Voir la fiche complète du film : Apparition (Todd Lincoln - 2012)

Apparition

Un film de fantômes qui pompe et repompe les poncifs du genre sans jamais trouver une identité propre. On retiendra un rythme lent et ennuyeux où se complaisent des personnages insipides dans un lieu pas effrayant pour deux sous. The apparition nous laisse perplexes sur ses intentions. Brouillon et inabouti.
Publié le 13 Juin 2013 par Dante_1984Voir la fiche de Apparition
4
Dans leur nouvelle demeure, Ben et Kelly voient se multiplier des phénomènes aussi inexpliqués que terrifiants. Les portes s'ouvrent, les lumières s'éteignent, une présence semble rôder à l'intérieur. Le couple comprend rapidement que la maison n'est pas hantée, mais eux oui. Où qu'ils aillent, l'apparition les traque...

Premier long-métrage pour Todd Lincoln qui a non seulement réalisé, mais également écrit et produit ledit film. Si son implication dans le projet ne fait aucun doute, on restera tout de même dubitatif face au pitch de départ peu engageant. Certes, la bande-annonce laissait de quoi augurer un agréable moment scotché au fauteuil, les nerfs à fleur de peau, mais dès les premières minutes, il faut reconnaître que The apparition ne tiendra pas ses promesses, loin s'en faut.


On se concentre un peu les enfants.

Si les ghost-stories sont légion dans le paysage cinématographique, il en existe quelques-unes qui parviennent à se démarquer sans toutefois créer la surprise. On s'attendait à ce que le présent film en face partie. Malgré sa courte durée, le récit se targue non pas d'une, mais de deux introductions (assez brève, il est vrai). La première, sous forme de faux documentaire, nous présente une séance de spiritisme soi-disant authentique. Trois minutes plus tard, on expose les personnages principaux avec leur propre expérience qui fonctionne tout aussi bien.

Dès lors, le mystère est éventé puisque l'on sait qu'ils ont réveillé une force surnaturelle. Pour un film qui joue sur les ficelles de la peur psychologique, cela mine considérablement l'ambiance. On comprend de quoi il en retourne (du moins dans les grosses lignes), donc on s'implique moins dans l'intrigue. Qui plus est, les astuces précitées sont utilisées sans vergogne et confèrent aux clichés de circonstances : les objets qui changent de place, les ombres fugaces, le chien qui fait un malaise fatal... Autant d'artifices qui ne fonctionnent nullement malgré un grain d'images assez réussi. Même l'effet de désordre subit où les pièces sont sens dessus dessous ne surprend guère.


De l'autre côté du placard...

Pour poursuivre sur le thème de l'atmosphère, l'ambiance sonore est d'une platitude alarmante. Là encore, des clichés en pagaille présentés sans une réelle cohérence. Le grincement de la tuyauterie, du plancher, les volets qui claquent, sans compter une bande-son minimaliste. Très peu de musiques pour venir épaissir l'angoisse (qui est aux abonnés absents). À chaque fois que l'on pense détenir un moment de tension palpable, il retombe aussi rapidement qu'un soufflet. Pourquoi ? Mystère, peut-être pour laisser respirer le spectateur (qui suffoque sous les longueurs) ou susciter l'attente d'une autre fulgurance qui... ne surviendra jamais.

L'ennui est indéniable. Ce qui l'est encore plus : une histoire mal maîtrisée et poussive. Outre le fait de dévoiler le noeud de l'intrigue dès le départ, on pestera contre une succession de passages vu et revu. Les tensions conjugales, la nouvelle demeure au centre de toutes les attentions (comme un nouveau-né), le fidèle ami expert en parapsychologie qui vient prêter secours... D'ailleurs, le récit tente de nous vendre un discours pseudo-scientifique sur la réalité du surnaturel dans notre monde en utilisant un jargon technique abscons sur les termes de communication et de transmission d'énergie. Le scénariste espère sans doute montrer qu'il s'est informé, mais survole son sujet en s'embrouillant lui-même les pinceaux.


C'est pas par là. Tu refroidis.

