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Killer Shark – Critique

Killer Shark

Un énième film de requins dénué d’intérêt où les absurdités s’enchaînent comme des perles sur un collier. Relativement avare en effets gores et en apparition dudit squale, Killer Shark offre uniquement une ambiance honnête, bien que percluse de clichés. Le reste mérite de croupir dans les recoins vaseux du bayou sans considération aucune.

Publié le 30 Juin 2018 par Dante_1984 · Voir la fiche de Killer Shark

Après un Lake Placid 3 de sinistre mémoire, Griff Furst, grand spécialiste des productions de seconde zone, s’est attelé à démonter un autre mythe du survival animalier: le requin. Certes, il n’est pas le seul et encore moins le premier à s’évertuer dans un sous-genre où l’absurdité des faits rivalise de bêtises et de médiocrité. Il ne se décourage pas pour autant pour imposer sa vision grotesque et très particulière de la sharksploitation. Si la surprise n’est guère de circonstances en ce qui concerne la qualité générale de son métrage, il n’en demeure pas moins étonnant de broder une histoire farfelue au possible dans un tel environnement. Cela vaut pour le budget alloué à la production, mais aussi pour l’atmosphère des bayous de la Louisiane.

Instant bronzette marécageux...

Il est vrai que le cadre reste l’unique élément notable de Killer Shark. Quand bien même! On nous ressasse quelques idées reçues propres à cet état américain. De la bande-son sympathique - et néanmoins trop discrète - aux excursions le long des marais, on n’oublie rien ou presque des particularités de la région. Quelques plans larges permettent également d’insister sur l’aspect sauvage et isolé du lieu. De ce point de vue, l’atmosphère reste globalement correcte pour instaurer le contexte. Malgré l’improbabilité de retrouver un squale en de telles contrées, l’originalité de cette petite ville a le mérite d’appuyer un côté décalé qui n’est pas pour déplaire, même si celui-ci est à prendre au second degré.

On ne peut pas en dire autant du scénario qui, apparemment, s’apparente à un calque grossier et éhonté des Dents de la mer. La modeste communauté victime des exactions du requin, les pouvoirs locaux qui jouent les autruches dans un plan bourbeux et les rebelles qui s’improvisent chasseurs de pacotilles. On pourrait évoquer les incohérences en pagaille ou les raccourcis narratifs peu crédibles pour tenter de dynamiser l’ensemble. Seulement, les errances et les tares qui affublent le métrage sont similaires à bien d’autres productions du même acabit. Il est difficile de concevoir que chacun de ses films préfère se pencher sur le défaut d’un genre, plutôt que sur ses qualités; quitte à remettre une couche au niveau des clichés.

Un vol plané qui tombe à l'eau !

Les protagonistes sont d’une platitude extrême en matière de personnalité. Quant au bad-guy de service, le poussif Robert Davi communique plus d’agacement que d’antipathie. Là encore, affubler le shérif ripou de la ville d’une casquette de trafiquants d’animaux exotiques a de quoi faire sourire. Mais ce n’est pas la seule bévue, loin s’en faut. On passera outre la bande d’ados pathétiques et complètement abrutis, tout comme les compétences de restauration de la brochette d’acteurs en tête d’affiche. Tout concourt à rendre le visionnage pénible pour rester dans le domaine de l’euphémisme. Mais c’est sans compter notre vedette aquatique...

Avec sa cuirasse impénétrable digne d’un crocodile, le requin appartient à une espèce que les personnages (et le spectateur) sont bien en peine d’identifier. Une considération somme toute anecdotique puisque l’apparition du squale ne doit pas excéder deux minutes sur la durée totale du métrage. Non seulement on s’ennuie ferme, mais les attaques furtives de l’animal se cantonnent à des plans d’une rapidité épileptique. Un bout de nageoire par-ci, un aileron par-là. Et lorsqu’il daigne se montrer dans toute son abomination, c’est pour mieux valoriser la raideur de ses mouvements et son faciès mal dégrossi. De plus, il ne faut pas espérer une confrontation digne de ce nom avec la faune locale, comme les alligators.

On se demande qui fait la grimace

Au final, Killer Shark ne se démarque en rien des autres produits estampillés sharksploitation. Si ce n’est un cadre assez plaisant, l’initiative se complaît dans les poncifs de circonstance. D’une intrigue sans intérêt à une interprétation laborieuse du casting, on regrette surtout l’absence du requin. Enfin, dans les intentions. Car le character design, aussi douteux que raté, tend à nous infliger une bestiole vorace, mais furieusement discrète dans ses attaques. On atteint même le grotesque dans certaines confrontations où le comportement du squale relève d’une profonde méconnaissance de l’animal. Il est vrai que l’on ne recherche pas le réalisme avec une telle production. Pour autant, un minimum de cohérence n’était pas surfait.

Dante_1984
À propos de l’auteur : Dante_1984

J'ai découvert le site en 2008 et j'ai été immédiatement séduit par l'opportunité de participer à la vie d'un site qui a pour objectif de faire vivre le cinéma de genre. J'ai commencé par ajouter des fiches.

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