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La Baie Sanglante

Avant "Halloween" et "Vendredi 13", Mario Bava posait les premières bases du slasher-movie. Une ambiance particulière et quelques passages sanglants du plus bel effet...
Publié le 1 Janvier 2008 par JulienVoir la fiche de La Baie Sanglante
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Après le suicide d’une richissime vieille dame, propriétaire d’une superbe baie, plusieurs personnes vont s’intéresser à cette fameuse baie. Certains n’hésiteront pas à aller jusqu’au meurtre pour s’approprier la baie…

Mario Bava est un grand réalisateur qui a beaucoup officié dans le cinéma fantastique et d’épouvante. En témoigne des œuvres impérissables comme Les Trois Visages de la Peur, Le Masque du Démon, Le Corps et le Fouet ou Baron Blood. La Baie Sanglante fait partie des derniers films de Mario Bava et, au même titre que les films cités précédemment, il demeure un film remarquable sur de nombreux points. Malgré un scénario à tiroir qui ne livrera, même à la fin du métrage (assez particulière), pas toutes ses clés, le spectateur se retrouve pris entre les divers protagonistes de l’histoire, à rechercher le but et les motivations de chacun. Il est aussi le témoin de meurtres particulièrement corsés (dont certains inspirèrent beaucoup ceux des Vendredi 13 comme le meurtre du couple en train de faire l’amour, transpercé par une lance) fleuretant avec le gore par moment (voir la sévère décapitation d’un des protagonistes). Des effets sanglants signés Carlo Rambaldi, qui a participé à des films comme Chair Pour Frankenstein, Du Sang Pour Dracula, Les Frissons de l’Angoisse, Alien, E.T., Conan le Destructeur ou encore Dune.

Certains considèrent le film de Bava comme un des premiers "slashers" (avant donc le Halloween de Carpenter). Il y a certes des correspondances avec ce « sous-genre » du cinéma d’horreur, comme les meurtres à l’arme blanche et la vision subjective du meurtrier. Le film de Bava est un film d’horreur qui met en avant, à la manière d’un Argento quelques années plus tard, une horreur très graphique et surtout un désir d’instaurer une ambiance. Que ce soit au niveau de la musique (signée par Stelvio Cipriani), des décors, de la photographie ou des angles de caméra, Bava travaille beaucoup à une certaine « mise en condition » du spectateur. Et le moins que l’on puisse dire c’est que c’est réussie.

En conclusion, un très bon film d’horreur qui en laissera sans doute quelques-uns perplexes (surtout lors du final) mais qui reste toujours aussi efficace plus de trente ans après sa sortie.

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