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Million Dollar Crocodile – Critique

Million Dollar Crocodile

Le fils d'un officier de police se rend chaque jour dans un parc à crocodiles voisin. Il adore particulièrement s'amuser avec une femelle géante de 8 mètres de long. Au demeurant sympathique, ce long-métrage peut se targuer de rivaliser avec les gros budgets américains, tout en conservant une salutaire indépendance.

Publié le 9 Octobre 2013 par GORE MANIAC · Voir la fiche de Million Dollar Crocodile

Le fils d'un officier de police de campagne se rend chaque jour après l'école dans un parc à crocodiles voisin. Il adore particulièrement s'amuser avec Amao, une femelle géante de 8 mètres de long.
Toutefois, son propriétaire, endetté, finit par accepter l'offre d'un petit malfrat local, qui souhaite cuisiner les reptiles pour un restaurant voisin. Mais Amao parvient à s'échapper, semant la mort sur son passage.

Depuis la fin des années 70, le crocodile n'a rien à envier dans sa filmographie au fameux requin de Jaws. Toutefois, la franchise de Spielberg avait à l'époque annihilé toute concurrence digne de ce nom ! Ainsi, le Crocodile de la Mort (1977) ou bien encore le Grand Alligator (1979) s'étaient contentés de ravir certains amateurs de Bis, en attendant une revalorisation quelques années plus tard, avec l'arrivée de la VHS dans nos salons. Toutefois, la saga des Lake Placid, initiée en 1999, permit au crocodile de se redorer les écailles sous le soleil hollywoodien !

L'ouverture d'un marché cinématographique international a depuis démontré que cette créature pouvait nettement concurrencer le grand squale, les marais et les lacs nécessitant en général des budgets plus accessibles aux producteurs.
Ainsi, il n'est pas si étonnant que cela de découvrir un film crocodilien chinois, à l'heure où ce pays tente d'investir toute forme de business.

Le premier fait marquant de ce Million Dollar Crocodile est la qualité de la photographie. Soignée, très colorée, elle s'éloigne toutefois énormément des films du genre, souvent nocturnes et volontairement sombres. Cette cassure, qui prouve surtout un décalage culturel logique entre l'Asie et les continents américains et européens, restera d'actualité tout au long de ce métrage.
Ainsi, les personnages sont eux aussi assez décalés de nos héros habituels. La jeune bimbo hystérique du début (la jolie Barbie Hsu) disparaîtra au profit d'une femme plus passive, laissant le beau rôle au policier. Celui-ci, assez risible durant la première moitié du film (on le surnomme "la Passoire", par rapport à ses qualités de tireur), finira par trouver le courage nécessaire pour renouer avec son fils. Enfin, les malfrats de service sont surtout grotesques, comme c'est souvent le cas dans le cinéma asiatique, où la caricature et l'excès sont régulièrement de mise.
L'humour, présent mais un peu lourd, sera toutefois exclue d'une dernière demi-heure axée davantage sur la chasse au crocodile.

Celui-ci, au centre de toutes les attentions, est une réelle réussite. Les effets spéciaux, de très haute tenue, font de notre femelle Amao une créature aussi terrifiante que crédible. Sans tomber dans le gore, le réalisateur est parvenu à donner une âme à sa créature et à en faire l'atout majeur de son film. Une mise en scène méticuleuse permet au spectateur de ne jamais avoir en tête une impression d'exagération, pourtant souvent de mise dans ce genre de produits (même durant l'attaque de la maison, rondement menée).
L'épilogue, dans ce grand lac disposant de somptueuses colorations, n'est pas aussi spectaculaire qu'on l'espérait, la faute sans doute à cette absence d'hémoglobine.

De sorte qu'on ne conservera pas un souvenir impérissable de ce film, parfois trop sage dans sa construction et manquant un peu de rythme et de folie. A l'instar d'un Primeval, Million Dollar Crocodile peine à s'extirper de la nasse à cause de ces éléments. Toutefois, force est de constater qu'il résume à merveille un pays enclin au changement mais désireux de conserver des traditions exposées tout au long de ce film (on y dévoile ici les moeurs des campagnes chinoises, encore très éloignées des préoccupations de Pekin).
Au demeurant sympathique, disposant de personnages attachants (notamment le vieil homme, propriétaire du parc), ce long-métrage peut se targuer de rivaliser avec les gros budgets américains, tout en conservant une salutaire indépendance.

GORE MANIAC
À propos de l’auteur : GORE MANIAC

J'essaie de partager ma passion pour un cinéma méconnu, mais qui mérite incontestablement qu'on s'y arrête !

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