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Lucifer – Critique

Lucifer

Une série moins diabolique et violente qu’elle n’y paraît. Teinté d’un humour savamment dosé, Lucifer propose un panel d’enquêtes policières sympathiques, mais peu surprenantes dans leur conclusion respective. Il demeure tout de même un agréable moment télévisuel qui a le mérite de triturer et de mettre à mal les idées reçues sur Lucifer et la religion.

Publié le 13 Janvier 2018 par Dante_1984 · Voir la fiche de Lucifer

Qu’il s’agisse de séries ou de films, lorsqu’on parle du diable, on a tendance à le dépeindre sous une forme bestiale et maléfique. On le serait à moins dans les cas de possessions, d’endroits hantés ou de confrontations directs avec le malin. Il est certaines œuvres où sa présence est plus suggestive et ambivalente dans son rapport au mal. Représenté comme un séducteur versé dans la corruption des âmes, Lucifer multiplie les contradictions comportementales et les états d’âme pour mieux déstabiliser. C’est cette image que tente de véhiculer et d’entretenir Lucifer. Une série qui offre au diable en personne des vacances pas très reposantes à Los Angeles.

Et volupté ?

Le pitch de départ est relativement simple et pourrait même prêter à une comédie de bas étage en d’autres circonstances. Le fait que le diable aide les forces de l’ordre à résoudre des enquêtes en marge de la gestion de son bar a de quoi détonner. Mais l’amalgame entre une série policière classique et une intrigue fantastique n’est pas nouveau. D’ailleurs, le concept possède des bases communes avec iZombie. Une nouvelle adaptation de comics par les mêmes producteurs identiques donne lieu à un déroulement qui entremêle le quotidien d’un être immortel, ses préoccupations divines (ou démoniaques) et des crimes pour le moins terre à terre. Un mélange qui tend à entretenir une certaine originalité pour renouveler les genres précités.

On constatera la présence de deux fils rouges. L’un se rapportant à Lucifer et l’autre qui a trait au passé de l’inspectrice Chloé Decker. L’ensemble demeure homogène, alternant avec aisance chaque aspect de l’intrigue. Il est vrai que certaines enquêtes policières peuvent paraître surfaites et prévisibles quant à leur déroulement. D’ailleurs, le schéma narratif reste globalement similaire au gré des épisodes. De premiers suspects en fausses pistes, on découvre bien vite que le coupable concerné se dissimule parmi les intervenants interrogés en amont. De ce point de vue, la série se révèle très classique, voire trop convenue pour proposer davantage qu’un sympathique divertissement.

Une cuisine de tous les diables !

Néanmoins, il est un point sur lequel Lucifer se démarque: son personnage principal. Tour à tour enjoué, nonchalant, implacable ou pince-sans-rire, le diable possède de nombreux visages qu’on se plaît à apprécier au fil des épisodes. Certes, l’ange déchu, ainsi que ses frères du paradis, dispose des traits humains, n’en déplaise à leur caractère de perfection qui découle de leur nature. Une liberté prise avec la religion qui, s’éloignant d’une approche fidèle, présente de nouvelles pistes de réflexion sur leur aspiration, ainsi que sur Dieu. En ce sens, on tient là plus un discours philosophique et pragmatique sur la religion qu’un propos rigide et dogmatique sur l’appréhension d’un grand courant monothéiste.

Bien que présent tout au long de la série pour alimenter la progression du scénario, les éléments fantastiques demeurent généralement secondaires. Ils interviennent surtout à des moments précis et opportuns, pour ne pas dire salvateurs. On a droit à quelques affrontements, ainsi qu’à des démonstrations des pouvoirs angéliques et diaboliques. On notera que ces deux points sont sensiblement les mêmes puisque leur origine est similaire. Toujours est-il que cet aspect préfère s’intégrer dans un contexte réaliste au lieu de le supplanter et d’en faire une fresque proche de l’urban fantasy.

Prêt à voler de ses propres ailes ?

Au final, Lucifer est une série qui mêle à nouveau les genres policier et fantastique. Sur la base d’un comics, l’intrigue multiplie les enquêtes sans pour autant négliger sa trame principale. Bien que certaines histoires démontrent un intérêt moindre, la faute à une systématisation du schéma narratif, l’ensemble se veut plutôt décomplexé et distrayant. Porté par l’interprétation débridée et avenante de Tom Ellis, Lucifer se rapproche grandement d’iZombie où les investigations policières sont tout aussi prépondérantes. De plus, les tenants sont correctement avancés pour crédibiliser la démarche. Pour ne rien gâcher, la mythologie autour des créatures célestes et démoniaques se révèle moins manichéenne qu’escomptée. Ce qui rend d’autant plus intéressante l’évolution des personnages.

Saison 2 : 6/10

Saison 3 : 6/10

Saison 4 : 4/10

Dante_1984
À propos de l’auteur : Dante_1984

J'ai découvert le site en 2008 et j'ai été immédiatement séduit par l'opportunité de participer à la vie d'un site qui a pour objectif de faire vivre le cinéma de genre. J'ai commencé par ajouter des fiches.

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