Voir la fiche complète du film : Five Girls (Warren P. Sonoda - 2006)

Five Girls – Critique

Five Girls

Un très mauvais film d'horreur nanti d'un scénario d'une bêtise affligeante...

Publié le 23 Mai 2012 par AqME · Voir la fiche de Five Girls

Ron Perlman est vraiment un faire valoir dans beaucoup de ses films. Tournant aussi bien dans de grandes productions comme Le nom de la rose, Hellboy ou encore Drive que dans des films à l'intérêt plus limité comme Désolation, The Devil's Tomb ou encore ce Five Girls. Le film s'axe ici sur un internat de greluches assez bizarre et sur la sorcellerie et les esprits. Le métrage fait ainsi penser à The Woods de Lucky McKee tout en s'en éloignant pour proposer une ambiance plus urbaine mais avec une histoire plus insipide.

Autant le dire tout de suite, le film est très mauvais et cela se voit dès les premières minutes. Mais étant d'un caractère curieux et persévérant, c'est jusqu'au bout que j'ai regardé ce métrage...


Ouais, je me sens pas très bien, il devait pas être frais le poisson du resto chinois...

Le scénario s'articule autour d'une intrigue à la fois simple et complexe. L'histoire démarre avec un père déposant sa fille rebelle devant une école religieuse qui a l'air fermée. Mais le père est décidé et il laisse sa fille en plan devant la porte verrouilée. Au bout d'un moment un homme mystérieux l'accueille, puis la directrice de l'école. Cette jeune fille va découvrir le seul prêtre enseignant de l'école (incarné par Ron Perlman) puis quatre autres nanas rebelles comme elle. Sauf que des évènements bizarres vont se produire comme des hallucinations et un fantôme/démon des plus collants. Rien de bien neuf donc, on retrouvera dans cette histoire tous les ingrédients de ce que l'on a déjà vu dans Buffy, ou une autre production de ce genre.
Le problème, c'est que l'on ne comprend pas grand chose à ce qu'il se passe et on ne sait pas pourquoi il y a ce démon au départ. Alors bien évidemment, il y a un étage de fermé dans lequel il ne faut pas aller, mais deux des gonzesses vont s'y aventurer et à partir de là, ça va partir en cacahuètes.

Le souci dans ce genre de film, c'est qu'il faut deux choses importantes : de bons acteurs et une bonne ambiance. En effet, sans une ambiance lourde, pesante, brumeuse, presque gothique, il est difficile de susciter de la peur chez le spectateur. Délaissant le coté gothique et isolé, comme on peut le percevoir dans The Woods, le réalisateur préfère s'ancrer dans un milieu urbain, ce qui n'était pas une si mauvaise idée. Mais ici, l'ambiance est d'une platitude mortelle, les décors sont vides et tout cela ne fait pas crédible du tout. On dirait que le film a été tourné dans un vieux bâtiment désaffecté pour ne pas dépenser de thunes dans les décors. Le résultat est simple, on s'attend à tout et on ne frémit pas une seule seconde.


Hum, une question me taraude: dois-je virer mon agent ?

Niveau casting, c'est complètement raté : on nous propose cinq gonzesses assez jeunes, plutôt pas trop mal foutues, mais dont le charisme équivaut celui d'Amanda Lear. Rien qu'à ça, on sait déjà que le film sera une catastrophe. Elles jouent comme des patates. Sans compter que la directrice semble avoir le même âge qu'elles, mais avec une coupe de cheveux plus stricte. Pour en rajouter une couche, chaque personnage possède un background aussi épais qu'une lime à ongle. Et au milieu de ces donzelles, l'imposant Perlman semble ne pas savoir où donner de la tête. Alors, soit il s'en tape et il a besoin de payer des factures, soit il est complètement affolé par la vision dantesque de tous ces petits minois autour de lui...

