Voir la fiche complète du film : Fractale (Yutaka Yamamoto - 2011)

Fractale

Fractale dispose d'une variété somme toute appréciable. Pourtant, il ne fait que survoler son potentiel à cause d'un nombre restreint d'épisodes. Un univers singulier et une histoire plaisante que l'on aurait aimée plus approfondie. On retiendra un moment agréable, mais bien trop court.
Publié le 9 Juin 2013 par Dante_1984Voir la fiche de Fractale
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Dans un monde régit par un système nommé Fractale, Clain rencontre la jeune Phryné poursuivie par un groupuscule aux intentions obscures. Alors qu'il la recueille chez lui, il découvre qu'elle a une valeur très spéciale. Quand elle disparaît mystérieusement en laissant un pendentif aux fonctions particulières, Clain veut la retrouver, mais ne se doute pas que ses croyances seront mises à mal...

On appelle fractale, une courbe ou une surface qui prend forme dans des structures semblables en tout point grâce à des règles plus ou moins aléatoires. Nous voilà bien avancés avec une pareille définition. Et pourtant, j'ai essayé de résumer de la manière la plus simple et concise ce en quoi consiste les fractales. En clair, il s'agit d'objets aux formes similaires dans des échelles plus ou moins grandes. Imaginez des poupées gigognes se multipliant à l'infini dans des dimensions particulières et vous aurez une idée de ce dont on parle ici. Mais pourquoi commencer la critique d'un anime par une obscure définition qui risquerait de faire fuir les lecteurs ?


Vous avez appelé les urgences ?

À travers le titre, on comprend que Fractale est un système qui régit le monde après un évènement cataclysmique (apocalyptique ?). On se situe aux alentours d’un millénaire après notre époque et... mystère. La tentative d'explication plus en amont visait simplement à saisir le concept de fractale étant donné que l'intrigue n'y répond que partiellement. Tout juste assimile t-on les grandes lignes de ce système, sorte d'hybride entre Internet et la Matrice. Sans tomber dans un didacticiel qui aurait ralenti le rythme, il aurait été bienvenu de nous octroyer de plus amples éclaircissements sur ses fonctions, sa création ou son histoire.

Au-delà de l'importance qu'il occupe au sein d'une société qui n'est plus que l'ombre d'elle-même, le spectateur a du mal à cerner les raisons qui poussent le Lost Millénium (un genre de groupuscules résistants et/ou terroristes) à rejeter en bloc Fractale. Le manque de liberté est mis en avant sans toutefois le justifier. Oui, les citoyens sont dépendants du système. Oui, ils sont comme des moutons suivant le troupeau. Néanmoins, ils jouissent d'un niveau de vie correct et honorable dans un cadre plaisant. Dans ce cas, il aurait fallu appuyer sur les failles du système ou le dictat que le Temple impose pour conserver sa toute-puissance.


Un chien en guise de ruban géant, des parents sous hallucinogènes, bonjour la famille !

À ce titre, l'on sent également la volonté d'octroyer une place non négligeable à la religion. Sous forme d'un mouvement universel (qui se rapproche pourtant de dominantes sectaires), Fractale est aussi une croyance destinée à enclaver les masses dans la complaisance et l'ignorance. Là encore, ce point n'est pas assez mis en avant. Une cérémonie, des paroles et des actes un peu trop sentencieux en guise d'avertissements sur les dérives religieuses ou l'affranchissement des anciennes divinités et l'on passe à autre chose. Malheureusement, ce constat est permanent durant la totalité des épisodes : des envies et une véritable profondeur qui ne seront jamais développées comme il se doit.

Pourtant, le scénario en lui-même se révèle à la fois prenant et le cadre immersif. La diversité des lieux, les différentes interactions possibles entre réalité et virtuel ou les aspects de la vie communautaire sont autant d'atours qui permettent de s'accaparer ce monde. L'animation n'est pas époustouflante, mais les couleurs vives et le design général forment un enrobage charmant, presque enchanteur. On ne s'attardera pas sur les rares images de synthèse (correctes, mais sans plus) servant principalement à la conception des vaisseaux ou des véhicules. Le travail technique est donc intéressant, riche en variété, mais loin d'atteindre des sommets.


Un bug dans la matrice ?

En ce qui concerne les protagonistes, on trouvera de l'excellent qui côtoie du banal. Clain, le « héros », dispose d'un physique peu marquant et d'une personnalité assez niaise. Ses réactions sont prévisibles, ses mimiques passablement agaçantes et ses motivations pas toujours bien définis. A contrario, la surprise provient de Nessa. Une jeune fille qui semble découvrir le monde avec des yeux de nouveau-né. Ce n'est pas naïf et l'on s'y attache très vite. Dans un autre registre, Phryné est également une jeune fille intéressante et offre une complémentarité bienvenue au trio de tête. Quant aux personnages secondaires, on regrettera qu'ils soient légèrement effacés au profit du bon déroulement de l'intrigue. Encore une fois, la faute incombe à la durée restreinte des épisodes.

Fractale essaye de multiplier les thématiques. Le foisonnement des problèmes abordés est sans doute son plus gros défaut. Au lieu de se contenter de développer un ou deux sujets, le scénario s'emmêle les pinceaux sans jamais réellement exploiter son plein potentiel. Il est vrai qu'une dizaine d'épisodes n'est pas suffisante. Dix supplémentaires n'auraient pas été superflus pour explorer le monde de fractale. Malgré une animation honnête, des personnages très attachants et un univers immersif, Fractale sent l'inachevé. Au final, la boucle est bouclée, mais l'on aurait souhaité de plus amples explications sur Fractale lui-même, son passé et les lieux visités.

A propos de l'auteur : Dante_1984
Portrait de Dante_1984

J'ai découvert le site en 2008 et j'ai été immédiatement séduit par l'opportunité de participer à la vie d'un site qui a pour objectif de faire vivre le cinéma de genre. J'ai commencé par ajouter des fiches. Puis, j'ai souhaité faire partager mes dernières découvertes en laissant des avis sur les films que je voyais.

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