Voir la fiche complète du film : Détour Mortel 5: Les Liens du Sang (Declan O'Brien - 2012)

Détour Mortel 5: Les Liens du Sang

Que retenir de ce cinquième opus ? Pas grand-chose. Qu'il contient quelques meurtres sympathiques, mais qu'il constitue surtout la première grande déception de la franchise.
Publié le 6 Novembre 2012 par GeoffreyVoir la fiche de Détour Mortel 5: Les Liens du Sang
4

Jusqu'ici, la saga Detour Mortel avait su conserver un niveau qualitatif très honorable compte tenu de son budget et de ses chapitres formatés pour le DTV. Un exploit quand on la compare à d'autres franchises qui ont sombré bien plus vite qu'elle dans la médiocrité (au hasard, les Hellraiser). Mais cette fois ça y est, mes bons amis, Détour Mortel 5 est l'épisode qu'il ne fallait pas faire ou, tout du moins, qu'il ne fallait pas faire de cette façon-là.
Car avec ce cinquième opus, suite directe du quatrième et qui se place donc chronologiquement avant les trois premiers (vous suivez toujours ?), la saga de nos tarés congénitaux commence à sentir franchement le pâté.


Give me five, bro !

Dans une petite ville de l'ouest de la Virginie se déroule le célèbre Mountain Man Festival, durant la période d'Halloween. Cette réunion de gens déguisés et masqués est propice à nombre de méfaits mais surtout à une véritable nuit de folie.
Mais une famille consanguine et violente s'invite à la fête pour délivrer son patriarche emprisonné par le shériff...


Donne ta langue au chat, pétasse !

Par où commencer pour vous faire comprendre l'étendue du désastre ? Peut-être par les décors.
Après l'hôpital et les sempiternelles forêts, c'était sans doute une bonne idée de placer l'action au coeur d'un centre urbain. Le problème c'est que dans Détour Mortel 5 (ou Wrong Turn 5 : Bloodlines) la ville se résume à quelques décors étriqués (le bureau du shérif, une chambre d'hôtel, un terrain de foot, et trois rues).
Rarement une cité n'aura autant senti le studio. On s'attendrait presque à voir les murs du hangar surgirent au détour d'un bâtiment mal finalisé.

De plus, le scénario nous promet une orgie sanglante qui ne viendra jamais. La ville est en effet censée accueillir une festival de renommée nationale dont on ne verra jamais la couleur. Quelques dizaines de figurants en début de métrage et hop, expédié le festival. Pendant tout le reste du film, les rues demeureront INCROYABLEMENT désertes, ce qui ne manquera pas d'interloquer jusqu'au spectateur le moins exigeant. Car, en effet, comment croire qu'une fille peut agoniser pendant une heure sur le trottoir, les tripes à l'air, sans que personne ne s'en rende compte ? Même dans les villages les plus reculés de France, il y a plus de passage que dans cette ville.
Franchement, si c'était pour obtenir un tel résultat, Declan O'brien (réalisateur et scénariste de la chose) aurait mieux fait de rester dans les bois.


Doug is back !

Vous allez me dire que l'important dans un Détour Mortel ce n'est pas le décor ou l'histoire, mais les exactions sanglantes de nos tarés congénitaux. Oui... mais non. Bien sûr les précédents opus étaient organisés de façon à mettre en valeur les meurtres, mais le semblant de scénario affichait tout de même un minimum d'ambition. Ici, Declan O'brien dépose clairement les armes et n'a plus comme unique ambition que de proposer un spectacle visuel sanguinolent. Problème : l'ami O'brien n'est pas un réalisateur hors-norme. Il serait même ce qu'on appelle dans le jargon cinématographique un "vulgaire tâcheron". En résulte des séquences effroyablement mal foutues et peu crédibles.
Par exemple, la séquence de la tondeuse sur le terrain de foot. Cela aurait pu être fun et gore, c'est juste raté.

Si le réalisateur parvenait à faire illusion dans les précédents épisodes grâce à une ambiance relativement décontractée du slip, force est de constater que le ton sérieux adopté par Détour Mortel 5 lui sied mal. Quelques fulgurances comiques parsèment le film, mais dans l'ensemble il se prend trop au sérieux pour que cela fonctionne.


