Voir la fiche complète du film : Dragonball : Evolution (James Wong - 2009)

Dragonball : Evolution

Une adaptation grand écran ratée du célèbre manga d'Akira Toriyama...
Publié le 24 Octobre 2009 par GeoffreyVoir la fiche de Dragonball : Evolution
3
Adaptation de manga Primate

Dire que cette adaptation live du manga culte d’Akira Toriyama s’est faite désirer est un doux euphémisme. En effet, cela faisait presque une dizaine d'années que des rumeurs couraient sur un possible long métrage et que des légions de fans s’excitaient à la moindre image "fake" débarquant sur le net. L’annonce officielle par la FOX de la mise en chantier du projet a donc logiquement attisé l’impatience des spectateurs ayant grandi avec Goku et ses amis.

Pourtant, l’excitation a rapidement laissé la place au désappointement. Tout d’abord le choix du réalisateur a laissé perplexe pas mal de monde. James Wong, réalisateur de Destination Finale et du moyen The One, n’était clairement pas le nom rêvé par les fans mais on pouvait tout de même lui accorder le bénéfice du doute. Le choix des acteurs a ensuite suscité de vives réactions: c’est que Justin Chatwin (La Guerre des Mondes) n’avait pas vraiment la carrure et l’allure de San Goku tel qu’il apparait dans le manga et l’anime. Mais après tout pourquoi pas, on a déjà eu de très bonnes surprises avec des acteurs que l’on n’attendait pas.

Par contre, dès la parution des premières photos ça a commencé à sentir le pâté et la perplexité des fans s’est muée en angoisse à l’idée de voir débarquer un bon gros nanar à 45 millions de dollars.
Alors que Dragonball Evolution sort en DVD, il est temps de voir ce que la bête a réellement dans le ventre.


Dragon Ball: Fast and Fur... Evolution!

Dans les temps anciens, la Terre faillit être détruite par des forces maléfiques. Pour s'en prémunir, sept mages créèrent les boules du dragon. Décidées à prendre leur revanche, les forces du Mal sont désormais de retour, et un seul guerrier d'exception est capable d'empêcher le pire. Le jeune Son Goku va alors découvrir le jour de ses 18 ans que son destin est très loin de ce qu'il avait imaginé…


Un méchant...très méchant

Une seule question vient à l'esprit une fois le film terminé : Mais pourquoi ? Pourquoi tant de bêtise ? C’était Dragonball ce truc infantile et pas drôle ? On savait que dans les pattes d’un studio Hollywoodien l’œuvre de notre enfance risquait de perdre de sa superbe mais tout de même, on voulait y croire. Malheureusement il n'y a rien à faire, Dragonball Evolution balaye les derniers espoirs en quelques minutes à peine et ne laisse derrière lui que les ruines fumantes du manga de Toriyama. Le film n’est pas mauvais non, il est au-delà de ça. Nos confrères de nanarland le qualifieraient probablement de « nanard volontaire ». Car comment imaginer que quelqu’un ait réellement cru que ce film pourrait être une réussite ? James Wong a bien dû se douter à un moment que faire de San Goku un ado tête à claque évoluant dans l’univers de Beverly Hills 90210, ça ne pouvait pas être crédible.

Dans le même ordre d’idée, pourquoi ne pas avoir essayé de respecter un tant soit peu le look des personnages ? Si les cheveux de Bulma pouvaient difficilement être retranscrits tels quel, Yamcha méritait certainement mieux que cette horrible coupe peroxydée. Même Colin Farell et sa moumoute blonde dans Alexandre ne peuvent rivaliser. Et ne parlons pas de Piccolo et de son costume en plastique digne des Bioman ou de maître Roshi (Tortue Géniale dans le manga).
Etonnamment, le plus crédible dans cette galère reste encore Justin Chatwin en Goku.


Tu sais Justin, je me sens fatigué fatigué fatigué...

A la limite, s’il n’y avait que le look des personnages qui posait problème on aurait encore pu être indulgent. Malheureusement, les scénaristes semblent s’être mis au diapason des designers car l’histoire qu’ils nous ont pondue est tout simplement indigne de Dragonball. J’ai déjà parlé de « Goku va à l’école » mais nous avons aussi droit à « Goku ne sait pas draguer une fille » et « Goku est la tête de turc de ses camarades ». Ca fait beaucoup à digérer en à peine quelques minutes de film. La suite ne sera pas mieux.
Déjà, le métrage dure 1h13 (!) et n’a donc pas le temps de traîner en chemin. L’histoire défile à toute vitesse sans nous donner trop d’explications (Comment Piccolo s’est-il échappé de sa prison ?) mais ça a au moins le mérite de ne pas ennuyer le spectateur. Par contre le fan du manga s’étranglera devant tant de manque de respect pour le matériau de base.

