Voir la fiche complète du film : Doom: Annihilation (Tony Giglio - 2019)

Doom Annihilation – Critique

Doom: Annihilation

Une suite totalement inutile et opportuniste du film de 2005 qui, non satisfait de copier une intrigue similaire, n’est jamais en mesure d’assimiler les fondamentaux de Doom. Guère effrayant et encore moins généreux dans ses confrontations d’une stupidité navrante, Doom Annihilation se révèle une énième adaptation vidéoludique ratée comme il en existe tant. Un affront cinématographique qui ne propose même pas un divertissement de seconde zone.

Publié le 2 Décembre 2019 par Dante_1984 · Voir la fiche de Doom: Annihilation

Il est malheureusement de notoriété publique que le cinéma et les jeux vidéo ne font guère bon ménage quand il s’agit d’adapter une œuvre vers l’autre format. De titres à licence bâclés en longs-métrages qui relèvent du navet ou du nanar, il est difficile de trouver des productions notables, hormis le Silent Hill de Christophe Gans. En 2005, Andrzej Bartkowiak réalisait Doom, jeu culte que l’on ne présente plus. Bien qu’il ait subi les foudres des critiques professionnels et amateurs, il en ressortait un divertissement honorable sans grande prétention. On n’attendait pas forcément de suite et, pourtant, Universal dépoussière la licence pour nous infliger un DTV dont la notoriété est passablement inquiétante.

Prêt à atterrir sur un misérable caillou ?

S’il a beau être l’un des précurseurs du FPS, Doom n’a jamais brillé par son scénario. Aussi, il paraît difficile d’étayer une intrigue foncièrement crédible, à défaut de se montrer travaillée et surprenante. Pour autant, il y a une marge entre un potentiel limité où l’on peut tirer avantage de certains éléments et une paresse ostentatoire des plus accablantes. Doom Annilhilation se contente de recycler les grandes lignes de son prédécesseur en y insufflant quelques expérimentations qu’on a pu retrouver dans le reboot vidéoludique de 2016. À savoir, des tests de téléportation qui ouvrent la porte vers une dimension infernale. Au passage, les «auteurs» peuvent remercier des œuvres emblématiques telles qu’ Event Horizon, mais uniquement dans les intentions.

L’escouade de marines atterrit alors sur Phobos, l’une des lunes de Mars. Bien que désertique et limité par sa superficie, l’environnement extérieur joue une certaine importance dans la saga Doom. Ici, Phobos s’apparente à une vulgaire météorite dans laquelle on a effectué des travaux de terrassement pour y poser une base aussi réduite que mal pixellisée. Non seulement il n’y a rien à attendre de ce côté, mais le huis clos intersidéral horrifique auquel on est en droit d’assister tourne court. C’est bien simple, il n’y a aucune exploitation cohérente de la base spatiale. On enchaîne les couloirs éclairés chichement (affublés de teintes «jaune pisse») avec des serres laissées à l’abandon, ainsi que des laboratoires et des salles de repos.

Un baiser volé dès le premier rendez-vous ?

De même, on ne ressent aucune sensation oppressante ou la suggestion d’un danger qui sourde à chaque détour. La réalisation ne s’entiche guère de jouer sur l’obscurité ou les jeux de pénombre, comme on avait pu les apprécier dans le jeu Doom 3. Et pourtant, ce dernier est de 15 ans son aîné ! Chaque irruption des ennemis reste navrante de prévisibilité et ne suscite qu’une profonde affliction face à cette débandade clairement affichée. À voir les zombies (ou les mutants possédés) se trémousser, on ressasse les frasques de leurs homologues dans l’effroyable House of the Dead d’Uwe Boll. D’ailleurs, les costumes et les maquillages sont tout aussi indigents.

