Voir la fiche complète du film : 2001 Maniacs (Tim Sullivan - 2005)

2001 Maniacs – Critique

2001 Maniacs

2001 maniacs fait la part belle à l'humour grinçant pour un étripage en règle de généreuses poitrines et de torses musclés. Le scénario n'est qu'un prétexte au déferlement d'hémoglobine et les acteurs servent uniquement de chair à saucisse. Un remake respectueux de l'original et honnête, mais qui, sans la présence de Robert Englund, ne serait qu'une petite production insipide.

Publié le 29 Mars 2013 par Dante_1984 · Voir la fiche de 2001 Maniacs

Un groupe de jeunes partis en vacances se retrouvent à Pleasant Valley, une bourgade perdue du sud des États-Unis qui les accueille à bras levés. Mais cette bonne humeur apparente cache un appétit insatiable pour… la chair humaine.

Considéré à tort ou à raison comme un film culte, 2000 maniacs avait au moins le mérite d'être le précurseur du cinéma gore. Aussi, le remake voit le jour trois décennies plus tard sous la houlette de Tim Sullivan, cinéaste habitué des petites productions confidentielles, voire carrément Z. Le projet ne payait pas de mine, mais un intervenant de marque change la donne : Robert Englund. Inutile de présenter l'acteur qui hante les cauchemars, mais sa simple présence suffit à raviver l'intérêt pour un DTV qui risquait de sombrer dans l'oubli avant même de sortir.


Si c'est Robert qui régale, alors...

Il est vrai que l'histoire ne possède rien de bien engageant. Le résumé parle de lui-même : une bande d'ados décérébrée en chaleur qui se perd au fin fond d'un village de sudistes racistes, psychopathes, cannibales et fervents croyants (très pratiques, comme ça ils peuvent se faire pardonner tous leurs péchés). La suite, elle est connue de tous, les invités d'honneur ne sont pas conviés au barbecue, ils sont le barbecue. Alors, pour attendrir la viande, on joue avec, on la taquine avant de la passer à la casserole. Le déroulement ne manque pas d'entrain (surtout que le nombre de victimes est légèrement plus élevé que d'habitude), mais l'on a déjà vu ce genre de procédé maintes et maintes fois.

Et ce ne sont pas les conversations bucoliques qui agrémentent cette joyeuse escapade qui relèvera le niveau. Plat, voire inexistant, on dénotera un humour noir à la limite de l'acceptable. Les jeux de mots font rarement mouche et deviennent vite lourds. Un petit sourire en coin (c'est là, la seule émotion extrême que l'on vous réserve), on observe le massacre avec détachement, mais non sans déplaisir. En effet, les meurtres sont bien sentis et plutôt inventifs compte tenu des circonstances. Ainsi, l'on aura droit à un écartèlement hippique, un écrasement qui mouline ou une séance de sauterie sous acide.


Une situation pour le moins tendue, n'est-ce pas petite jument ?

De ce côté, il est vrai que 2001 maniacs tient ses promesses. Le sang coule comme il se doit (même si ça n'est jamais très réaliste, on s'en fiche) et parsème le film de manière équilibrée. On ne nous inflige pas une surexposition des personnages et ensuite le massacre d'un bloc. Non, on « découvre » progressivement les intervenants (si tant qu'ils ont quelque chose à offrir) en même tant que d'autres disparaissent. Cela permet de ne pas lasser ou ennuyer le spectateur. Un bon point étant donné que le reste n'est qu'un rappel plus ou moins habile de ce que le genre peu proposer.

À côté de cela, on notera une ambiance décontractée en dépit de l'hostilité croissante des locaux. Tant au niveau de l'accueil que de l'atmosphère générale, l'heure est à la fête et à l'humour de second degré. 2001 maniacs pousse le concept de son aîné un cran au-dessus et prend à la légère le massacre. De fait, on se retrouve plus impliqué dans le camp des sudistes cannibales avenants plutôt que derrière le plat de résistance à la cervelle de moineau. Dès lors, leurs morts sont saluées par des applaudissements et des cris de joie. L'acte isolé (au niveau du village) est ici collectif, un peu comme la transe ou la folie d'une secte.


