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Fairy in a cage

À cheval entre l'érotisme et l'horreur, Fairy in a cage se révèle trop inconstant et vide pour susciter une quelconque attention. L'exemple type du produit de bas étage vite fait mal fait que l'on oubliera avec empressement.
Publié le 26 Novembre 2013 par Dante_1984Voir la fiche de Fairy in a Cage
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On connaît le cinéma japonais pour son originalité, sa folie et, parfois, sa violence graphique exacerbée au possible. Loin des fondamentaux occidentaux, on y découvre la plupart du temps une singulière mise en scène, une culture traditionaliste prégnante à travers une histoire farfelue et incongrue au possible. Dans certains cas, les films sont plus posés, mais il ressort toujours une volonté évidente de donner au matériau une identité forte, souvent grâce à une atmosphère immersive. Il existe un genre particulier, en marge de la production habituelle, que l'on nomme pinku eiga (littéralement cinéma rose) à rapprocher sensiblement de nos films érotiques avec une certaine retenue.

La société nippone Nikkatsu en avait fait son cheval de course pendant les années 1970 et 1980 (jusqu'en 1988 pour être précis), allant jusqu'à rebaptiser le genre : « roman porno ». Il faut savoir que cette appellation n'a rien à voir avec un quelconque livre et encore moins de la pornographie (l'on parlera ici d'érotisme soft). Comme vous vous en doutez, le procédé est racoleur au possible et ne propose rien de moins qu'une interminable série de métrages filmés à la va-vite, à la qualité toute relative au vu des scénarios avancés, ainsi que des contraintes de productions (budget, durée de tournage...). Dès lors, on s'interroge sur la manière de critiquer un tel produit. Faut-il le considérer comme un navet insipide perclus de scènes de sexe ?

Bien sûr, il y en aura, mais ne grillons pas les étapes. Le pitch de départ évoque le torture-porn avant l'heure. Séquestration, tortures physiques et psychologiques, viols... Sur le papier, l'on s'attend donc à un mélange des genres. En cela, Fairy in a cage pourrait se révéler d'un intérêt minime. Seulement, l'introduction scabreuse laissant augurer les festivités se révélera à l'image du reste : racoleur et facile, sans jamais contenter le public. Tout d'abord, l'histoire se trouve sous le niveau de la mer. On a droit à des officiers sadiques qui torturent des prisonniers (à tort) pour leur bon plaisir. Il n'existe aucun mobile, aucune motivation. Chaque séquence peut se suivre indépendamment sans jamais nuire à la compréhension puisqu'il n'y a rien à saisir.

À l'image d'un récit absent, on relègue les personnages à de vagues esquisses sans aspiration, sans sentiments. Les victimes deviennent objets. Les soldats, eux, ne sont que des bourreaux psychotiques et pervers. On ne décèlera nulle trace d'émotions et le jeu des acteurs s'avère minimaliste au possible. En dehors des gémissements de circonstances, des rires graveleux ou des invectives sans reliefs, leur interprétation ne dispose d'aucune nuance. Non seulement on a du mal à compatir à la souffrance des protagonistes, mais on dirait même qu'ils y prennent une certaine forme de plaisir tordu inavoué.

Pour ceux qui se demanderaient si le présent métrage rentre dans la case des fameux Catégorie 3, on reste perplexe. D'une part, nous sommes en 1977 (la Catégorie 3 est naît d'une loi sur la censure et la classification des films en 1988), d'autre part Fairy in a cage se retrouve constamment ballotté entre le pinku et l'horreur sans jamais trouvé son équilibre. Tout comme les scènes de sexe, la torture demeure très soft et peu imaginative. On retiendra une certaine propension pour le bondage (et les variantes qui en découlent), ainsi que certaines pratiques sado-maso, voire urophile. Mais vous ne verrez rien de bien choquant à l'écran. En général, le réalisateur se sert des sempiternels hors champ, ou d'objets devant la caméra pour rester dans les clous.

Hormis, des paires de seins dénudés, des gémissements (encore eux) et des positions suggestives, le film n'offre rien pour les amateurs de belles plantes asiatiques ou les inconditionnels de l'horreur versée dans le gore. Exception faite du final et d'une ou deux séquences, vous ne verrez pas l'ombre d'une gouttelette de sang. La mise en scène se montre fade et plate au possible. La photographie s'avère soignée, mais l'on ne décèle aucune volonté de rendre l'image un tant soit peu esthétique. Le constat se confirme devant des trucages sommaires et réducteurs au possible. On sent vraiment que nous sommes en face d'un produit bas de gamme avec une démarche commerciale évidente.

Au final, Fairy in a cage ne se révèle qu'un titre racoleur, vide et inepte. Outre le fait de ne jamais savoir sur quel pied danser (tour à tour érotique, horreur), l'histoire ne raconte absolument rien. Les passages sont cousus de fil blanc (les dialogues sont d'une pauvreté extrême) pour dénuder des femmes aux courbes avantageuses et ça s'arrête là. À cela, l'ensemble se veut soft sur tous les plans. Aussi bien le sexe que les tortures sont trop évasives, trop suggestives et pas assez explicites pour contenter le public amateur de ces deux genres. On se retrouve donc bien loin d'une atmosphère scabreuse et dérangeante auquel on aurait pu s'attendre au vu du pitch de départ et de son affiche. Comme quoi, 70 minutes peuvent paraître terriblement longues quand on regarde un film mal fichu et sans intérêt.

A propos de l'auteur : Dante_1984
Portrait de Dante_1984

J'ai découvert le site en 2008 et j'ai été immédiatement séduit par l'opportunité de participer à la vie d'un site qui a pour objectif de faire vivre le cinéma de genre. J'ai commencé par ajouter des fiches. Puis, j'ai souhaité faire partager mes dernières découvertes en laissant des avis sur les films que je voyais.

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