Voir la fiche complète du film : Sharktopus Vs. Pteracuda (Kevin O'Neill - 2014)

Sharktopus Vs Pteracuda

Au vu du pseudo-succès de Sharknado, Sharktopus revient sur le devant de la scène avec une suite qui joue dans la surenchère dans le domaine des aberrations génétiques, narratives et visuelles. Il en ressort un métrage informe truffé d’incohérences dont l’humour potache ne touche guère le plus indulgent des spectateurs.
Publié le 8 Novembre 2016 par Dante_1984Voir la fiche de Sharktopus Vs. Pteracuda
1
Requin

Si le survival animalier est devenu la proie d’étrons cinématographiques depuis plusieurs années, il faut reconnaître que certains producteurs (au hasard, SyFy ou Asylum) sont parvenus à repousser les limites de l’absurde avec brio. On croirait presque que n’importe quel tâcheron muni d’une caméra peut s’improviser réalisateur. Une histoire, un concept? Ce n’est pas sous ces latitudes qu’on en trouvera. Avant que le genre n’entre dans une nouvelle dimension stratosphérique de la bêtise humaine avec Sharknado, Roger Corman nous avait infligé sa «vision» nullissime des squales et des pieuvres avec une créature hybride moche à pleurer. Le terrifiant Sharktopus!

Heureusement que ce n'est pas la taille qui compte...

Aussi vu et aussi vite oublié. C’est pourquoi l’homme délaisse Declan O’Brien pour Kevin O’Neill afin de diriger cette suite. Ce dernier nous concocte une piqûre de rappel avec un nouveau nanar ineffable. Cette fois-ci, une autre aberration (qui ne ressemble toujours à rien) tente de voler la vedette au Sharktopus, le mal nommé Pteracuda. Moitié ptéranodon, moitié barracuda, 100% débile! Au vu de la vacuité abyssale du scénario, cette confrontation aurait pu amener un peu de piments entre deux scènes chaotiques ennuyeuses au possible. Au pathétique de la situation s’ajoute la dégradation progressive des cellules grises des spectateurs les plus courageux (ceux qui restent jusqu’à la fin ou, à tout le moins, ont dépassé la moitié du film). Rien de surprenant en soit, juste une surenchère dans l’idiotie la plus pure.

Difficile de concevoir un «scénario» qui se résume à aligner deux ou trois lignes de textes en multipliant par dix le nombre d’incohérences. Si l’on n’accorde guère d’importance à l’histoire dans un tel cas de figure, il ne suffit pas d’enchaîner les séquences sans lien véritable pour faire un film. Sharktopus Vs Pteracuda lorgne sur les plates-bandes de la non moins catastrophique saga Mega Shark. Deux bestioles hideuses qui jouent autant des dents et des mâchoires pour se trucider que pour déguster des idiots finis. Or, le présent métrage tente de véhiculer une folie pleinement assumée. Élément désormais repris par la majorité des étrons qui exploitent le même filon sans l’once d’une idée (ou d’un neurone).

Votre attention, je vous prie. L'instant bronzette est annulé pour cause de bestioles moches.

Ça s’agite à tout-va, ça lance des répliques cinglantes et... ça se vautre de la plus lamentable des manières avec un néant qui gangrène chaque aspect du film. Peut-on parler d’effets spéciauxquand on mêle maladroitement du latex et des pixels? Il faudrait déjà que les créatures ressemblent à autre chose qu’à un mélange improbable de deux animaux aux antipodes! Outre un design conçu sous champignons hallucinogènes (ou toute autre substance illicite qui montre que l’abus de drogues engendre de graves déficiences mentales), les responsables de ces choses ne sont même pas capables de tirer parti de leurs facultés de prédateur.

Sous la surface, sur terre ou dans les airs, le danger s’avère une vaste blague où les animations sont stupéfiantes de raideurs. Le penseur de Rodin aurait plus de chance de se mouvoir avec grâce et volupté au fond de ces eaux putrides! Pour compléter un tableau déjà calamiteux, les affrontements sont d’une régularité exemplaire quand il s’agit de faire du grand n’importe quoi. Une gifle de nageoire d’un Pteracuda, ça ne s’invente pas! Jouer au volley-ball avec une tête décapitée, non plus. Regarder Sharktopus Vs Pteracuda, c’est comme écouter une blague qui tombe à plat (ou à l’eau, en l’occurrence). Fort heureusement (ou non), le ridicule ne tue pas.

