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L'Antre du Mal

Un navet qui n'aurait pas dû voir le jour...
Publié le 8 Novembre 2012 par AqMEVoir la fiche de L'Antre du Mal
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Forêt

Michael Bafaro est résolument un tâcheron. Je ne dis pas ça pour être méchant, mais sur les cinq films qu'il a faits, j'en ai vu deux, dont celui-ci, et les deux sont très mauvais. Quant aux autres, quand je vois les critiques sur les différents sites, on peut encore se demander comment il réussit à trouver des financements pour faire des métrages. Ceci étant dit, on peut toujours se tromper et avoir de belles surprises, comme c'est le cas avec Uwe Boll qui a réussi à faire le potable Rampage.

C’est donc avec une certaine nervosité et un à priori définitivement mauvais que je lance le film pour voir de quoi il en retourne. Et bien mal m'en a pris. L'antre du mal fait partie de ces films qui portent bien leur titre. Mal, oui, dans toutes les largeurs et même les longueurs. Mal réalisé, mal joué, mal écrit, le film accumule toutes les tares possibles pour un résultat invraisemblable. Et après, on a le culot de nous dire que c'est tiré de faits réels. Enfin, entrons dans cet antre du mauvais gout pour en savoir un peu plus.


Un intrus capillaire s'est glissé dans cette image, sauras-tu le retrouver ?

Quand on commence l'antre du mal, on s'attend au pire comme au plus classique. Il commence bêtement avec une nana qui va rejoindre son mari à Bangor, dans le Maine, terrain de jeu de Stephen King. Soudain, sur la route, elle aperçoit une jeune fille ensanglanté et à priori désemparée. Durant le trajet, elle va lui raconter ce qui lui est arrivé, depuis une station essence hantée par un manchot jusqu'à la traque dans les bois par un gros barbu baveux. Voilà le scénario que propose Bafaro et qui est absolument imbuvable. Dans ce film, il décide de faire un gros pot-pourri de tout ce qui touche de près ou de loin aux films d'horreur. Ainsi, on part vers un slasher bas de gamme pour se diriger lentement vers le survival basique, et se retrouver à la fin sur un film de fantômes absolument débile. Mais après tout, on pourrait dire pourquoi ? Parce que des scénarios comme ça, on en voit plein et cela peut être pour le moins original, sauf que là, rien n'est passionnant, des personnages jusqu’au montage, rien de parvient à nous toucher ou nous émouvoir. On se fait chier durant 1h30 et le twist final est absolument merdique. Une honte. On peut dire que l'antre du mal, fait mal, mais plutôt à la tête et au moral.

Comme le film est au ras des pâquerettes et que les acteurs sont des manches, forcément l'ambiance n'est pas au rendez-vous. Si le départ de meure assez classique, on voit de suite la faiblesse du budget et le manque de créativité du réalisateur. Tout est plat, sans une once d'originalité, même pas un plan osé. On se croirait devant un téléfilm de TF1 le dimanche après-midi. A la rigueur, on pourrait apprécier l'idée que la nana raconte son histoire pour, mais là aussi c'est raté parce que les plans dans la voiture sont tous identiques et que les moments qu'elle raconte sont tellement vus et revus que l'on pourrait les retrouver devant n'importe quel slasher forestier.

Les différents décors font pitié, notamment la station essence qui ressemble plus à une vieille maison abandonnée dans laquelle on a foutu trois objets pour faire bien, mais la forêt est elle aussi toute moisie, de celle qui ont trois arbres rabougris qui se courent après.
Alors évidemment, l'ambiance en prend un coup et on ne ressent rien. Tout est vide de sens et on se fait vraiment chier durant plus d'une heure. Et ce n'est pas le retournement final qui va arranger les choses, les scénaristes s'étant surement dit que ce serait génial et que l'idée était vraiment trop bonne. Mais finalement elle tombe à plat, parce que plombée par une mise en scène merdique et une ambiance totalement absente.


J'aurais jamais dû jouer dans ce film...

Tout cela n'aurait pas été drôle si les acteurs avaient été bons. Mais heureusement pour nous, ils sont très mauvais. Mais le pire, c’est que dans ce film, il y a tout de même une actrice connue : Darryl Hannah. Après avoir joué Pris dans Blade Runner ou encore Elle Driver dans les Kill Bill, la voilà dans cette daube infâme. Et en plus, elle joue vraiment très mal, et on la voit très peu. Cela dit, le pire ce n'est pas elle, c'est Leah Gibson, absolument infecte dans un rôle de l'étudiante gentille mais qui se fait baiser sur toute la longueur. Elle joue mal et ne dégage aucune émotion. Alors forcément, quand on sait qu'elle est le pivot du film, on ne peut pas accrocher.
Pour le reste du casting, on a une bande d'étudiants qui sont tous plus nuls les uns que les autres, sans compter qu'ils campent des personnages hautement détestables et auxquels on ne souhaite que la mort. Alors oui, c'est vrai que les deux blondes ne sont pas désagréables à regarder, mais c'est une bien maigre compensation.

Après, il reste les méchants. Ah ! Les grands méchants du film, aussi charismatiques que des frites dans une assiette froide. Il faut dire que la barre est haute là aussi. Nous avons donc un frère manchot, pas vilain garçon mais qui respire le mal. Il surjoue tellement la méchanceté qu'il faut être aveugle pour ne pas voir qu'il n'est pas net ! Ensuite vient le grand frère, sorte de Sébastien Chabal avec une moitié de cagoule sur la tête ; il faut dire qu'il est plus risible qu'effrayant. Là aussi, c'est surjoué à mort. Bref, c'est ridicule !

Quand on regarde un slasher, on a certaines attentes. C'est-à-dire que l'on espère voir des meurtres créatifs et sanglants et que cela soit rythmé, sans une attente interminable entre chaque crime. Niveau créativité, on repassera, parce que le film est tout sauf original. Entre meurtre à coup de fusil ou personnage croupissant dans une fosse, on n'aura rien d'autre à se mettre sous la dent. Et pour la violence et le gore, on repassera aussi. Ceci est très décevant.
Alors je ne sais pas ce qu’était le but de Bafaro, je ne sais pas s'il souhaitait faire un film d’horreur en se disant que le mélange des genres allait être génial, je ne sais pas si son budget était trop serré à cause de Darryl Hannah et qu'il n'a pas pu faire plus de gore, mais il en résulte une absence total de sang et un manque cruel de gore. Cela est d'autant plus dommage que le départ du film avec le gros balourd dans sa cage laissait présager un tueur démoniaque et sans scrupule.


Qui a oublié de donner son triple steak à Chabal ?

Au final, L'antre du mal porte bien son nom, car effectivement tout est mal dans ce film. Si on additionne une réalisation plate et sans saveur, une ambiance inexistante et des décors aussi pauvres que vides, des acteurs au rabais qui feraient mieux de faire de la pub plutôt que des films d'horreur et une absence scandaleuse de gore ou de sang, on obtient un film médiocre, dégueulasse et qui se paye le luxe de partir en cacahuète sur la fin avec un twist ridicule et une quête minable. Il faut dire que les méchants frères sont vraiment débiles et aveugles pour ne pas trouver tout ce qui cause le trouble.

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