On ne comprend pas comment il parvient du premier coup à créer un lien avec l'au-delà, mais admettons. Quelle est donc cette entité qui les tourmente ? Un poltergeist, un démon ? On évoque des croquis de réponses, mais on laissera surtout le spectateur dans le doute (du genre frustrant). Dispose-t-elle d'un passé, d'une motivation évidente (hormis celle de nous envahir) ? Il subsiste quelques séquences assez sympathiques (Kelly aux prises avec un drap dans la chambre d'hôtel, le renversement de pièce lorsqu'elle cloue une porte...), mais c'est trop peu pour faire de The apparition un film d'épouvante potable.

Un dernier mot sur les protagonistes. Les acteurs sont corrects. Ils investissent leur rôle comme il se doit sans cabotinage ou expression de terreur mal placée. Néanmoins, l'épaisseur de leur personnage se révèle tout aussi plate et stéréotypée que le reste. Inutile de faire un tour d'horizon tellement ils ne retiennent pas l'attention. On se demande qui sont réellement les fantômes. Ils ne parviennent à aucun moment à susciter un semblant d'empathie. Énième mauvais point qui plombe l'ambiance.


Dormez couverts.

Bref, The apparition est une déception. Le film se contente de desservir foultitude de clichés tant sur le plan scénaristique, narratif que de la mise en scène ou de l'interprétation. Il en ressort une oeuvre brouillonne, passablement ennuyeuse et peu engageante. L'idée de départ (ouvrir une porte sur l'au-delà) se transforme rapidement en une chasse aux esprits des plus convenues avec son lot de casseroles brinquebalantes. Aucun mystère entretenu, aucune surprise. The apparition risque de disparaître comme ses personnages...
A propos de l'auteur : Dante_1984
Portrait de Dante_1984

J'ai découvert le site en 2008 et j'ai été immédiatement séduit par l'opportunité de participer à la vie d'un site qui a pour objectif de faire vivre le cinéma de genre. J'ai commencé par ajouter des fiches. Puis, j'ai souhaité faire partager mes dernières découvertes en laissant des avis sur les films que je voyais.

Autres critiques

La Nuit du Loup-Garou
**Attention, cette critique contient des spoilers.** Né du viol d'une servante par un prisonnier dément, un orphelin est condamné par une terrible malédiction. Après s'être attaquée avec succès aux relectures de Dracula et Frankenstein , la Hammer se lance, au début des années 60, dans de nouveaux projets. Après les mythes de La Momie (1959) et de Jekyll et Hyde (1959), le célèbre studio...
Black Christmas
Le Black Christmas de Bob Clark est considéré par les spécialistes, contrairement à une croyance populaire répandue qui veut que ce soit le Halloween de Carpenter, comme le père fondateur du slasher (avec la Baie Sanglante ). Il faut dire que tous les futurs ingrédients de ce sous-genre mal-aimé s'y trouvaient déjà et ce, deux ans avant que le Michael Myers de Big John débarque sur les écrans...
Oblivion
Alors que l'humanité a subi une guerre nucléaire, elle s'est exilée sur Titan, le satellite de Saturne. Sur Terre, Jack Harper et sa compagne Victoria surveillent l'étendue des dégâts en espérant un jour prochain pouvoir rejoindre les leurs sur Titan... Pour son premier long-métrage, Joseph Kosinski s'était attelé à la suite de Tron, rien que ça. Bien que les critiques l'aient...
Condemned to Live
Attention, cette critique contient des spoilers. Un village perdu près des côtes est la proie d'un énigmatique monstre qui, chaque nuit, tue un habitant en le vidant de son sang. La plupart des habitants pensent qu'il s'agit de l'oeuvre d'une chauve-souris géante. Sur le grand écran, les années 30 voient naître les grands classiques du fantastique signés par la firme Universal , avec les acteurs...
Douce Nuit - Sanglante Nuit 5: Les Jouets de la Mort
Après trois suites pour le moins catastrophiques, Douce nuit, sanglante nuit est le genre de franchise dont on ne saisit guère l’intérêt sur le long terme. Hormis le premier opus, on a droit à des productions nullissimes qui rivalisent de stupidité entre elles. Du Père Noël psychopathe à la secte d’illuminés en passant par la tête de bocal écervelée, on aura rarement autant vu une...