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Massacres dans le Train Fantôme – Critique

Massacres dans le Train Fantôme
Lors d'une fête foraine, deux jeunes couples décident de passer la nuit dans le train fantôme. Massacres dans le Train Fantôme fait indéniablement partie des meilleures réussites de Tobe Hooper.
Publié le 4 Juin 2011 par GORE MANIAC · Voir la fiche de Massacres dans le Train Fantôme
**Attention, cette critique contient quelques spoilers.**

Lors d'une fête foraine, deux jeunes couples décident de passer la nuit dans le train fantôme. Mais ils n'y sont pas seuls.

Promu maître de l'horreur dès son second film, Massacre à la Tronçonneuse (1974), Tobe Hooper n'est pas loin d'être pour beaucoup de cinéphiles l'homme d'un seul film.
A l'instar d'un Wes Craven après Les Griffes de la Nuit, Hooper a ensuite accumulé les camouflets, s'orientant dès la fin des années 80 vers la télévision. Confirmant l'avis de certains qui trouvent sa réputation imméritée, Hooper est néanmoins l'auteur de quelques longs-métrages méritoires, dont Lifeforce et The Funhouse, qui nous intéresse aujourd'hui.

Malgré l'interdiction de ses parents, Amy accepte de se rendre à la fête foraine avec son nouveau petit copain et un couple d'amis. Sur place, les quatre jeunes gens décident de rester enfermer toute la nuit dans le train fantôme. Après des débuts agréables, la soirée prend une tournure inattendue lorsque le quatuor assiste, impuissant, au meurtre d'une diseuse de bonne aventure.

Les fêtes foraines ont toujours été le lieu de fantasmes plus ou moins sordides. Les monstres de foire y ont tenu une place importante à une certaine époque, et les trains fantômes sont à l'heure actuelle l'ultime résurgence frappante de cette terreur qui s'imprégnait vivement dans l'esprit de visiteurs curieux et hagards.
Au cinéma, deux chefs d'oeuvre s'inspirent de cette période : Freaks, tourné avec de vraies créatures de cirque, et Elephant Man, sorti un an avant The Funhouse.

Contrairement à ces deux films cultes, Massacres dans le Train Fantôme s'oriente clairement vers la série B d'épouvante classique. Après un premier tiers présentant les lieux du futur cauchemar (l'ambiance des foires y est savamment restituée), le métrage nous présente le tueur, un être encore plus difforme et hideux que le masque qu'il porte (celui de la créature de Frankenstein, objet d'une double référence dans le film). Protégé par son père (un Kevin Conway aussi touchant que détestable dans un rôle pour le moins complexe), ce freak va alors se lancer dans une nuit sanglante afin d'éliminer les quatre témoins gênants.
Le premier crime est volontiers ironique puisque la victime est tuée par mégarde par son ami. Le reste des meurtres est plutôt conventionnel et prouve que Hooper n'est pas un adepte du gore. En effet, contrairement à sa réputation sulfureuse, le premier Texas Chainsaw Massacre n'a rien de très sanguinolent.

Ici, le cinéaste pointe du doigt le macabre par le biais d'un climat malsain et assez oppressant. A l'image de Robert Englund en maître de cérémonie dégénéré dans son étrange épisode de la série Masters Of Horror (La Danse des Morts), Conway porte en lui toute la démesure et l'effroi de ces lieux mystérieux et indiscernables. Il apporte une réelle dimension lugubre au film, sa relation avec son monstrueux fils sonnant juste et dénotant toute l'ambiguïté de l'être humain.
En effet, à un moment donné, il n'existe pas une grande différence entre la morale du premier adolescent tué (qui avait volé de l'argent au forain), et son bourreau (qui défend avant tout sa propre chair, si immonde soit-elle). C'est le personnage le plus "innocent" qui sera sauvé de cette nuit de folie.
La jeune Elizabeth Berridge est convaincante dans le rôle principal, même si elle se présente le plus souvent comme une spectatrice du spectacle, devenant ici complice du spectateur, placé dans un rôle voyeuriste dénonçant le côté malsain de chacun d'entre nous. En fait, s'il y a eu des monstres de foire, c'est qu'il y avait aussi des gens prêts à payer pour les regarder !

Sans être terriblement effrayant, Massacres dans le Train Fantôme baigne dans un climat propice au frisson, et fait indéniablement partie des meilleures réussites de Tobe Hooper, cinéaste trop irrégulier pour mériter son statut de réalisateur phare de l'horreur.

GORE MANIAC
À propos de l’auteur : GORE MANIAC

J'essaie de partager ma passion pour un cinéma méconnu, mais qui mérite incontestablement qu'on s'y arrête !

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