Voir la fiche complète du film : Dinotopia (David Winning, Mario Azzopardi, Thomas J. Wright - 2002)

Dinotopia

Si vous avez aimé Dinotopia, passez votre chemin sur cette série opportuniste qui se contente de profiter du succès de l'oeuvre originale. L'incompréhension se mêle à la déception lorsque l'on se rend compte que les préceptes de son aîné sont honteusement relégués aux oubliettes pour donner suite à des péripéties fades et sans réels intérêts. L'immersion et l'éblouissement ne sont plus au rendez-vous. Triste constat.
Publié le 30 Janvier 2013 par Dante_1984Voir la fiche de Dinotopia
4
Dinosaure

Après avoir sauvé Dinotopia des carnivores, Karl et Scott tentent de s'accoutumer à cet environnement pour le moins singulier. Toutefois, ils devront à nouveau explorer l'île pour découvrir le mystérieux élément qui semble faire perdre le pouvoir des pierres solaires. Une nouvelle aventure commence…

Après l'excellente mini-série télévisée amorcée par Marco Brambilla, il était presque inévitable de voir ressurgir le monde de Dinotopia sous forme d'une autre série. On se souvient encore de l'émerveillement ressenti face à l'exploration et l'aventure prodiguée par son aînée. Outre la magnificence des paysages, ses dinosaures plus ou moins amicaux et ses habitants hauts en couleur aux moeurs très pacifiques, Dinotopia se targue de réunir à la fois les grands et les plus petits sous une même bannière pour une lecture de l'oeuvre de James Gurney différente. C'est donc avec un certain optimisme que l'on entame cette nouvelle incursion à Dinotopia.


Dinotopia dans une piètre situation.

Pourtant, la déception est à la hauteur de nos espérances. Première déconvenue, les acteurs ne sont plus les mêmes, et ce pour chaque rôle. Des protagonistes au second rôle, le grand nettoyage de printemps a été effectué. En lieu et place de cela, on nous octroie une brochette d'interprètes qui manquent de charisme et de répondant par rapport à leurs prédécesseurs. Inutile de dire que l'identification aux personnages est beaucoup plus difficile. On a du mal à retrouver nos repères et savourer pleinement la suite des aventures des frères Scott. Dernier petit détail, la voix originale de Zippo est également passée à la trappe pour un doubleur au timbre pataud et furieusement absent.


Notre nouveau trio d’aventuriers… bien fades.

Leur caractérisation est poussée à l'extrême, quitte à en faire parfois des caricatures grossières. Karl est plus égocentrique et obtus que jamais, David beaucoup trop passif et Frank, une sorte de mélange entre les deux qui impose sa vision des choses sans prendre en considération les avis des autres. La liste continue sur tous les protagonistes. Certaines situations deviennent cocasses ou ridicules et les personnages les plus attachants sont aussi les plus inattendus (Lesage).


Ce qu’il reste après avoir gâché pareil potentiel.

Comme si cela n’était pas suffisant, il faut également incriminer la platitude du scénario. Au fil des épisodes, on prend conscience d'événements éculés qui n'apportent strictement à la série. S'il réside quelques bonnes idées çà et là (le mythe de la jeunesse éternelle, la pierre qui permet de contrôler les T-Rex...), elles sont rapidement gâchées par des épisodes à la légitimité toute discutable. Dès lors, les principaux enjeux vitaux de Dinotopia se muent en un combat de boxe fade, un voyage dans le temps ubuesque ou une quête désespérée pour quitter l'île. Le constat est aussi amer qu'incompréhensible puisque les bases de l'univers étaient déjà posées. On est loin des sensations procurées par son aîné.


L’un des seuls personnages nouveaux qui valent le détour.

Étant donné cette triste réalité, certains concepts fondamentaux de Dinotopia disparaissent sans le moindre argument. Si les affrontements demeurent assez discrets et complètement ratés, ils sont bels et bien présents. Une contradiction maladroite et inopportune qui sape les fondements mêmes de Dinotopia : la non-violence. Les scénaristes, peu inspirés au demeurant, ne parviennent non seulement à trouver l'étincelle pour faire revivre l'île des dinosaures, mais s'amuse à trucher avec les lois clairement évoquées auparavant. Soi dit en passant, cela ne les empêche nullement de les citer pour les rompre aussitôt après. L'harmonie et l'osmose qui y régnaient ne sont plus qu'un lointain souvenir.