Non, un Sharktopus ça ne se mange pas.

Afin d’agrémenter les hors-d’œuvre, le réalisateur aurait pu convenir d’apporter un minimum de chair fraîche. Or, celle-ci préfère se complaire dans d’infâmes dialogues plutôt que de mourir le plus vite possible. À défaut d’être sympa, le film aurait pu être fun. Là aussi, on ne peut que constater les dégâts. On s’ennuie par le biais de situations alambiquées et, lorsqu’on voit poindre un semblant d’action (très confuse, cela dit), on nous l’expédie en deux ou trois plans mal dégrossis. Explosions de gerbes d’hémoglobines, de cris agaçants possibles et de quelques membres éparpillés çà et là. Comme si cela n’était pas suffisant, les réactions des victimes sont aussi stupides qu’incompréhensibles.

Au final, Sharktopus Vs Pteracuda est le digne successeur de son aîné si l’on demeure dans les abysses de la nullité. On passera outre sur un scénario inexistant ou le jeu d’acteurs complètement dépassé par le peu d’événements qui les occupent. Si l’on sent poindre le nanar dans toute sa splendeur, le film de Kevin O’Neill se veut autant opportuniste que mal fichu. Les affrontements entre les deux monstres sont confus au possible. Créatures qui, au demeurant, semblent tout droit issues d’un cerveau malade. Qui a l’idée de rapprocher et de fusionner un ptéranodon et un barracuda? Déjà que le mix du requin et la pieuvre était proprement déplorable... Toujours est-il que la multiplication des incohérences et d’un ennui latent finit d’achever un survival animalier pitoyable. Pas même amusant.

A propos de l'auteur : Dante_1984
Portrait de Dante_1984

J'ai découvert le site en 2008 et j'ai été immédiatement séduit par l'opportunité de participer à la vie d'un site qui a pour objectif de faire vivre le cinéma de genre. J'ai commencé par ajouter des fiches. Puis, j'ai souhaité faire partager mes dernières découvertes en laissant des avis sur les films que je voyais.

Autres critiques

Jersey Shore Shark Attack
Ce n’est une surprise pour personne, se lancer dans la production d’un survival animalier mettant en avant des requins est une véritable gageure. Rarement capable de sortir du sillage des Dents de la mer , le genre s’est fourvoyé depuis bien des années dans les affres de la nullité consommée. Et pourtant, une poignée de tâcherons opportunistes ne cessent de nous infliger des...
Blanche-Neige et le Chasseur
Tout le monde connaît les contes de Grimm. Ils ont souvent bercé notre enfance, et ils sont rentrés dans la bibliothèque mentale de beaucoup de monde. Quand le scénariste du film Evan Daugherty écrit pour la première un scénario, il signe une réadaptation du conte Blanche-Neige. Il prend le temps de l'écrire et surtout de le proposer aux producteurs. L'histoire s'arrache à prix d'or et promet une...
Battleship Pirates
Il y a différentes façons d'être étonné par un film. Le mieux reste d'être épaté par le talent, la mise en scène ou encore l'intelligence du scénario. Mais très souvent, on se retrouve face à des films qui laissent un arrière-goût amer, celui de s'être fait prendre pour un débile profond. Scénarios indigents, acteur au rabais, effets spéciaux, très spéciaux, mise en scène calamiteuse, les raisons...
Killer Mountain - Les Roches Maudites
Au vu de sa filmographie, Sheldon Wilson apprécie particulièrement le survival animalier, comme le démontre Kaw ou Carny . Des métrages modestes, perfectibles par leur moyen, qui réussissent néanmoins à se distinguer de la masse putride des DTV et autres ignominies inhérentes au genre. À l’évocation du réalisateur, on s’attend donc à un traitement relativement honnête compte tenu du...
Dance in the Vampire Bund
On le sait, les vampires ont largement été représentés dans la culture populaire. Le septième art ne fait pas exception à la règle et, tout comme les zombies et autres mythes en vogue, a usé le filon jusqu'à la corde. Difficile d'innover sur un sujet aussi récurrent et encore plus de ne pas sombrer dans les clichés maladroits après le passage de la bit-lit et ses rocambolesques romances à l'eau...