Voir la fiche complète du film : Animals (Douglas Aarniokoski - 2008)

Animals

Ancien grand espoir de football américain, Syd n'est plus que l'ombre de lui-même. Sans ce final insignifiant, <b>Animals</b> pouvait prétendre être une série B honorable.
Publié le 8 Juillet 2010 par GORE MANIACVoir la fiche de Animals
4
Loup-Garou
**Attention, cette critique contient quelques spoilers.**

Ancien grand espoir de football américain à l'université, Syd Jarrett n'est plus que l'ombre de lui-même depuis une grave blessure qui l'a forcé à retourner dans sa ville de naissance, un patelin paumé. Désormais ouvrier, son seul plaisir est de retrouver chaque soir ses amis dans le bar de la ville. Un soir, il fait la connaissance de Nora, une vamp qui fait tout pour le séduire.

Le loup-garou fait partie des créatures les plus appréciées du bestiaire horrifique. Toutefois, les bonnes adaptations étant assez nombreuses (de Hurlements au Loup-Garou de Londres en passant par la trilogie des Ginger Snaps), les nouvelles variantes sur ce thème se doivent d'être maintenant enrichies.

Animals tente de s'intéresser par exemple à l'aspect sexuel du monstre. En effet, le loup-garou représente avant tout l'animalité primale de l'être humain. Guidé uniquement par ses instincts primitifs (manger et se reproduire), le lycanthrope d'Animals n'a pourtant jamais été aussi proche de son ennemi juré, qu'il chasse davantage dans les boites de nuit branchées que dans les forêts.

La rencontre entre le héros, ancienne légende du collège aujourd'hui déchue, et une prédatrice qui tente de fuir son amant psychopathe, point de départ du métrage, ferait presque penser à un thriller érotique, dans le genre de Last Seduction, si ce n'est que Nora et l'amant qu'elle craint tant sont en réalité des lycans.
Visiblement, ces animaux là sont toutefois plus portés sur le sexe que sur la viande, et leurs transformations sont aussi brèves qu'inutiles.

Les ébats entre Syd et Nora, censés être intenses et dépravés, sont en fait assez sages, censure made in USA oblige. Les morsures et les griffures osent cependant mettre en avant une forme de sado-masochisme qui n'est pas détestable, même s'il ne s'agit pas d'une première dans le monde lycanthropique (cf les deux premiers épisodes de la saga des Hurlements).

Le casting est très télévisuel. On reconnaîtra, entre autres, Marc Blucas, révélé par la série Buffy contre les Vampires, dans le rôle principal. A l'instar de celui-ci, les personnages sonnent un peu creux une fois qu'on gratte la première couche. Néanmoins, ils sont assez sympathiques et finissent par emporter notre adhésion.

Contrairement à bien des films sur ce thème, la transformation du héros n'aura rien de visuellement attractif. Seuls les sens de la victime semblent se démultiplier, à mesure que l'inévitable combat final approche. Avant cela, nous assisterons à la rédemption du héros, entrecoupée de scènes sanglantes plutôt bien ficelées, notamment celle dans les toilettes de la boite de nuit.

Malgré quelques détails incongrus (l'animalité de Jane non expliquée), le scénario tient la route, tandis que le réalisateur fait avec les moyens du bord (du moins au début), privilégiant le plus souvent la suggestion. Avec ses plans parfois austères, la photographie, plutôt rigide, appuie par contre le côté DTV (direct-to-video) d'Animals.
On pouvait faire abstraction de ces points négatifs minimes jusqu'à ce duel final, toujours attendu comme un tournant décisif dans la réussite d'un long-métrage. Ruiner en quelques minutes tout un film, voici la prouesse d'Animals !

Arnold Cassius, qui avait eu l'excellente idée avant cela de masquer des FX visiblement limités, gaspille tout intérêt durant un combat final ridicule, la faute à des effets numériques indignes de ce nom.

Dès lors, le sérieux n'est plus de mise, et on hésitera entre se tordre de rire et arrêter la vision de cette série B qui, comme tant d'autres, abuse d'une technologie qui décidément n'apporte pas grand chose de bon à l'industrie cinématographique.
Lorsqu'on ne dispose pas d'un budget conséquent, mieux vaut mettre l'accent sur une bonne interprétation et éviter des effets spéciaux catastrophiques à la Nu Image.

Sans ce final insignifiant, Animals pouvait prétendre être une série B honorable. Il n'en est rien, une technologie au rabais ne pouvant jamais remplacer les idées et le talent !

A propos de l'auteur : GORE MANIAC
Portrait de GORE MANIAC

J'essaie de partager ma passion pour un cinéma méconnu, mais qui mérite incontestablement qu'on s'y arrête !

Autres critiques

Lucifer
Qu’il s’agisse de séries ou de films, lorsqu’on parle du diable, on a tendance à le dépeindre sous une forme bestiale et maléfique. On le serait à moins dans les cas de possessions, d’endroits hantés ou de confrontations directs avec le malin. Il est certaines œuvres où sa présence est plus suggestive et ambivalente dans son rapport au mal. Représenté comme un séducteur...
51

51

Peut-on accorder du crédit à une production Syfy, avec, à la manivelle, Jason Connery, responsable de films comme The Devil's Tomb ou encore Alone in the Dark 2 ? La réponse est bien évidemment non, mais les surprises sont souvent inattendues et ce sont dans des cas désespérés que l'on trouve les petites perles qui font le charme des sorties DTV. 51 est donc un film qui oscille entre film de...
Jurassic World : Fallen Kingdom
Jamais un film n’aurait aussi bien porté son nom : ce Jurassic World 2 incarne parfaitement la chute du mythe de cette série devenue culte dans le temps. Si tout n’est pas mauvais, de nombreuses faiblesses viennent malheureusement plomber l’enthousiasme du fan de la première heure. Cela fait maintenant trois ans que les dinosaures se sont échappés de leurs enclos et ont détruit...
Poltergeist
Quatrième long-métrage tourné par Tobe Hooper pour le cinéma, Poltergeist représente un sommet dans la carrière du réalisateur de Massacre à la tronçonneuse . Produit et scénarisé par Steven Spielberg, Poltergeist marque une certaine rupture de ton avec les précédents films de son réalisateur, tout en restant dans le registre de l’horreur et de l’épouvante. L’action se déroule dans une banlieue...
Big Bad Wolves
Un père de famille entreprend de venger sa fille en infligeant au meurtrier de cette dernière les mêmes tortures qu’il lui a fait subir. Au-delà de la simple vengeance, le but est aussi de lui faire avouer l’endroit où il a enterré la tête de l’enfant. Dès sa scène d’ouverture, Big Bad Wolves est marqué par la confusion qui ressort de l’action : trois hommes en malmènent un quatrième en l’...