Voir la fiche complète du film : Saw 6 (Kevin Greutert - 2009)

Saw 6 – Critique

Saw 6

Un bon épisode, parfois agaçant avec tous ses flashbacks, mais qui offre au spectateur son lot annuel de scènes inventives...

Publié le 28 Novembre 2009 par Geoffrey · Voir la fiche de Saw 6

Chaque année c'est la même rengaine: aux environs d'Halloween, un nouvel épisode de la saga Saw débarque sur les écrans et divise de plus en plus les fans et les détracteurs de la série. L'opus qui nous occupe aujourd'hui (déjà le sixième!) a en plus le handicap de présenter un titre propice aux moqueries faciles et il faut bien avouer que les légions de blagues charcutières sont vite devenues pénibles pour les fans.
Malgré tout, après un Saw 4 en demi-teinte et un Saw 5 qui relançait légèrement l'intérêt de la saga, ce Saw 6 était attendu de pied ferme par les personnes friandes de tortures et de pièges machiavéliques. Allait-il enfin renouer avec la qualité des débuts ou au contraire sonnerait-il le glas des aventures de Jigsaw? Début de réponse dans cette modeste critique...


Ce bon vieux John. Quand y en a plus, y en a encore...

L'agent spécial Strahm est mort, et le détective Hoffman s'impose alors comme le légataire incontesté de l'héritage de Jigsaw. Cependant, tandis que le FBI se rapproche de plus en plus dangereusement de lui, Hoffman est obligé de commencer un nouveau jeu qui révélera enfin quel est le véritable grand dessein derrière les machinations de Jigsaw...


Hoffmann et ce qui reste de l'agent Strahm...

Ce sixième opus s'ouvre comme à l'accoutumée sur une scène d'introduction bien barbare et dégueulasse. Cette fois, deux personnes sont enfermées et c'est celle qui mettra le plus de chair dans la balance qui gagnera le droit de vivre. Très efficace, cette introduction a le mérite de caler le spectateur dans son siège. La suite s'articulera autour du parcours iniatique d'une seule personne, laquelle déambulera de salle en salle et sera confrontée à des choix cornéliens, à l'image de ce qui avait déjà été fait dans Saw 3. La différence avec ce dernier, c'est que les scénaristes ont cette fois choisi de s'attaquer au système de santé américain via le personnage de l'assureur et cette prise de position fait plaisir à voir dans un film de ce genre même si cela reste un peu facile et caricatural. Par contre, cette manière de faire amènera une grosse incohérence par rapport au reste de la saga: alors que jusque là Jigsaw "offrait" à ses victimes une chance de survivre et d'apprécier leur vie, dans Saw 6 il y a systématiquement une personne qui doit mourir pour qu'une autre s'en sorte. Si le procédé est efficace pour maintenir la tension et l'intérêt des pièges, force est de constater que celà cadre mal avec les méthodes du tueur au puzzle.


Une "compétition" avec la survie pour enjeu...

Le scénario est par ailleurs assez bien fichu et limpide malgré un abus assez agaçant de flashbacks. Si ceux rappelant des éléments des épisodes précédents sont nécessaires, les flashbacks de scènes que l'on a vues dix minutes auparavant apparaissent comme inutiles, voire pire: le spectateur a parfois l'impression qu'on le prend pour un abruti sans mémoire! Mais hormis cette petite carence, l'histoire suit son petit bonhomme de chemin et reste étonnament cohérente à défaut d'être crédible. Il est par contre indispensable d'avoir vu les épisodes précédents au moins une fois pour apprécier pleinement ce sixième volet. Les néophytes seront inévitablement largués et ne pourront se rabattre que sur les tortures machiavéliques et bien perverses pour passer le temps.

Concernant ces dernières, on peut dire que les scénaristes se sont surpassés. Si les tortures de Saw 4 et Saw 5 avaient pu paraître un peu fades à coté de ce qui avait été fait auparavant, celles de Saw 6 valent le détour malgré qu'elles soient nettement moins gores. Mais ce qu'elles ont perdu en hémoglobine, elles l'ont gagné en tension et en inventivité. Car comment rester de marbre devant le diabolique "tourniquet" ou encore face au "labyrinthe"? Le sang ne coule pas à flot mais la tension est là, et c'est tant mieux! On pourra toujours mégoter sur la crédibilité des pièges mais honnêtement, il y a déjà un moment que ceux-ci sont si "hénaurmes" que cela ne gène plus les fans.


L'excellent Peter Outerbridge a des soucis...

