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Berberian Sound Studio

Monteur de documentaires réputé, Gilderoy débarque en Italie pour finaliser le montage sonore du dernier film de Santini. Il est fortement recommandé de laisser de côté cet exercice insipide et abscons dont le principal tour de force aura été de trouver un financement.
Publié le 10 Janvier 2014 par GORE MANIACVoir la fiche de Berberian Sound Studio
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Monteur de documentaires réputé, Gilderoy (Toby Jones) débarque en Italie pour finaliser le montage sonore du dernier film fantastique de Giancarlo Santini. Dès son arrivée, cet anglais timide ne se sent pas à son aise face à ses interlocuteurs et vis à vis du film sur lequel il va devoir travailler, évocation d'un procès de sorcières.

Dans une interview, le réalisateur Peter Strickland affirmait ne pas aimer regarder ses films, trouvant cela "trop pénible et trop ennuyeux". Rassure-toi Peter, tu n'es pas le seul dans ce cas !

Critiquer un long-métrage n'est pas toujours chose aisée. Selon l'inspiration du moment et le ressenti vécu durant la projection, la chronique d'un film reste un moment solennel et unique en son genre. On peut prendre plaisir à écharper un énième navet mais aussi porter aux nues un film que personne ne verra de la même manière que nous.

Avec sa pochette et son titre, on pourrait croire que Berberian Sound Studio oeuvrera du côté d'un Serbian Film ou d'un Témoin Muet. Il n'en est rien. Sous couvert d'un hommage au film de genre italien des années 70, Berberian Sound Studio nous propose de suivre le montage sonore d'un film d'horreur dans un petit studio.
Entre pannes de courant, disputes entre le cinéaste et les comédiennes et soucis financiers, ce studio représente à merveille l'univers Bis transalpin de l'époque.

Toutefois, au bout d'une heure de film, on se demande quand même où veut en venir notre ami Peter ? Rassurez-vous, aucune réponse ne sera apportée ici, car seul le cinéaste anglais doit avoir la solution à notre problème (enfin, je l'espère sincèrement) ! La dernière demi-heure tente un début d'intrigue mystérieuse, à la sauce David Lynch.

Seule lueur de talent dans cette fastidieuse expérience cinématographique, l'acteur Toby Jones (le fils du célèbre comédien Freddy Jones) s'avère tour à tour touchant, puis inquiétant, dans son rôle de souffre-douleur. Certains plans du comédien feront irrémédiablement penser à Jack Nance dans le fascinant Eraserhead (l'un des films de chevets de Strickland).
Face à lui, on s'attardera un long moment devant la charmante Tonia Sotiropoulou (entrevue dans le dernier 007, Skyfall) et l'on plongera bien volontiers dans le troublant regard de Fatma Mohamed (le genre d'actrice qu'on imaginerait bien dans un giallo d'Argento de la belle époque).

Tout ceci pour dire qu'il est bien tortueux d'extirper quelques points positifs de ce métrage qui souhaite peut être nous dévoiler les coulisses de l'appareil créatif du Septième Art ? Mais, comme pour les tours de magie, beaucoup de cinéphiles n'ont sans doute pas envie qu'on lève le voile sur certains aspects techniques du cinéma.
Quoi qu'il en soit, il est fortement recommandé de laisser de côté cet exercice insipide et abscons dont le principal tour de force aura été de trouver un financement digne de ce nom et d'être distribué...

A propos de l'auteur : GORE MANIAC
Portrait de GORE MANIAC

J'essaie de partager ma passion pour un cinéma méconnu, mais qui mérite incontestablement qu'on s'y arrête !

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