26, v’là les flics !

Même au niveau des effets spéciaux, cette série accuse le coup, pourtant sortie juste après celle de Marco Brambilla. Les traits des dinosaures sont moins marqués, plus grossiers qu'auparavant. Mais le pire provient sans nul doute des T-Rex et de leurs attaques. Ça court dans tous les sens, le hors-d'oeuvre est pris au piège et le carnivore croque sa proie dans un joyeux festival de... rien du tout ! Il n'y a pas de purée de pixels, ni même une gerbe de sirop d'érable, simplement une disparition subite de l'écran. Cela montre clairement le dédain que porte la nouvelle équipe pour cette oeuvre. On pille littéralement des plans à la première série pour les incorporer plus ou moins judicieusement dans celle-ci. Des stock-shots qui traduisent la fainéantise de tous et le peu d'inspiration des autres.


Une odyssée de basse voltige.

Bref, cette nouvelle série TV Dinotopia est aussi décevante que la précédente nous avait émerveillés. Si elle n'utilisait pas l'univers déjà connu du plus grand nombre et changeait son nom, on pourrait croire qu'il s'agit de deux séries sans le moindre rapport. Trop de différences qualitatives sur la forme et le fond. Acteurs en deçà de nos attentes, effets spéciaux amoindris ou recyclés, mais surtout des histoires peu engageantes qui finissent d'achever l'espoir de trouver le digne successeur du premier Dinotopia. On se retrouve avec un ersatz biaisé d'un univers riche et avenant qui met en exergue le travail minimaliste d'une équipe peu impliquée dans un projet de pareille envergure.

A propos de l'auteur : Dante_1984
Portrait de Dante_1984

J'ai découvert le site en 2008 et j'ai été immédiatement séduit par l'opportunité de participer à la vie d'un site qui a pour objectif de faire vivre le cinéma de genre. J'ai commencé par ajouter des fiches. Puis, j'ai souhaité faire partager mes dernières découvertes en laissant des avis sur les films que je voyais.

Autres critiques

Gallowwalker
Ce sont dans les mélanges de genre que l'on trouve les meilleures idées ou tout du moins les plus osées. Mai s'il y a bien un genre qui n'est pas très sujet aux mélanges, c'est bien le western. Certes, il peut explorer certains thèmes, comme la vengeance, le drame ou encore l'action, mais il rentre peu dans le fantastique ou dans l'horreur. Vorace de feu Antonia Bird en est un excellent exemple,...
Dark Hour, The
**Attention, cette critiques contient quelques spoilers.** Une poignée de survivants d'une guerre bactériologique considérable se terre dans des sous-terrains envahis par divers dangers. Le cinéma de genre ibérique se porte bien. Après quelques tentatives érotico-fantastiques assez fantaisistes durant les années 60-70 (cf les filmographies de Jesus Franco et de Jacinto Molina), le cinéma espagnol...
Orphan black
Au vu de la difficulté de se renouveler dans un domaine particulier ou même d’offrir un concept original, le mélange des genres est à l’ordre du jour dans l’univers des séries TV. Récemment, on l’a vu avec des titres tels que Continuum ; où science-fiction et policier se mêlaient sur fond de voyage dans le temps. Dans un registre similaire et également plus confidentiel, l’éphémère et décevant...
TV Show
Attention, cette critique contient des spoilers. Pour les besoins d'une expérience scientifique très bien rémunérée, dix personnes de divers horizons acceptent d'être enfermés durant une semaine dans un bunker, filmés 24 heures sur 24. Très vite, ils se rendent compte qu'ils doivent respecter certaines règles, sous peine d'être "éliminés" ! Avec le succès fulgurant de Ring et autres Dark Water ,...
Dance in the Vampire Bund
On le sait, les vampires ont largement été représentés dans la culture populaire. Le septième art ne fait pas exception à la règle et, tout comme les zombies et autres mythes en vogue, a usé le filon jusqu'à la corde. Difficile d'innover sur un sujet aussi récurrent et encore plus de ne pas sombrer dans les clichés maladroits après le passage de la bit-lit et ses rocambolesques romances à l'eau...