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L'Effet Papillon 2

Une suite complètement inutile qui tente maladroitement de reprendre le génial concept du premier épisode...
Publié le 21 Septembre 2009 par GeoffreyVoir la fiche de L'Effet Papillon 2
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Voyage dans le Temps Camion

Mais pourquoi diable les producteurs ont-ils choisi de faire une suite Direct-to-video à l'excellent Effet Papillon alors que ce dernier avait rencontré un énorme succès, tant public que critique?
Une décision d'autant plus incompréhensible que la fin du premier film telle qu'elle apparaissait dans le Director's cut n'ouvrait pas la porte à une suite et que pour obtenir une séquelle de qualité il allait falloir y mettre les moyens.
Néanmoins, le concept de base (une personne ayant le don de modifier le passé) pouvait très bien être déclinable à l'infini à l'instar du pitch des Destination Finale et aurait pu donner quelque chose d'assez savoureux si l'écriture s'était montrée aussi inventive que maitrisée, ce qui n'est manifestement pas le cas ici…


Ils ne vont pas rire longtemps ceux-là...

Sur le point d'entamer une brillante carrière dans une star-up prometteuse, Nick Larson s'apprête à passer des vacances de rêve dans la nature, en compagnie de sa petite amie Julie Miller et de leurs potes Trevor et Amanda. Manque de chance, un camion heurte brutalement le break de la joyeuse bande au détour d'une route glissante.

A son réveil, Nick apprend avec horreur que Julie est morte dans l'accident. Comme si cela ne suffisait pas, il doit par-dessus le marché faire face à de violentes et incessantes migraines. Jusqu'au jour où, alors qu'il contemple les photos prises en ce jour fatal, il est pris d'une crise qui le projette dans le passé, au moment exact où le cliché a été pris. Pourra-t-il sauver Julie, et récupérer sa position dans l'entreprise qui l'a embauché ?


La jolie Erica Durance et ce flan d'Eric Lively...

L’effet Papillon 2 reprend donc exactement les ingrédients de son prédécesseur à la nuance près que ce ne sont plus les journaux intimes du héros qui servent à se projeter dans le passé mais des photos sur lesquelles il se trouve. Mis à part ce détail, tout le reste se présente plus ou moins comme un remake/repompe de l’Effet Papillon, l’intérêt et le suspense en moins. En effet, là où d’habitude numéro 2 rime avec « plus à tous les niveaux», l’Effet Papillon 2 se présente comme une version cheap et peu ambitieuse de son illustre modèle, que ce soit dans ses péripéties ou dans ses personnages, un peu comme si c'était un brouillon inabouti de l'Effet Papillon premier du nom.

De fait, le scénario concocté par Michael D. Weiss s’avère affreusement convenu et dénué de toute tension dramatique. Dans le premier opus, le pauvre Evan devait affronter des situations toujours plus angoissantes (prison, perte de ses bras, etc…) et ses actes se terminaient toujours de manière terrible avec la mort de l’un de ses proches, ce qui le poussait à recommencer ses voyages encore et encore dans l’unique but de sauver la vie de ses amis. Dans l’Effet Papillon 2, c’est tout le contraire. Excepté la mort initiale de Julie, les autres altérations de la ligne du temps se feront sous l’impulsion d’une ambition personnelle du héros (Nick Larson récupère sa petite amie vivante mais se fait doubler au boulot par son pire ennemi ; Nick perd sa petite amie mais gagne une promotion dans sa boîte,…) et finissent par provoquer l’ennui tant l’ensemble se retrouve dépourvu du moindre enjeu dramatique. L’intérêt présent dans les vingt première minutes s’évanouit alors peu à peu pour laisser la place à un ennui poli. La fin vient bien sortir quelque peu le spectateur de sa torpeur mais on reste tout de même très loin de la passionnante histoire qui rythmait le premier Effet Papillon.


Tout ceci est trop affligeant, je préfère mourir...

La mise en images de John R. Leonetti n’est pas mauvaise en soi, ce qui n’est pas un mince exploit quand on connait le parcours du réalisateur. Eclairagiste de renom, le bonhomme s’était alors senti poussé des ailes et avait décidé de sauter le pas en réalisant lui-même un long métrage. Le résultat fut l’un des films les plus nanards qu’on ait vu depuis longtemps: Mortal Kombat 2: Annihilation. Savoir que c’était le réalisateur de cette chose filmique qui serait à la barre de l’Effet Papillon 2 n’avait donc rien de particulièrement rassurant mais malgré tout c’est presque la tête haute qu’il se sort de ce qui ressemblait fortement à un cadeau empoisonné. Sa réalisation n’a rien de honteux et offre même quelques bons moments; les voyages dans le temps sont par exemple toujours aussi réussis visuellement, tout comme l’accident du début et l’une ou l’autre scènette amusante (notamment un réveil... particulier). Mais le scénario étant ce qu’il est, Leonetti ne pouvait pas faire de miracle et le film s’avère au final extrêmement décevant.


Une scène de cul soft et incongrue...

La faute de cet échec est également à rejeter en partie sur l’acteur principal, Eric Lively, qui ne possède visiblement pas le talent et l’aisance d’Ashton Kutcher pour se glisser dans les différentes peaux de son personnage. Impersonnel et le charisme proche de zéro, Eric Lively parvient même à rendre antipathique le héros tant il a l’air de vouloir rechercher les ennuis (Pourquoi ne se fait-il pas copain avec son futur supérieur au lieu de lui balancer du vin sur les parties génitales? Pourquoi trompe-t-il la femme qu’il aime tant et pour laquelle il traverse le temps? Pourquoi tant de questions sans réponses?).

A ses côtés, la charmante Erica Durance (la Loïs Lane de Smallville) n’a pas à rougir de sa prestation mais ne soutient pas non plus la comparaison avec celle qui l’a devancée, à savoir la superbe Amy Smart.


Je suis tristesse.

Bref, comme vous l’aurez compris, les fans de l’Effet Papillon ne peuvent qu’être profondément déçu du sort qui a été réservé à la suite de leur film chéri tant le niveau de cette séquelle se confond avec celui d’un téléfilm d’après-midi de TF1. L’effet Papillon 2 n’est pas bon c’est un fait, mais il n’est pas mauvais pour autant; il est juste totalement inutile et insipide. Espérons que le troisième épisode saura raviver la flamme de l'intérêt que cet opus vient d'éteindre de très belle manière.

A propos de l'auteur : Geoffrey
Portrait de Geoffrey

Comme d'autres (notamment Max et Dante_1984), je venais régulièrement sur Horreur.net en tant que lecteur, et après avoir envoyé quelques critiques à Laurent, le webmaster, j'ai pu intégrer le staff début 2006. Depuis, mes fonctions ont peu à peu pris de l'ampleur.

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