Voir la fiche complète du film : Iron Sky (Timo Vuorensola - 2012)

Iron Sky – Critique

Iron Sky
Un tout bon film SF, amusant et spectaculaire...
Publié le 8 Mai 2013 par Geoffrey · Voir la fiche de Iron Sky

Avant même d'être sorti, Iron Sky s'était déjà payé un beau petit buzz sur le net. Pour deux raisons : d'une part, son idée de base propice à toutes les audaces faisait délirer les amateurs, et d'autre part, à cause de sa production chaotique, ses auteurs ont dû faire appel aux dons des internautes pour finaliser le tout.
Quand on sait que le projet Iron Sky est né en 2006, en Finlande, mais que sa production n'a réellement débuté qu'en 2008 grâce à sa présentation au Festival de Cannes, on mesure toute l'étendue du chemin de croix qu'ont dû affronter le réalisateur Timo Vuorensola et son équipe.

Mais voilà, ça y est, en ce début d'année 2013 Iron Sky a enfin débarqué sur nos écrans. Pour le meilleur ou pour le pire ? Les avis sont partagés. Personnellement, j'ai adoré. C'est aussi simple que cela.


Rencontre du troisième Reich...

Depuis 70 ans, ils nous observent. Dans l'ombre de la face cachée de la lune, les Nazis se préparent à l'attaque finale, prévue pour 2018...

Avec un pitch pareil, la moindre faute de goût aurait pu faire basculer l'entreprise directement dans les tréfonds du direct-to-dvd où se cotoyent tant de nanars ridicules. Mais il n'en est rien. Tout n'est pas parfait, bien entendu, mais le film présente tant de qualité et se veut tellement généreux qu'on ne peut que lui faire grâce de ses quelques approximations.
Car, franchement, dans le marasme formaté de la production cinématographique actuelle, Iron Sky fait souffler un vent de fraicheur bienvenu et soutient sans aucun problème la comparaison avec d'autres long-métrages SF possédant des budgets très nettement supérieurs.


La lune, tu peux faire une croix dessus...

Esthétiquement, le film a vraiment de la gueule, et on sent que les auteurs se sont creusés la tête pour créer un univers doté d'une évolution technologique crédible. En résulte une esthétique rétro-futuriste très travaillée et impressionnante. Bases lunaires, costumes, vaisseaux spatiaux (raaaaah, ces zeppelins interstellaires...), rien ne dénote dans l'aspect esthétique d'Iron Sky. C'est d'autant plus remarquable que, je le répète, les effets spéciaux sont dignes d'un blockbuster américain malgré un budget restreint (on parle de 7,5 millions d'euros), et ce jusque dans son final qui n'a absolument pas à rougir de la comparaison avec d'autres Space Opéra.

Notons quelques réminissences de Star Wreck : In the Pirkinning durant cette bataille spatiale finale. Normal, puisqu'il s'agit des mêmes auteurs.


Ils reviennent. Et ils ne sont toujours pas contents.

Évidemment, le long-métrage de Timo Vuorensola n'est pas à prendre au sérieux, loin de là! Avec un synopsis basé sur un hypothétique quatrième Reich dans l'espace, il faut laisser son esprit carthésien de côté pour apprécier pleinement le spectacle. Tout est d'ailleurs mis en oeuvre pour nous rappeler que ceci n'est qu'une farce, par exemple en évitant soigneusement de tomber dans le politiquement incorrect. Ainsi, il n'est jamais fait mention de l'holocauste ou des aspects les plus noirs des desseins nazis. Ces derniers ne sont d'ailleurs que des abrutis militaires de base, guignolesques et peu dangereux.
Cela dit, Iron Sky sait se montrer intelligent dans son humour (avec notamment tout un pan du scénario basé sur Le dictacteur de Charlie Chaplin, ce qui reste l'une des meilleures idées du film).
On notera également des dialogues savoureusement référentiels, comme l'invention de « l'Uber transmetteur Systématique Bilatérale » par un vieux savant fou, qu'il abrège par « USB », ou encore la scène dans laquelle deux gardes feuilletant un magazine pour adultes indiquent très justement : « Quand elles ont des poils, ça fait penser à la moustache de notre Führer bien-aimé !»

Mais pour être honnête, si l'ingrédient humoristique est bien présent, on assiste surtout à une aventure menée tambour battant, soutenue par un scénario bien construit, et peuplé de personnages hauts en couleurs.


L'inventeur de l'USB et son ordinateur à la pointe de la technologie

Le long-métrage de Timo Vuorensola est donc une série B franchement sympathique, mais un peu trop propre sur elle et un poil trop politiquement correct. Il manque ce petit grain de folie qui l'aurait propulsé au rang de chef-d'oeuvre incontestable.
Mais bon, ne faisons pas la fine bouche. Malgré ces réserves, Iron Sky reste un film comme on n'en voit que trop rarement. Malheureusement.

Geoffrey
À propos de l’auteur : Geoffrey

Comme d'autres (notamment Max et Dante_1984), je venais régulièrement sur Horreur.net en tant que lecteur, et après avoir envoyé quelques critiques à Laurent, le webmaster, j'ai pu intégrer le staff début 2006. Depuis, mes fonctions ont peu à peu pris de l'ampleur.

Autres critiques

Le Métro de la Mort

Le Métro de la Mort

Passé inaperçu à l’époque de sa sortie, LE MÉTRO DE LA MORT a depuis acquis un petit statut de film culte, à tel point que Guillermo Del Toro himself a déclaré à son propos « Il a changé à jamais ma façon de voir l'horreur et, à bien des égards, ma façon de voir le cinéma ». Excusez du peu. Le réalisateur mexicain saura d’ailleurs s’en souvenir au moment de...
La Morte-Vivante

La Morte-Vivante

**Attention, cette critique contient quelques spoilers.** Chargés de se débarrasser de futs toxiques, trois hommes réveillent une jeune femme morte depuis deux ans, dans les catacombes d'un château. Unique cinéaste français pouvant se targuer d'être resté fidèle durant toute sa carrière au cinéma fantastique, dès la fin des années 60, Jean Rollin s'attaquait dès le début des années 80...
The Bat

The Bat

Au sein d'un vieux manoir, un groupe de personnes qui se connaissent plus ou moins doivent faire face à un dangereux criminel surnommé la chauve-souris. Alors que les disparitions s'égrènent, ils comprennent vite que le malfaiteur est l'un d'entre eux... Regarder un film muet, c'est comme explorer les balbutiements de l'ère cinématographique. Un voyage (in)temporel à...
Dracula

Dracula

Lorsqu’on cite un nom ancré dans la culture au sens large du terme, il n’est nul besoin de présentation. En revanche, l’inconvénient est d’y trouver une approche nouvelle pour parler d’une histoire que tous connaissent de près ou de loin. Dracula est sans aucun doute le personnage qui aura eu le plus d’adaptations sur grand ou petit écran. Parfois pour le meilleur, mais aussi pour le pire, l’...
Paranormal Activity 3

Paranormal Activity 3

Ils sont forts ces producteurs et scénaristes. Ils savent exactement comment rebondir sur un filon doré. Le premier film a marché, autant faire une suite. La suite a fonctionné, on a qu'à transposer l'idée du film dans un autre pays. Les ventes de DVD ont bien marché, on n'a qu’à faire un préquel maintenant non ? Et voila que déboule Paranormal Activity 3 , narrant la jeunesse des deux soeurs et...