Shadowz - la plateforme de VOD
Voir la fiche complète du film : Histeria (James Lee - 2008)

Histeria

Un film d'épouvante malaisien sans originalité mais correct, que les défauts bloquent au stade de l'anecdotique...
Publié le 10 Novembre 2010 par GeoffreyVoir la fiche de Histeria
6
Diable et Démon

Attention cette critique peut contenir des spoilers

Depuis 1998 et The Ring, les films de fantômes asiatiques ont déferlé comme un tsunami sur nos écrans. C'est ainsi que les filles aux longs cheveux, Gamins blancs (ou bleus c'est selon) et une foule d'esprits nés du folklore local ont fait frissonner des millions de spectateurs.
Il faut croire que le public asiatique ne lasse pas de ces histoires somme toutes répétitives car les cartons s'enchaînent régulièrement au box-office. C'est aussi le cas d'Histeria qui a rencontré fin 2008 un énorme succès dans son pays d'origine, la Malaisie.

Mais tout Malaisien qu'il soit, Histeria ressemble aux autres films de fantôme asiatique, a le gout et le look d'un film de fantôme asiatique mais il n'est pas un film de fantôme asiatique: c'est un film de MONSTRE asiatique. Nuance.


En effet, y a de quoi se prendre la tête...

Murni est la seule survivante d’un groupe de jeunes filles qui se nomme les «Pink Ladies». Elles ont été brutalement assassinées dans leur lycée privé et la police croit que Murni est responsable du crime via une crise d’hystérie. Interrogée par son médecin et un policier, elle raconte comment deux jours auparavant, à la suite de ce qu’elles croyaient être un simple jeu, elles ont invoqué à un démon...


N'insistez pas, elles ne se déshabilleront pas!

La créature qui sert ici de monstre au film et en fait l'originalité s'appelle un Hantu Raya. C'est une sorte de démon/fan­tôme au ser­vice d'un mor­tel et agissant comme le double maléfique de celui ou celle qui l’a appelé. Sa particularité (dans le film du moins) est de pouvoir prendre la forme humaine qu'il désire.
Dans Histeria, son physique "monstrueux" ressemble à... ben, à rien en fait. A vrai dire, il est très difficile de le décrire avec des mots. La seule chose que je peux vous en dire, c'est qu'il a l'air tout brûlé et possède de grandes dents. Sans doute pour mieux croquer les petites malaisiennes.
Sa présence à l'écran a néanmoins le don d'instiller un certain malaise.

Mais passé cette petite touche d'exotisme, que vaut réellement Histéria?
Pour être honnête, le film n'est pas mauvais mais il peine vraiment à se distinguer du lot des films d’horreurs asiatiques, que ce soit dans la construction de son récit et le respect des règles qui régissent le genre. Tout se passe comme prévu et le spectateur a toujours une longueur d'avance sur les protagonistes.
De plus, il y a dans le film une morale sous-jacente un peu conservatrice, voire rétrograde. Les victimes sont des filles frivoles, insouciantes et qui ne pensent qu'à s'amuser sans se soucier des conséquences. En gros, dans le film, ceux qui ne se conduisent pas bien et ne respectent pas les règles sont châtiés.
Quelque part c'est comme dans les slashers américains où seule la prude jeune femme a une chance de s'en sortir. Dans Histéria elle s'appelle Murni, est petite, n'a pas de petit ami et est brimée par ses amies.

On ne peut bien sûr pas en vouloir à James Lee d'avoir respecté les codes habituels aux films de ce genre mais on espérait tout de même un brin d'originalité dans une production malaisienne.
On notera malgré tout la présence d'une lesbienne et d'un (presque) baiser entre filles. C'est assez rare dans un pays à majorité musulmane comme la Malaisie pour être souligné.


Un peu de gore pour faire bonne figure...

Du coté de la réalisation, on notera qu'elle est agréable et de bonne tenue. Pas ou peu de cadrages osés mais l'ensemble s'avère bien fichu malgré un classicime parfois rébarbatif et des tics de mise en scène usés jusqu'à la corde (une fille, un miroir et hop: un fantôme). On appréciera par contre l'ambiance que parvient à distiller James Lee dans certaines séquences, lesquelles s'avèrent assez prenantes et efficaces.

