien · Voir la fiche de Halloween

S’il y a un remake qui était attendu au tournant à sa sortie, c’était bien celui du cultissime HALLOWEEN de John Carpenter. Comme pour bon nombre de remakes, on se demandait en toute légitimité ce qui pouvait bien justifier une telle entreprise, le film de John Carpenter n’ayant pas trop pris de rides et son statut de classique du genre n’étant plus à remettre en jeu. Mais bon, après tous les remakes qu’on a pu voir débouler dans les salles, on est plus à un remake près. Et puis lorsque le nom du réalisateur s’est fait connaître, on s’est finalement dit pourquoi pas ? Le metteur en scène de House of 1,000 Corpses et The Devil’s Rejects ayant prouvé avec ces deux films qu’il était aussi qualifié qu’un autre (sinon plus) pour se lancer dans l’aventure. Etait-ce pour autant une bonne idée ?

Le film se divise clairement en deux parties (ou trois à la rigueur) : l’enfance de Michael Myers et ses débuts de boogeyman jusqu’à son internat en hôpital psychiatrique, puis son retour à Haddonfield bien des années plus tard un 31 octobre naturellement. La première partie est sans doute la plus intéressante et la plus réussie même si l’enfance de Michael Myers n’est pas des plus originales : tête de turc à l’école, le pauvre Michael doit en outre supporter un beau-père débile et poivrot, une maman strip-teaseuse et une grande sœur aguicheuse… Rob Zombie filme tout ça de manière directe et sans fioritures avec de bonnes idées (la passion des masques du jeune Myers). Et pourtant, il manque un petit quelque chose pour que l’esprit du spectateur soit vraiment marqué par cette période cruciale dans la vie du célèbre tueur d’Haddonfield.

Et que penser de l’acteur Daeg Faerch, qui incarne le jeune Michael Myers ? Il a l’air de tout sauf d’un innocent (à l’inverse du jeune garçon que l’on découvre à l’issue de la scène d’ouverture du film original). Malgré le côté froid que le jeune garçon laisse transparaître (son jeu est quand même assez limité), on a un peu de mal à accrocher à son immersion dans la violence et ses motivations sont floues (inexistantes ?). Certaines séquences désamorcent même cette montée dans la violence (les interviews avec Loomis au cours desquelles le jeune Myers est bien bavard ne collent pas vraiment avec la tuerie froide et implacable dont il a gratifié le spectateur quelques minutes plus tôt).

Passé donc la première partie du film et à partir de son évasion, le film de Rob Zombie se transforme en remake standard, sans grandes surprises et sans réelle prise de risque par rapport au film de Carpenter. La reprise de certaines scènes marquantes (quand il ne s'agit pas de certains plans) du film original n’arrange pas les choses. Force est donc de reconnaître que malheureusement, il semble que le difficile exercice du remake (d’un film culte pour ne rien gâter) n’est pas l’apanage de tout le monde. Rob Zombie fait toutefois preuve d’une réelle efficacité dans la plupart des scènes du film avec une mise en scène dynamique et des cadrages intéressants. Mais cela ne fait pas tout.

Et le mythique thème musical de Carpenter ? Les morceaux que l’on reconnaît dès les premières notes parviennent à nos oreilles quand les images qui défilent ne s’y prête pas forcément au final. Tyler Bates semble s’être un peu emmêlé les pinceaux dans ses partitions. Dommage. Dans un registre différent, on pourra apprécier quand même quelques caméos qui font plaisir aux fans (Danny Trejo et sa tronche burinée, Brad Dourif, Ken Foree, Sid Haig…). Sympa de la part de Zombie.

Le film de l'ami Rob n’est pas mauvais mais souffre beaucoup trop – comme pour la plupart des remakes de toute façon – de la comparaison avec le film original et de son manque d’audace (hormis dans la première partie du film, et encore). L’auteur de ces lignes étant un fan inconditionnel du film de Carpenter, il n’est peut-être pas objectif à cent pour cent avec le film de Rob Zombie (que je préfère définitivement derrière un micro). Le mieux est donc de voir le film et de vous faire votre propre opinion...

Julien
À propos de l’auteur : Julien

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