Voir la fiche complète du film : Lucifer (Len Wiseman, Nathan Hope, Mairzee Almas - 2015)

Lucifer

Une série moins diabolique et violente qu’elle n’y paraît. Teinté d’un humour savamment dosé, Lucifer propose un panel d’enquêtes policières sympathiques, mais peu surprenantes dans leur conclusion respective. Il demeure tout de même un agréable moment télévisuel qui a le mérite de triturer et de mettre à mal les idées reçues sur Lucifer et la religion.
Publié le 13 Janvier 2018 par Dante_1984Voir la fiche de Lucifer
7
Diable et Démon

Qu’il s’agisse de séries ou de films, lorsqu’on parle du diable, on a tendance à le dépeindre sous une forme bestiale et maléfique. On le serait à moins dans les cas de possessions, d’endroits hantés ou de confrontations directs avec le malin. Il est certaines œuvres où sa présence est plus suggestive et ambivalente dans son rapport au mal. Représenté comme un séducteur versé dans la corruption des âmes, Lucifer multiplie les contradictions comportementales et les états d’âme pour mieux déstabiliser. C’est cette image que tente de véhiculer et d’entretenir Lucifer. Une série qui offre au diable en personne des vacances pas très reposantes à Los Angeles.

Et volupté ?

Le pitch de départ est relativement simple et pourrait même prêter à une comédie de bas étage en d’autres circonstances. Le fait que le diable aide les forces de l’ordre à résoudre des enquêtes en marge de la gestion de son bar a de quoi détonner. Mais l’amalgame entre une série policière classique et une intrigue fantastique n’est pas nouveau. D’ailleurs, le concept possède des bases communes avec iZombie. Une nouvelle adaptation de comics par les mêmes producteurs identiques donne lieu à un déroulement qui entremêle le quotidien d’un être immortel, ses préoccupations divines (ou démoniaques) et des crimes pour le moins terre à terre. Un mélange qui tend à entretenir une certaine originalité pour renouveler les genres précités.

On constatera la présence de deux fils rouges. L’un se rapportant à Lucifer et l’autre qui a trait au passé de l’inspectrice Chloé Decker. L’ensemble demeure homogène, alternant avec aisance chaque aspect de l’intrigue. Il est vrai que certaines enquêtes policières peuvent paraître surfaites et prévisibles quant à leur déroulement. D’ailleurs, le schéma narratif reste globalement similaire au gré des épisodes. De premiers suspects en fausses pistes, on découvre bien vite que le coupable concerné se dissimule parmi les intervenants interrogés en amont. De ce point de vue, la série se révèle très classique, voire trop convenue pour proposer davantage qu’un sympathique divertissement.

Une cuisine de tous les diables !

Néanmoins, il est un point sur lequel Lucifer se démarque: son personnage principal. Tour à tour enjoué, nonchalant, implacable ou pince-sans-rire, le diable possède de nombreux visages qu’on se plaît à apprécier au fil des épisodes. Certes, l’ange déchu, ainsi que ses frères du paradis, dispose des traits humains, n’en déplaise à leur caractère de perfection qui découle de leur nature. Une liberté prise avec la religion qui, s’éloignant d’une approche fidèle, présente de nouvelles pistes de réflexion sur leur aspiration, ainsi que sur Dieu. En ce sens, on tient là plus un discours philosophique et pragmatique sur la religion qu’un propos rigide et dogmatique sur l’appréhension d’un grand courant monothéiste.

Bien que présent tout au long de la série pour alimenter la progression du scénario, les éléments fantastiques demeurent généralement secondaires. Ils interviennent surtout à des moments précis et opportuns, pour ne pas dire salvateurs. On a droit à quelques affrontements, ainsi qu’à des démonstrations des pouvoirs angéliques et diaboliques. On notera que ces deux points sont sensiblement les mêmes puisque leur origine est similaire. Toujours est-il que cet aspect préfère s’intégrer dans un contexte réaliste au lieu de le supplanter et d’en faire une fresque proche de l’urban fantasy.

Prêt à voler de ses propres ailes ?

Au final, Lucifer est une série qui mêle à nouveau les genres policier et fantastique. Sur la base d’un comics, l’intrigue multiplie les enquêtes sans pour autant négliger sa trame principale. Bien que certaines histoires démontrent un intérêt moindre, la faute à une systématisation du schéma narratif, l’ensemble se veut plutôt décomplexé et distrayant. Porté par l’interprétation débridée et avenante de Tom Ellis, Lucifer se rapproche grandement d’iZombie où les investigations policières sont tout aussi prépondérantes. De plus, les tenants sont correctement avancés pour crédibiliser la démarche. Pour ne rien gâcher, la mythologie autour des créatures célestes et démoniaques se révèle moins manichéenne qu’escomptée. Ce qui rend d’autant plus intéressante l’évolution des personnages.

Saison 2 : 6/10

Saison 3 : 6/10

Saison 4 : 4/10

A propos de l'auteur : Dante_1984
Portrait de Dante_1984

J'ai découvert le site en 2008 et j'ai été immédiatement séduit par l'opportunité de participer à la vie d'un site qui a pour objectif de faire vivre le cinéma de genre. J'ai commencé par ajouter des fiches. Puis, j'ai souhaité faire partager mes dernières découvertes en laissant des avis sur les films que je voyais.

Autres critiques

Urban cannibals - The Ghouls
Pour tourner un film, il faut quatre choses très précises : l'envie (l'envie de faire quelque chose de bien, de fort et de narrer une histoire prenante et originale), le talent (Certains réalisateurs se font remarquer dès le premier court-métrage comme Neill Blomkamp), des acteurs (difficile d'être crédible si l'on fait jouer ses potes ou sans un rôle principal charismatique) et enfin, de l'...
Soudain l'été dernier
Sous des angles et des points de vue différents, le thème de la folie a toujours intrigué les auteurs et les cinéastes. Toutefois, le regard que l’on porte sur le terme de maladie mentale a nettement évolué au cours de ces dernières décennies. Quand on évoquait une humeur mélancolique au XIXe siècle et pendant une bonne partie du XXe siècle, on parle désormais de dépression. Les raisons,...
Mulberry Street
- Meilleur film indépendant 2007 au festival de Toronto - Black tulip 2007 du meilleur film au festival d'Amsterdam - Meilleur film 2007 au fant-asia Film festival ainsi qu'une foule d'autres sélections, c'est avec cet impressionnant palmarès que nous accueille fièrement Mulberry Street . C'est certain qu'une tonne de références n'a jamais fait un bon film (on se demande parfois si le public des...
Kong - Skull Island
Depuis le chef d’œuvre de Merian C. Cooper et Ernest B. Schoedsack, King Kong est devenu une figure emblématique du septième art. Au fil des époques, le gorille géant s’est initié dans des remakes tout à fait convenables, mais aussi dans des séries B et des nanars pour le moins discutables. Preuve en est avec King Kong 2 de John Guillermin, un métrage de sinistre mémoire. Malgré ces...
Soldier
Connaissez-vous le point commun entre Danse avec les loups , Le Dernier Samourai , Avatar , Star Trek : Insurrection et Soldier ? Non ? Mais si, réfléchissez un peu. Vous ne voyez pas? Pourtant ça semble évident : c'est toujours la même histoire. D'accord, j'exagère un tantinet, les décors et les époques sont différentes, de grosses nuances existent entre ces films, mais tout de même, la trame...