C'est que Kevin Greutert a fait du bon boulot pour sa première réalisation. Certes il est encore loin d'être le nouveau réalisateur de l'année mais sa caméra est fluide et moins épileptique que celle de Bousman. Malheureusement, le montage "Cut" inhérent à la série a été conservé et donne parfois un peu mal à la tête. Mais dans l'ensemble, la réalisation est de bonne facture.

L'interprétation est également d'un niveau acceptable. Même Costas Mandylor semble avoir retrouvé un peu d'énergie et nous offre plus qu'une simple présence à l'écran. Certaines de ses expressions font bien ressentir les sentiments d'Hoffmann et son charisme s'en trouve amélioré. On reste évidemment loin d'une interprétation méritant un oscar mais comparé à ses prestations précédentes, il y a un mieux.
Tobin Bell est égal à lui-même en Jigsaw tandis que Shawnee Smith fait un retour appréciable dans le rôle d'Amanda.
Mais la bonne surprise de cet épisode vient de Peter Outerbridge qui incarne l'assureur soumis aux épreuves perverses du tueur au puzzle. Cet acteur expérimenté met son talent au service d'un personnage bien cynique comme il faut et apporte un vrai plus à l'acting général du film. Quand on sait que ce sixième film repose en grande partie sur ses épaules, c'est très appréciable.


Très sympa le coup du labyrinthe mortel

Le fameux twist final qui a fait la renommée de la saga est évidemment présent dans cet épisode et s'il ne fera tomber personne de sa chaise, il a au moins le mérite de nous donner envie de voir la suite.

En conclusion, que retenir de ce Saw 6? Et bien déjà, il est clair qu'il n'y a que les fans qui pourront l'apprécier. Le néophyte sera perdu dans la multitude de personnages qu'il ne connait pas et les nombreux flashbacks termineront de le laisser sur le carreau. Ils pourront éventuellement toujours apprécier les séquences des pièges mais le scénario est clairement destiné aux connaisseurs. Malgré tout, il est temps que tout celà s'arrête car la saga commence à vraiment tourner en rond et perd peu à peu sa crédibilité. Espérons que Saw 7 soit le dernier. Et c'est un fan irréductible de la série qui vous le dit !

Geoffrey
À propos de l’auteur : Geoffrey

Comme d'autres (notamment Max et Dante_1984), je venais régulièrement sur Horreur.net en tant que lecteur, et après avoir envoyé quelques critiques à Laurent, le webmaster, j'ai pu intégrer le staff début 2006. Depuis, mes fonctions ont peu à peu pris de l'ampleur.

Autres critiques

Saint

Saint

Au Pays-bas, tout comme dans ma Belgique natale, Saint-Nicolas est une institution au moins aussi populaire que le Père Noël, si pas plus. Basée sur une personne ayant réellement existé, Nicolas de Myre, la légende veut qu'il aurait ressuscité trois enfants tués par un boucher. Ce faisant, il est devenu le protecteur des enfants, des veuves et des gens faibles. Bref, un personnage...
The Turning

The Turning

À l’instar d’autres fleurons gothiques de la littérature anglo-saxonne, Le Tour d’écrou est un récit qui a été adapté à maintes reprises dont la plus célèbre itération demeure Les Innocents . Le métrage de Jack Clayton s’est notamment distingué par son ambiance exceptionnelle et l’appropriation de l’ambiguïté qui définissait la nouvelle d’Henry James...
Arabesque

Arabesque

Les enquêtes de la romancière à succès Jessica Fletcher, dans sa petite ville de Cabot Cove, dans le Maine, et à travers le monde entier, au gré de ses voyages professionnels. Auteurs de l'excellentissime Columbo , Richard Levinson et William Link souhaitent rapidement offrir une alternative féminine au célèbre lieutenant. Après l'échec de Madame Columbo , en 1980, le duo revient à la...
Little Deaths

Little Deaths

Les films à sketches sont souvent l'occasion pour de jeunes réalisateurs de se faire connaître et/ou d'expérimenter des choses qui n'auraient pas été possibles dans des longs métrages classiques (histoires décalées, ambiances pesantes,...) et Little Deaths s'inscrit parfaitement dans ce schéma, car il propose trois histoires glauques tournant autour d'un thème commun : le sexe pervers et déviant...
La Mort au bout du fil

La Mort au bout du fil

Je dois bien vous l'avouer: je n'attendais pas grand chose de ce film. A ma décharge, il faut reconnaître que les thrillers médiocres, sans envergure et plus efficaces qu'une boîte de somnifères sont aussi nombreux que les points noirs sur le front d'un adolescent. Donc, en mettant Mort au Bout du Fil dans le lecteur, je m'attendais à passer 1h30 devant une histoire mille fois...