Il faut se contenter de ces créatures et de figurants déguisés en diablotin. Cerise sur le gâteau, ces derniers lancent leurs familières boules de feu qui, en ces circonstances, sont d’un ridicule consommé à l’écran. Mais les producteurs ont voulu pousser le fan service jusqu’à un niveau d’inutilité rarement atteint. Côté arsenal, on retrouve l’incontournable BFG9000 qui en imposait plus dans les bras de Dwayne Johnson ou le fusil à canon scié. Le casque des marines propose une vision subjective mal exploitée et vite oubliée. En ce qui concerne les raccourcis narratifs et géographiques, on peut évoquer les cartes de couleur rouge, verte ou bleue pour ouvrir les portes. On a même droit à un certain William Blazkowicz en guise de clin d’œil à Wolfenstein.

Voilà ce qu'il reste du l'équipe du film après une séance test en compagnie des fans des jeux vidéo...

Au final, Doom Annihilation est un navet opportuniste qui masque son indigence par quelques références grossières et maladroites. L’histoire a beau se calquer sur le précédent métrage et certains jeux vidéo de la saga, il n’y a rien que l’on puisse apprécier. L’atmosphère propre au contexte est inexistante, tandis que la science-fiction horrifique n’est jamais assimilée au film. On pourrait également s’attarder sur la pauvreté du bestiaire ou de l’arsenal ou même dénoncer une caractérisation aussi plate que la narration. S’il y a une certaine constance et variété dans cette pathétique production, elles se situent dans ses défauts. Au lieu de fournir un effort notable et éventuellement référentiel à l’œuvre d’ID Software, on se retrouve avec un rail-shooter décérébré. Un comble quand on s’attaque à un monument du FPS! Bref, le responsable de Soccer Dog (piètre référence) est incapable d’exploiter le matériau de base à sa juste mesure.

Dante_1984
À propos de l’auteur : Dante_1984

J'ai découvert le site en 2008 et j'ai été immédiatement séduit par l'opportunité de participer à la vie d'un site qui a pour objectif de faire vivre le cinéma de genre. J'ai commencé par ajouter des fiches.

Autres critiques

Robocroc

Robocroc

Si les requins demeurent l’espèce dominante dans le survival animalier, les crocodiles et autres alligators ont également eu droit à leur lot de productions plus ou moins déplorables. À l’image de Black Water , Primeval ou Rogue , on a pu apprécier de sympathiques et efficaces incursions. C’est sans compter sur une myriade d’élucubrations cinématographiques où les...
La Guerre des mondes (BBC)

La Guerre des mondes (BBC)

On ne présente plus une histoire aussi emblématique que La Guerre des mondes . Avec d’autres chefs d’œuvre tels que La Machine à explorer le temps , L’Homme invisible et L’Île du docteur Moreau , il s’agit d’une des œuvres fondatrices de la science-fiction moderne. Portée à plusieurs reprises à l’écran, déclinée en bande dessinée, ainsi qu’en jeux...
Mystic river

Mystic river

J'avoue. Je n'ai jamais été un grand fan de Clint Eastwood en tant qu'acteur. Je n'aime pas sa façon de jouer. Mais par contre, quel réalisateur ! Je l'ai découvert sur le tard avec Space cowboys , un film très sympathique mais pas inoubliable, et puis je suis tombé sur celui-ci : Mystic River . Et là, la claque ! Rien que d'évoquer ce film, j'en ai encore les poils qui se hérissent tant sa...
Priest

Priest

Dans un avenir proche, un prêtre se met en tête de sauver sa nièce des canines acérées d'une horde de vampires. Après l'imparfait et mésestimé Légion , Scott Stewart poursuit dans le thème de la religion et de la spiritualité avec Priest . Comme son précédent film, Priest pâtit d'une piètre réputation envers son public. Si les suceurs de sang ont subi maints revers depuis quelque temps, il n'en...
Les Faucheurs

Les Faucheurs

Les Faucheurs , c'est l'exemple même du film qui base tout sur son génial postulat de base sans essayer de le développer outre mesure, pour finalement se trainer péniblement jusqu'à la conclusion. En effet, à l'instar d'un film comme L'Effet Papillon 2 , le film de Dario Piana commence de fort belle manière mais son intérêt s'amoindrit à mesure que le temps passe et...