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Demonic

Faute de réinventer le genre, Demonic divertit et le fait avec les honneurs. Laissez juste votre cerveau de côté et profitez de ce petit film qui, malgré son aspect brut de décoffrage, propose une bonne dose d’angoisse ainsi qu’un casting fourni.
Publié le 8 Septembre 2018 par KinemaVoir la fiche de Demonic
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Nombreuses sont les productions outre-Atlantique dont la distribution reste incertaine dans nos contrées. La perle horrifique Grave Encounters – qui a mis plusieurs années à sortir en DVD chez nous – est d’ailleurs un exemple frappant de ce phénomène regrettable. Sachant qu’il vaut mieux prévenir que guérir, abordons le Demonic de Will Canon qui, malgré des faiblesses et un manque de finitions, mérite qu’on lui consacre quelques lignes.

Une nouvelle bande d’imbéciles pubères décide de pénétrer dans une demeure particulièrement louche – pour ne pas dire complètement hantée – pour y perpétrer quelques jeux liés aux esprits. Vu que Colin-maillard et cache-cache ont perdu l’intérêt des jeunes, la maison sera le théâtre de séances de communication avec les entités surnaturelles en présence. Et comme c’est souvent le cas, tout ne va pas aller comme sur des roulettes. Loin de là…

À l’instar de Délivre-nous du mal, le métrage combine épouvante et policier, offrant donc au spectateur une alternance entre angoisse et adrénaline. En contrepartie, Demonic souffre d’un manque de fluidité causé par la scission trop rigide entre ses deux thématiques. Les coupures, trop brusques et mal introduites, conduisent à une construction en flashback maladroite et une déplaisante impression que le spectateur est laissé de côté. Si l’on concède une idée de base bien pensée, on regrette cette mise en scène qui aurait gagné à être peaufinée.

Ceci dit, on oublie rapidement ce problème en laissant tomber nos aprioris. Malheureusement, le véritable impair du film réside dans sa conclusion. Les révélations, assez téléphonées, manquent d’originalité et ne parviennent pas à tromper le spectateur moyen du XXIe siècle. On assiste donc à un final bancal qu’on ponctuera d’un légendaire « mouais… » tant l’on en ressort dubitatif.

Pourtant, Demonic maîtrisait correctement son sujet dans ses deux premiers tiers. Les coups de flip s’enchaînaient avec énergie durant toute la visite de la maison. Grâce à sa panoplie de jump scares, le film de Will Canon se mettait son spectateur dans la poche en le tenant en haleine. Malheureusement, il finit par s’égarer dans sa dernière partie, bien en dessous de ses promesses et de nos attentes.

D’un autre côté, niveau casting, on est servi. Cette petite production de 3 millions de dollars s'offre, tout de même, Maria Bello (A History of Violence, Fenêtre Secrète, The Dark) et Frank Grillo (American Nightmare 2 : Anarchy, My Soul To Take, Mother's Day) interprétant les deux membres du FBI. On notera également la présence de James Wan (Insidious, Conjuring : Les dossiers Warren, Dead Silence) à la production dont on peut légèrement sentir la patte dans le twist et dans l’esthétique générale.

Faute de réinventer le genre, Demonic divertit et le fait avec les honneurs. Laissez juste votre cerveau de côté et profitez de ce petit film qui, malgré son aspect brut de décoffrage, propose une bonne dose d’angoisse ainsi qu’un casting assez fourni. On est donc d’autant plus surpris que le film n’ait jamais bénéficié d’une sortie de par chez nous.

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