En ce qui concerne les actrices, on peut dire qu'elles tiennent bien leur rôle de greluches énervantes. On remarquera que leur jeu est sans fausse note et donc crédible. De plus, la plupart sont très mignonnes, ce qui ne gâche rien.

Le problème c'est qu'il n'y a pas grand chose à dire sur leurs personnages tant ils sont minimalistes au niveau psychologie. Aucune des filles n'est développée, si ce n'est au travers de quelques paroles de leur professeur mais c'est tout. Elles ne sont là que pour servir de pâtée à la créature, point final. Ce qui nous amène à l'autre gros défaut du scénario, outre sa prévisibilité.
Comme précisé ci-dessus, le Hantu Raya est un démon au service d'un mortel. Le souci dans Histeria c'est que ledit mortel n'a aucune justification à ses actes et que le semblant d'explication qui transparait vers la fin tombe à plat. En effet, on ne voit pas ce qui peut amener l'assassin à posséder un tel esprit revanchard ou ce qui justifie une telle violence envers ces demoiselles. Ou alors nous ne disposons pas de tous les éléments. A moins que leur unique crime ait été d'être frivoles, mais là ce serait franchement critiquable...
Bref, tout ceci participe au fait que le final tombe comme un cheveu dans la soupe et laisse un gout amer.


Le démon. Je sais, on ne voit pas grand chose...

Malgré tout, Histeria reste un film honnête, relativement divertissant et que l'on regarde sans déplaisir. Dommage que ses défauts le bloquent au stade de l'anecdotique.
Geoffrey Claustriaux
A propos de l'auteur : Geoffrey
Portrait de Geoffrey

Comme d'autres (notamment Max et Dante_1984), je venais régulièrement sur Horreur.net en tant que lecteur, et après avoir envoyé quelques critiques à Laurent, le webmaster, j'ai pu intégrer le staff début 2006. Depuis, mes fonctions ont peu à peu pris de l'ampleur.

Autres critiques

Action ou Vérité
Qui n'a jamais joué à Action ou Vérité (ou à une de ses variantes) avec ses potes lors d'une soirée de beuverie ? Pas grand monde, je pense. Pourtant, ce jeu populaire a jusqu'ici été peu utilisé dans les films d'horreur malgré un potentiel certain. Imaginez un tueur forçant ses victimes à accomplir des gages dégueulasses... j'en vois déjà qui frétillent d'impatience. C...
Feast 2
Non, Feast 2 : Sloppy Seconds n'est pas un film à caractère pornographique où un petit chien noir et blanc s'en prendrait plein l'arrière-train. Il s'agit ici de la suite d'un film d'horreur qui a partagé le public, j'ai nommé Feast . Dans ce film, on dit adieu à Ben Affleck et Matt Damon pour la production et quand des gens quittent le navire, ce n'est jamais bon...
Le Fascinant Capitaine Clegg
A la fin du XVIII ème siècle, des soldats sont envoyés au large des côtes anglaises, sur ordre du Roi, afin de mettre un terme à la contrebande d'alcool dans un village isolé d'apparence tranquille. Cependant, selon certains habitants, les marais sont hantés par l'équipage du Capitaine Clegg. Au début des années 60, alors au sommet de sa popularité, la firme Hammer, par l'...
Paranormal Diaries
Suite à d'étranges événements ayant attrait à ce lieu depuis une quarantaine d'années, une équipe de documentaristes se lance dans un reportage sur l'église de Clophill. Au fil de l'enquête, le groupe comprend qu'il se passe effectivement des phénomènes inexpliqués aux alentours de cette église, la nuit venue. Depuis le succès de la saga des Paranormal Activity , le found footage est à la mode...
La nuit de tous les mystères
Bien connu pour sa prolifique carrière émaillée de séries B horrifiques aux qualités inégales, William Castle signe avec La nuit de tous les mystères un fleuron du film d’épouvante. Encore peu démocratisée à la fin des années1950, la thématique de la maison hantée pose ici les bases et les ficelles dont s’inspireront en partie d’autres cinéastes. Le statut de précurseur revient...