Parlons un peu des effets spéciaux : C'est vrai que dans tout film de fantôme démoniaque à tendance possessif, il y a des effets numériques qui sont censés faire peur. ici, c'est plutôt des rires qu'ils provoquent. Pour un film réalisé en 2006, c'est tout simplement ridicule. Je prends pour exemple la magnifique scène de fin, aussi magistrale qu'un tiramisu sans café, où le démon prend forme et il ressemble à un squelette de chez Harryhausen, le charme en moins, l'effet d'incrustation raté en plus. Le film accumule ainsi des années de retard en matière d'effet numérique. J'en veux pour preuve que le peu de sang visible est fait de manière numérique et qu'il est abominablement raté. Ceux qui espèreraient voir du gore peuvent aller se rhabiller, car il n'y a rien, hormis un joli meurtre à base de dictionnaire (ou une bible je ne sais plus) et un fantastique planté de crucifix.


Au moins une scène intéressante dans ce film !

Au final, Five Girls est un très mauvais film d'horreur ou d'épouvante, appelez le comme vous voulez, de toute façon il ne fait pas peur. Avec un scénario d'une bêtise affligeante, des actrices qui feraient mieux de faire du porno, un Ron Perlman qui s'emmerde à mourir et des effets spéciaux datant de l'âge de pierre. Vous l'aurez compris, ce métrage est à éviter si vous ne voulez pas gâcher une bonne heure et demi de votre vie.
Bref, un film qui accumule les tares sans proposer quelque chose de nouveau, de frais ou de résolument gothique. Dans un certain sens, il m'a fait penser à Deadly Pledge qui est encore plus mauvais. Ah, j'oubliais, le twist final est tellement imbuvable et insipide qu'il énerve encore plus.

AqME
À propos de l’auteur : AqME

Autres critiques

The legend of Boggy Creek

The legend of Boggy Creek

Les films relatant les méfaits du bigfoot ou du sasquatch ont pris leur essor dans les années 1970. The Legend of Boggy Creek s’avance comme le fer de lance de ce sous-genre du survival animalier. Son succès a suscité bon nombre de vocations par la suite ; certaines plus dispensables que d’autres. S’appuyant sur de véritables témoignages et des faits divers, l’intrigue...
Robocroc

Robocroc

Si les requins demeurent l’espèce dominante dans le survival animalier, les crocodiles et autres alligators ont également eu droit à leur lot de productions plus ou moins déplorables. À l’image de Black Water , Primeval ou Rogue , on a pu apprécier de sympathiques et efficaces incursions. C’est sans compter sur une myriade d’élucubrations cinématographiques où les...
Brightburn : L'Enfant du mal

Brightburn : L'Enfant du mal

Si le film de super-héros reste l’occasion d’exploiter plusieurs genres, de la science-fiction à l’action, il dispose de codes à part entière. Hormis quelques exceptions, dont la trilogie Glass de Shyamalan, les productions Marvel et DC monopolisent allègrement cette frange du paysage cinématographique; elles-mêmes adaptées des comics respectifs. Aussi, il est particulièrement...
Evil Dead

Evil Dead

Le film d'horreur a beau être un genre ultra-référencé, l’annonce d’un nouveau remake, d’un reboot ou d’une préquelle d'un de nos précieux classique fait à chaque fois frémir. Si l’on a bien trop tôt fait de crier à l’hérésie ou au manque cruel d’imagination des scénaristes et producteurs actuels, l’histoire nous a pourtant appris qu’il ne faut pas pour autant ranger ces films dans la catégorie...
Messe Noire

Messe Noire

Une académie militaire, une chapelle et sa crypte poussiéreuse, une jeune recrue persécutée par ses camarades, un mystérieux grimoire ayant le pouvoir d’invoquer l’esprit maudit d’un moine espagnol révoqué par l’inquisition : tous les ingrédients sont réunis pour faire de cette Messe noire le parfait nanar que son titre laisse entendre. L'insuffisance du budget force la mise en scène à étoffer au...