Voir la fiche complète du film : Krampus Unleashed (Robert Conway - 2016)

Krampus Unleashed

Le mythe de Krampus est ici exploré avec négligence pour fournir un produit fauché et réalisé sans grande inspiration. Malgré un cadre aux antipodes de Noël, le film exploite mal son sujet principal et s’attarde plus que de rigueur sur la présentation des personnages. Un traitement à prendre au premier degré pour un résultat insignifiant.
Publié le 7 Janvier 2018 par Dante_1984Voir la fiche de Krampus Unleashed
3
Noël

Dans la catégorie des films d’horreur de Noël, on distingue plusieurs types de productions. Celles qui démystifient l’image symbolique du père Noël. Les métrages qui usent du contexte de manière plus ou moins abusive. Et enfin ceux qui explorent la face cachée de cette fête, en mettant souvent sur le devant de la scène des antithèses du père Noël, comme le Grinch, Saint-Nicolas ou Krampus. Pour ce dernier, l’incursion était particulièrement réussie avec le film éponyme de Michael Dougherty. Dans le cas présent, l’a priori est tout autre puisqu’on le doit au cinéaste qui a commis Krampus the Reckoning. L’homme réitère l’exploit de faire (presque) aussi mauvais que son prédécesseur.

Apparemment, la lecture n'est pas le fort du scénariste

La présentation est plutôt incongrue puisqu’on nous narre une sombre légende de trésors issue du Far West. Une introduction fauchée et quelques années plus tard, on entre dans le vif du sujet... ou pas! Pour les fêtes de Noël, on dispose d’un cadre inattendu, celui du désert. On est bien loin des clichés enneigés et des sentiments mielleux inhérents à une telle période. Une petite touche d’originalité qui joue d’incohérences et de surréalisme pour transposer le mythe de Krampus dans un contexte hors de propos. Même si le choix est douteux, il n’est rien en comparaison d’une intrigue foncièrement terne où les jacassements des protagonistes révèlent une inspiration clairement limitée.

Car la réunion de famille qui s’annonce occupe un pan majeur de l’histoire. On ne peut reprocher l’installation des intervenants et du récit. Mais l’approche fait sombrer rapidement le film dans une succession informe et saccadée de séquences maladroites, pour ne pas dire inintéressantes. On incorpore des personnages secondaires passablement inutiles. On multiplie les errances dans l’évolution narrative. Et on achève le tout par des échanges froids pour le moins stupides. Malgré une entame convenue et néanmoins violente dans sa finalité, on s’inflige près de 50 minutes de palabres incessantes avant d’entrer dans le vif du sujet. Pour un film de 79 minutes, un handicap certain.

Krampus dérangé pendant son repas de Noël

Il est vrai que le spectacle qui s’ensuit est assez généreux. Le côté artisanal délaisse d’immondes trucages en images de synthèse pour privilégier la présence d’un type en costume. Les éviscérations, les décapitations et autres joyeusetés jouissent d’effets gores rudimentaires, mais pas déplaisants pour un budget aussi anémique. Bien entendu, pour y pallier, le cinéaste use d’un cadrage approximatif et de hors-champ à même d’amoindrir la pauvreté des exécutions. Il n’hésite pas non plus à expédier à la va-vite les irruptions du monstre. Dans l’ensemble, on se retrouve avec un trip qui évoque les années1980. Assez désuet, mais qui a le mérite de minimiser le peu de moyens mis en œuvre.

Ce n’est pas pour autant qu’on verra en Krampus Unleashed une modeste incursion en la matière. Bien que nerveuse, la dernière demi-heure tend progressivement vers une mauvaise farce qu’il convient de conclure. De préférence, le plus maladroitement possible. En l’occurrence, on tente de trouver des raccourcis et des justifications pour correspondre avec la légende initiale et de placer les personnages dans un cadre opportun. Les artifices sont grossiers et peu crédibles pour parvenir à un dénouement poussif. Quant à l’épilogue, il se fourvoie dans une plaisanterie aberrante. Absurdité qui se paye le luxe de casser le ton sérieux jusqu’alors présent.

Encore un type qui avait le bras long...

Au final, Krampus Unleashed est un métrage fauché qui ne propose qu’un spectacle minimaliste et fainéant. Laborieux dans sa mise en place, le film de Robert Conway traîne en longueur pour déboucher sur une considération binaire de Krampus. En l’occurrence, la créature est reléguée à un rôle de psychopathe monstrueux digne d’un slasher sans imagination. D’ailleurs, la progression tend à confirmer ce constat par le biais de meurtres aussi gratuits qu’improbables. Il demeure néanmoins un tableau de chasse bien pourvue et guère avare en effets sanguinolents. Une piètre consolation pour ce qui s’impose comme un métrage poussif et conventionnel au possible.

A propos de l'auteur : Dante_1984
Portrait de Dante_1984

J'ai découvert le site en 2008 et j'ai été immédiatement séduit par l'opportunité de participer à la vie d'un site qui a pour objectif de faire vivre le cinéma de genre. J'ai commencé par ajouter des fiches. Puis, j'ai souhaité faire partager mes dernières découvertes en laissant des avis sur les films que je voyais.

Autres critiques

The Dead
Alors que son avion se crashe en pleine mer, Brian Murphy, un soldat américain, est contraint de parcourir le sol africain infesté de morts-vivants. Nombreux sont les cinéastes à avoir tenté l'aventure du film de zombies après avoir vu les maîtres du genre à l’½uvre (qui a dit Romero ?). Le résultat : des productions souvent bancales, parfois risibles et, de temps à autre,...
First Squad : Le moment de vérité
1942, l'Europe est plongée dans la tourmente de la Seconde Guerre mondiale. Les nazis gagnent du terrain sur le front russe. C'est dans ce contexte que la jeune Nadya, douée de dons de voyance, doit empêcher des guerriers déchus de rejoindre le monde des vivants… La Seconde Guerre mondiale a toujours été une manne providentielle pour toute sorte de médias. Littérature, cinéma, jeux...
47 meters down
Derrière un nom aussi barbare que la «sharksploitation» se dissimule un sujet bien malmené au fil des décennies, plus particulièrement à partir des années2010 et des bestioles hybrides, possédées ou mutantes qui investissent les DTV. On pensait le genre définitivement enterré dans les affres du bis et du nanar. Toutefois, en 2016, Instinct de survie parvenait pourtant à offrir un...
Le fantôme de Milburn
Adapter un roman pour le grand écran est toujours délicat. Si l’on part du principe que le livre est un best-seller, l’attente des lecteurs est une pression supplémentaire pour la production. Or, il existe deux types d’adaptation: celle purement mercantile qui se moque bien de l’histoire originelle et des personnes qui l’apprécient. Celle qui tente de coller au plus juste à la vision de l’auteur...
Invasion Finale
En cours de transfert durant une tempête de neige, un prisonnier (Bruce Campbell) est victime d'un accident de voitures. Escorté par deux policiers, il échoue dans un petit aéroport privé, complètement isolé, et va découvrir très vite que quelque chose d'anormal est en train de se passer. Depuis les années 50, l'invasion extra-terrestre fait partie des thèmes récurrents en matière de...