En effet, à part un déluge de détails complètement anecdotiques qui font référence à l’œuvre de Toriyama et les noms des personnages, rien ne rappelle que nous sommes dans Dragonball. Goku n’a pas de queue de singe (il abrite en lui un démon-singe allié à Piccolo !), Maitre Roshi est un clochard au lieu du maître des tortues et surtout l’univers en général est différent. On comprend mieux le sens du mot « Evolution » accolé au titre. Bref, en termes d’adaptation, ce long métrage est une catastrophe. Le film Dragon Ball : La Légende des 7 Boules de Cristal était infiniment plus proche du manga originel que celui-ci, c’est dire. Il serait trop long et fastidieux de détailler ici toutes les entorses faites au manga et donc contentez-vous de savoir que si vous n’avez pas vu ou lu l’œuvre de Toriyama, vous ne serez pas désavantagé par rapport au fan le plus acharné.


Bulma et Yamcha, définitivement les personnages les plus moches du film

Par contre, la réalisation de James Wong n’a rien de honteux malgré un abus manifeste de techniques Matrixiennes telles que les ralentis inutiles. Le bonhomme nous avait déjà fait le coup dans The One et il récidive sans retenue dans Dragonball Evolution. Mais force est de constater que sa réalisation n'est pas la pire tare de ce film-ci. Malheureusement sa caméra filme du vide et malgré de superbes décors à l’apparence manga, ce qui attire surtout l’attention c’est la médiocrité qui transpire à chaque image. Même Chow Yun-Fat nous compose un Roshi au rabais.
Comment un projet doté d’un tel budget et ayant comme base un excellent manga a-t-il pu sombrer à ce point ? Adapter l’histoire à la lettre n’était évidemment pas possible, mais fallait-il vraiment aller si loin dans les modifications ? Poser la question c’est y répondre. Car le résultat de tout ça, c'est que Dragonball Evolution est un film qui donne l’impression d’avoir été fait à la même époque que des oeuvres folles comme Les Maîtres de l'Univers ou encore Super Mario Bros. Avec évidemment des moyens plus conséquents.


Piccolo s'apprête à donner vie à des monstres en caoutchouc...

Alors, gros nanard ou immonde navet ? Personnellement je le rangerais dans la première catégorie tant le film est hypnotique et rigolo malgré lui. Malgré tout, le pincement au cœur que ressent le spectateur nostalgique est bien réel. A un tel niveau de n'importe quoi, Dragonball Evolution n’est même plus un plaisir coupable, c’est une vraie preuve de masochisme.
Geoffrey Claustriaux

A propos de l'auteur : Geoffrey
Portrait de Geoffrey

Comme d'autres (notamment Max et Dante_1984), je venais régulièrement sur Horreur.net en tant que lecteur, et après avoir envoyé quelques critiques à Laurent, le webmaster, j'ai pu intégrer le staff début 2006. Depuis, mes fonctions ont peu à peu pris de l'ampleur.

Autres critiques

La malédiction d'Arkham
Si Lovecraft est considéré comme l’un des plus grands écrivains du XXe siècle, son succès n’a pas toujours été constant, voire tardif. Une influence posthume qui, au début des années1960, n’en était encore qu’à ses balbutiements. Alors que Roger Corman multipliait les réussites commerciales avec les adaptations de l’univers de Poe ( La chute de la maison Usher , La chambre des tortures ...), il s...
Amityville : L'histoire vraie
Avec ses huit longs-métrages et un remake en l’espace de 25 ans, la saga Amityville se distingue surtout par sa longévité et non par ses qualités artistiques fluctuantes. À l’occasion de la sortie du film d’Andrew Douglas, un documentaire a été réalisé, non pour effectuer une rétrospective sur les précédentes productions, mais pour revenir sur les deux principaux faits divers...
The Bat
Au sein d'un vieux manoir, un groupe de personnes qui se connaissent plus ou moins doivent faire face à un dangereux criminel surnommé la chauve-souris. Alors que les disparitions s'égrènent, ils comprennent vite que le malfaiteur est l'un d'entre eux... Regarder un film muet, c'est comme explorer les balbutiements de l'ère cinématographique. Un voyage (in)temporel à...
House 4
**Attention, cette critique contient des spoilers** Roger Cobb et sa famille sont victimes d'un accident de voiture en revenant d'un week-end passé dans la vieille demeure familiale. Roger meurt, laissant sa fille, paralysée, et sa femme, derrière lui. Contre l'avis du frère de Roger, qui souhaitait la vendre, l'épouse du héros décide d'emménager dans cette étrange maison. Lancée en 1986, dans le...
Intracable
Rattachée à une section spéciale pistant les dérives du net, l'agent Jennifer Marsh (Diane Lane) met la main sur un site filmant la mort d'un chaton. Ce site internet, Kill With Me , propose ensuite la mise à mort d'un être humain. Plus les connexions sur le site sont nombreuses, et plus vite meurt la victime. Les thèmes du snuff et du cybercrime sont à la mode depuis quelques années...