Y avait pas pénalty m'sieur l'arbiiiiiitre !

Et que penser des énormes incohérences du scénario ? Que penser d'une fille qui parvient à faire se fait crever les yeux alors qu'elle tient en joue le méchant qui est de dos à trois mètres d'elle ? (Miracle de l'ellipse). Que penser de la pauvre demoiselle qui agonise les tripes à l'air en pleine rue ? Que penser de la ville transformée en ville fantôme alors que s'y déroule au même moment un des plus grands rassemblements d'Halloween ? Et je ne parle même pas du final avec la fille aveugle...
A un moment, il faut arrêter de prendre le spectateur pour un con. Ce que visiblement Declan O'brien n'a pas compris pour pondre une histoire aussi aberrante et truffée de trous.

Sans compter que les méchants Three Finger, Saw Tooth et One Eye ne sont plus que l'ombre caoutchouteuse d'eux-mêmes, leurs maquillages grossiers ressemblant plus à des masques de carnaval qu'à des visages crédibles.

Heureusement, Doug Bradley (inoubliable Pinehead de la saga Hellraiser) est impeccable dans le rôle du patriarche et son personnage permet de combler une lacune apparue dans la présentation des origines sanglantes du 4ème volet. On peut en effet raisonnablement penser que c'est le même personnage qui mourrait dans le premier Détour Mortel et se présentait alors comme le père des tarés.


Franchement, vous y croyez à ce visage ?

Bref, que retenir de ce cinquième opus ? Pas grand-chose. Qu'il contient quelques meurtres sympathiques, mais qu'il constitue surtout la première grande déception de la franchise.
Sans doute les producteurs devraient-ils arrêter là les frais.

A propos de l'auteur : Geoffrey
Portrait de Geoffrey

Comme d'autres (notamment Max et Dante_1984), je venais régulièrement sur Horreur.net en tant que lecteur, et après avoir envoyé quelques critiques à Laurent, le webmaster, j'ai pu intégrer le staff début 2006. Depuis, mes fonctions ont peu à peu pris de l'ampleur.

Autres critiques

The Dead
Alors que son avion se crashe en pleine mer, Brian Murphy, un soldat américain, est contraint de parcourir le sol africain infesté de morts-vivants. Nombreux sont les cinéastes à avoir tenté l'aventure du film de zombies après avoir vu les maîtres du genre à l’½uvre (qui a dit Romero ?). Le résultat : des productions souvent bancales, parfois risibles et, de temps à autre,...
Chroniques de Tchernobyl
Si le nom d'Oren Peli ne vous dit rien, c'est que vous vivez dans une grotte ou alors vous ne vous intéressez sûrement pas au cinéma d'horreur et par la même occasion, vous n'en avez strictement rien à foutre de cette critique. Ce monsieur est le responsable de bons nombres de méfaits dans le cinéma d'horreur de ces dernières années, et c'est aussi le responsable d'une saga qui tire un peu trop...
Puppet Master III
Durant la seconde guerre mondiale, à Berlin, les spectacles de marionnettes du célèbre André Toulon attisent l'intérêt d'un soldat nazi, surpris par l'agilité de ces créatures. Suite au succès des deux premiers films, le producteur Charles Band décide de raconter les circonstances du drame ayant amené Toulon à combattre les nazis. Ce prequel (une rareté à l'époque dans le milieu cinématographique...
Time out
Adulé pour Bienvenue à Gattaca (son premier long-métrage), Andrew Niccol est un réalisateur peu prolifique (seulement quatre films en quatorze ans de carrière), mais dont la filmographie est d'une qualité certaine, pour ne pas dire rare. Après un magistral Lord of war en 2005, sans doute le meilleur rôle de Nicolas Cage soit dit en passant, le réalisateur revient à la science-fiction avec...
The Hills run red
Un slasher/survival en milieu forestier, ça vous dit? Comment ça, non? Mais si allez, je vous promets que celui-ci vaut le détour. Tout d'abord, sachez que le film jouit d'une très bonne réputation grâce à un buzz sur le net et à quelques apparitions réussies en festival. Ce Direct-to-dvd produit par Dark Castle et distribué par la Warner permet au réalisateur Dave Parker ( Les Morts...