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L'Histoire Sans Fin

Même si le film ne traite que de la moitié du roman original, le résultat est plutôt bien fait et l'on suit avec plaisir les aventures de Bastien et Atreyu.
Publié le 1 Janvier 2008 par JulienVoir la fiche de L'Histoire Sans Fin
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Livre

L'Histoire Sans Fin est sans conteste l'un des films "pour enfants" les plus connus. Mais, à l'instar d'un Gremlins ou encore du Secret de La Pyramide, il n'a pas seulement retenu l'attention des plus jeunes, mais aussi celle des adultes. Certains films exercent un véritable pouvoir de séduction et, malgré leur sujet "enfantin" ou "fantaisiste", parviennent à susciter l'intérêt de personnes de tous âges. Aujourd'hui, alors que j'ai découvert - comme bon nombre d'entre vous - le film de Wolfgang Petersen (Air Force One, Troie) avec les yeux d'un enfant qui s'émerveillaient d'un rien, c'est toujours avec ces mêmes yeux (et un peu plus d'expérience en la matière) que je vais en livrer la critique...

Bastian est un jeune garçon de 10 ans qui a perdu sa mère il y a peu. L'apparente indifférence de son père et les mauvais traitements de ses camarades ont conduit Bastian à s'enfermer dans un monde imaginaire. Un jour, il pénètre dans la librairie de M. Koreander et tombe par hasard sur un étrange ouvrage intitulé L'Histoire Sans Fin. M. Koreander refuse de lui prêter mais Bastian parvient à le dérober et part s'enfermer dans le grenier de son école. Il entre, petit à petit, dans le monde magique et féerique de Fantasia...

L'Histoire Sans Fin est un roman de Michael Ende et le film de Petersen ne reprend en fait que la première partie du livre. L'Histoire sans Fin est un véritable conte de fées et l'on retrouve bon nombre d'éléments issus de ce genre littéraire. Un jeune et brave garçon doit accomplir une quête pour sauver une Impératrice et son monde. Dans son périple, il va rencontrer des créatures fantastiques qui vont l'aider (le dragon volant Falcor, le géant mangeur de pierre, la tortue...) et d'autres qui seront là pour lui barrer la route (le loup noir Gmork, au service du Néant, qui évoque beaucoup Fenris, le loup destructeur du monde et des dieux dans la mythologie scandinave). La présence d'un sage pour le convaincre que sa mission est vouée à l'échec (Morla mais également, dans le monde réel, M. Koreander d'une certaine manière). Le héros devra également se retrouver confronté à la perte d'un être cher (le cheval Artax, lors d'une magnifique séquence proprement émouvante). On peut égaler évoquer les "étapes" et "défis" que doit relever le jeune guerrier Atreyu (auquel le jeune Bastien s'identifie très vite et à travers lequel il va trouver la force d'affronter ses propres problèmes) : Atreyu doit traverser les Mortels Marécages de la Mélancolie, affronter l'Oracle Sudérien et passer la Porte du Miroir, arriver aux limites de Fantasia...

Le film nous présente un parallèle intéressant sur le rapport entre les songes et la réalité, et surtout l'influence et l'importance des premiers sur cette dernière. A travers les péripéties d'Atreyu, le jeune Bastian va entamer son passage de l'adolescence à l'âge adulte avec, par exemple, l'acceptation de la mort de sa mère (à travers la mort du cheval Artax et la quête identitaire de l'Impératrice). Le film se révèle passionnant à étudier mais je ne m'attarderais pas davantage sur le sujet, vous laissant le plaisir de "décrypter" le film et ses références à votre convenance...

Si, aujourd'hui, le film a subit les inévitables affres du temps, il n'en a pas pour autant perdu de sa superbe et de sa magie. Les effets-spéciaux sont dépassés (les séquences aériennes surtout) et les décors sentent bon le studio mais certains sont d'une beauté (l'Oracle Sudérien en particulier) saisissante encore aujourd'hui. La musique, signée Giorgio Moroder, très typique des années 80, constitue une trame sonore agréable, de même que la réalisation limpide de Petersen, qui a su livrer un film intéressant, dans le fond comme dans la forme, empreint d'une réelle magie.

Enfin, signalons que le film a connu deux suites (1990 et 1994) beaucoup moins réussies que ce premier film...

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