Et une brochette saignante, une !

Mais tout ceci aurait paru bien insipide sans l'immense Robert Englund, transformé pour l'occasion en maire raciste, mais toujours soucieux de ses ouailles. L'acteur campe son rôle à merveille et se complaît dans des situations à la fois cocasses et inquiétantes (pour les victimes). Il porte à lui seul le film sur ses épaules et mérite que vous fassiez le détour (mortel) dans son petit coin de paradis. Pour le reste, on nous dessert d'illustres inconnus et qui seront à même de le rester pour combler les vides. Des beaux gosses, des poitrines aguicheuses, rien de bien neuf sous le soleil de Pleasant Valley. Il demeure tout de même des figurants avec une « gueule » parfaitement dans le ton. Une idée qui aurait gagné à être développée.

Bref, 2001 maniacs est un film d'horreur assez prévisible dans son ensemble. Respectueux de la version de 1964, Tim Sullivan n'hésite pas à pousser (parfois un peu trop) l'humour noir dans ses retranchements. 2001 maniacs se révèle davantage distrayant et amusant qu'angoissant et malsain. Malgré une histoire sans relief, des interprètes bas de gamme, on saluera l'effort concernant les meurtres et l'indispensable présence de Robert Englund pour réjouir tout ce beau petit monde. Une production classique et modeste qui remplit son cahier des charges sans faire de vague.

Dante_1984
À propos de l’auteur : Dante_1984

J'ai découvert le site en 2008 et j'ai été immédiatement séduit par l'opportunité de participer à la vie d'un site qui a pour objectif de faire vivre le cinéma de genre. J'ai commencé par ajouter des fiches.

Autres critiques

The Vigil

The Vigil

Auréolé du succès de Paranormal Activity à la fin des années 2000, Blumhouse Productions est devenu l’une des figures incontournables de la scène horrifique hollywoodienne. Responsable, entre autres, de Sinister et Insidious , la société de production s’est également perdue dans des ratages complets, comme l’atteste Area 51 ou Projet 666 . La découverte de ces métrages est donc...
Gingerdead man 2

Gingerdead man 2

Le premier Gingerdead Man était un film au postulat de base amusant et prometteur, mais gâché par un manque de moyens et d'ambition assez flagrant. Pour cette suite, on pouvait donc espérer que le budget serait revu à la hausse, afin de proposer un produit un peu plus fun et audacieux. Le résultat final indique clairement que la volonté y était, mais malheureusement, une somme d'...
L'exorcisme de Hannah Grace

L'exorcisme de Hannah Grace

Que l’on parle d’exorcisme ou de possession, le sujet fait les beaux jours du cinéma de genre depuis les années1970. En marge de la saga de William Friedkin, les productions se sont essayées à de nombreuses itérations avec un résultat plus ou moins convaincant. Sous forme de found footage ( The Devil Inside , Le dernier exorcisme ...) ou de métrages classiques ( Possédée , L’...
Saint

Saint

Au Pays-bas, tout comme dans ma Belgique natale, Saint-Nicolas est une institution au moins aussi populaire que le Père Noël, si pas plus. Basée sur une personne ayant réellement existé, Nicolas de Myre, la légende veut qu'il aurait ressuscité trois enfants tués par un boucher. Ce faisant, il est devenu le protecteur des enfants, des veuves et des gens faibles. Bref, un personnage...
Amityville : La maison du diable

Amityville : La maison du diable

Aux yeux d’un public non averti, comme des amateurs de phénomènes paranormaux, Amityville est l’un des plus célèbres cas de maisons hantées au monde. Partant d’un fait divers sordide, puis de l’emménagement de la famille Lutz, la « maison du diable » a défrayé la chronique et continue de partager les partisans de l’arnaque et ceux de la hantise avérée. D...